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Pause méditation du 1er juin 2020

Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frÚre Philippe.


17

Parfois, sans en avoir l’air,
un grand calme se fait

Il arrive on ne sait d’oĂč,
d’un Au-delĂ  de toi
soudain revenu


Ce n’est pas Ă  toi que tu le dois !
Alors ne va pas trop vite te rassurer
quand la Vie te gĂąte,
ni te féliciter pour tout cela :
n’oublie pas ta fragilitĂ© !

Le courage, la paix, la joie de vivre
Ă©chappent Ă  ton emprise

Alors pour continuer Ă  les recevoir,
n’arrĂȘte pas de remercier la Vie,
bien conscient que tu Lui dois tout !

Ainsi disponible, malléable dans ses Mains,
tu laisseras Ɠuvrer en toi
ce mystérieux Amour qui sauve de la détresse



Philippe

PentecĂŽte 2020 : naphtaline ou mite ?

« La question est : que garder de bon, de juste, de vrai de tous ces lieux et mouvements qui ont Ă©tĂ© si influents dans l’Eglise ces cinquante derniĂšres annĂ©es ? 

Cela me travaille au plus profond depuis dix-huit ans : que faut-il en garder ?
»
Ainsi s’exprime mon ami Christophe RĂ©mond.

« Que faut-il en garder ? »
Cette question ouverte me traverse de part en part.

En cette fĂȘte de PentecĂŽte 2020, je ne veux plus me gargariser de formules pieuses usĂ©es jusqu’Ă  la corde, de certitudes du type : telle onction sur cette personne, sur cette communautĂ© ! Je suis certain que l’Esprit-Saint inspire vraiment cette Ɠuvre !

Qui sait oĂč souffle Celui qui, au dire de JĂ©sus, est comme le vent ?

« Tu ne sais ni d’oĂč il vient
ni oĂč il va. »

Jean 3, 8.

Je ne veux plus me retrouver -par respect pour ma santé mentale et physique- dans des espaces qui sentent la naphtaline !

L’Esprit-Saint me semble ĂȘtre comme une mite puissante.

Il me semble prĂ©fĂ©rer les trous qui laissent entrevoir la splendeur, la fragilitĂ© de notre humanitĂ© Ă  l’impeccabilitĂ© de nos oripeaux ecclĂ©siaux.

Je rejette fermement aujourd’hui, cette idĂ©e, qui m’a longtemps formatĂ©e : « notre culture contemporaine est une culture de mort
 »

Modestement, je crois que Dieu s’exprime Ă  chaque fois qu’une personne se met debout pour vivre dans la libertĂ© de sa conscience humaine.

Sur un projet et des idĂ©es, Madame Marie Cau vient d’ĂȘtre Ă©lue maire de Tilloy-lez-Marchiennes, petite commune de 550 habitants dans la rĂ©gion des Hauts-de-France.

« ChÚre Madame la Maire,
Vous ĂȘtes la premiĂšre personne transgenre Ă©lue premiĂšre magistrate d’une commune en France.
Je vous présente mes sincÚres félicitations.
Loin de moi, l’idĂ©e de vous instrumentaliser.

Ceci-dit, comme frĂšre en Communion BĂ©thanie, (fraternitĂ© de priĂšre ƓcumĂ©nique au service de toutes, de tous, en particulier au service des personnes transgenres et homosensibles), je vois dans votre Ă©lection un appel de l’Homme de Nazareth.

JĂ©sus dont la maniĂšre d’ĂȘtre vivant me rend vivant, dont la maniĂšre d’ĂȘtre vivant me met debout au service de la famille humaine.

Dans le service de vos concitoyens, ma priÚre vous accompagne. »

PentecĂŽte 2020

Marie Cau, tant de femmes et d’hommes portent l’avenir de ce monde.
LĂ , je contemple l’action Ă  la fois discrĂšte et forte de l’Esprit-Saint.

Je reçois, dans un élan renouvelé, cette citation de Antonia Susan Byatt :
« Nous sommes dĂ©finis par les lignes que nous dĂ©cidons de traverser ou d’accepter comme frontiĂšres. »

Je reçois, dans un élan renouvelé, ce chant chrétien de mon enfance :
« Allez-vous-en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous-en sur les places y chercher mes amis 

Et soyez mes témoins chaque jour.
»


Jean-Michel+, votre frĂšre.

Pause méditation du 25 mai 2020

Une mĂ©ditation proposĂ©e par notre sƓur Marie-AgnĂšs.

« Me voici »

Rien d’autre que : Me voici.

Un Me voici peuplé de tout ce qui est,
loyal, qui ne fait plus d’histoire, qui vient
au rendez-vous avec ses mondes,
environné des soucis du jour, des visages.
Qui se prend tout entier pour aller mais
qui ne tient rien en laisse. Dépouillé de tout
jugement, dé-préoccupé de soi, de plus
en plus simple, de moins en moins comptable.

Un Me voici ouvert vers devant,
ouvert en dedans, qui ne connaĂźt pas de fin.

Me voici Ă  chaque teinte des jours.
Me voici, je viens.
Me voici lĂ , j’arrive.

Je suis lĂ .

Me voici.
Ne me perds pas.
Touche-moi beaucoup.
Je viens prendre ton air, Dieu inconnu,
et t’ouvrir le mien.

OĂč nos souffles s’Ă©pousent,
je viens apprendre Ă  vivre.


Marie-Laure Choplin

Pause méditation du 18 mai 2020

Une mĂ©ditation proposĂ©e par notre sƓur CĂ©line.

Tel Saint-Exupéry, Ahmed ou Zoé,
Tous en panne en plein désert,
Par l’ennui et l’incertitude liĂ©s,
Attendre les secours ou réparer ?

RĂ©gulier comme la pleine lune,
Un jour, des insectes par nuées,
Un autre jour, une peste brune,
Aujourd’hui, une tĂȘte couronnĂ©e,

Mon ennemi, je ne te crains pas.

Famille, sƓur, frĂšre, Ă©tranger,
Vous me manquez,

Aujourd’hui,
Demain,
Plus tard,
Attendre les hypothĂ©tiques secours ou de moi-mĂȘme, je rĂ©pare ?

Aujourd’hui,
Demain,
Plus tard,
Retour à la case départ ?

Avec Dieu, je suis prĂȘt·E.


CĂ©line Witt

In memoriam – sƓur Chantal

Notre sƓur Chantal a rejoint le Pùre mercredi 13 mai, à 23h30


Voici cinq annĂ©es, elle devenait sƓur en alliance de notre Communion BĂ©thanie qu’elle aimait tant et dont elle comprenait le sens profond.
MalgrĂ© son grand Ăąge, elle avait assistĂ© Ă  deux retraites chez nos sƓurs de la Paix Dieu Ă  Mazille.
Quelle joie quand elle pouvait s’échapper de l’ephad de Quincy-sous-SĂ©nart, signe d’enfermement pour elle !

Chantal avait une multitude d’amis.
Tout comme Jésus, elle fréquentait les les laissés-pour-compte, les petits, les sans voix. Prostituées, prisonniers, trisomiques étaient ses proches, sa famille.

Elle disposait d’une qualitĂ© rare : l’écoute.
Elle savait Ă©couter avec une oreille attentive, silencieuse, joyeusement Ă©tonnĂ©e de ceux qu’elle rencontrait et accueillait avec un grand cƓur dilatĂ© d’amour.

Quand je lui ai parlĂ© de la Communion BĂ©thanie, elle n’avait de cesse de rencontrer notre prieur et d’aller vers les personnes transgenres dont elle avait entendu parler mais qu’elle ne connaissait pas.

Chantal connaissait, pour l’avoir vĂ©cue, la discrimination.
Elle Ă©tait sƓur de Sainte-Clotilde, dans une congrĂ©gation vouĂ©e Ă  l’enseignement. Elle m’a souvent confiĂ© combien elle avait souffert des regards hautains et mĂ©prisants de certaines de ses sƓurs car elle n’avait pas fait d’études. A l’époque, elle Ă©tait dĂ©signĂ©e pour faire les petits travaux.

C’était Chantal, Ă©pouse du Christ, Ă©pouse de l’humanitĂ©, aimante de l’Afrique oĂč elle avait sĂ©journĂ© pendant dix-huit annĂ©es de sa vie, Ă  Mopti au Mali. L’arrachement Ă  cette terre qu’elle aimait tant lui avait coĂ»tĂ© la perte d’un Ɠil.

Elle a vĂ©cu en communautĂ© avec notre sƓur et amie Anne-Marie, pauvre parmi les pauvres, dans une citĂ© du quart-monde oĂč dĂ©sespoir, dĂ©tresse, espĂ©rance et joie faisaient concert.
Vous l’avez compris, sa vie de femme, de religieuse, Ă©tait riche de rencontres, de joies qu’elle accueillait et dont elle rayonnait.

Chantal a rejoint notre Seigneur avec tous ses « pourquoi » qui la laissaient dans un questionnement douloureux.
Elle a dĂ» retrouver sa maman qui est dĂ©cĂ©dĂ©e le jour de sa naissance, puis son papa qu’elle n’aura que trĂšs peu connu, puisqu’il disparaissait lui aussi Ă  l’ñge de ses dix ans ! Cette souffrance l’aura accompagnĂ©e toute sa vie.

Chantal c’était aussi mon amie, ma sƓur, ma mĂšre, ma confidente, celle Ă  qui je pouvais tout dire sans avoir crainte d’ĂȘtre jugĂ©e.
Maintenant Chantal va accompagner le nouveau seuil de déploiement de notre Communion Béthanie.

A DIEU Chantal !
Nous nous retrouverons et nous rirons Ă  la VIE.


Votre sƓur Christine.

Pause méditation du 11 mai 2020

Une mĂ©ditation proposĂ©e par notre sƓur Marie-AgnĂšs.

« Retrouve les senteurs
De ce pays sans Ăąge
Dont tu es le berger. »

Ce que tu ne crois plus
Fais-en une clarté
Un désert qui te sauve
Une brûlante absence
Une voie bondissante
Une arche inversée
Un paradis perdu
Un geste qui réchauffe
Une tempĂȘte apaisĂ©e.

Abrite ses silences
Escorte ses rumeurs
Retrouve les senteurs
De ce pays sans Ăąge
Dont tu es le berger.

Cela qui n’éclaire plus
Qui ne dit plus pour toi
La source et le secret
Fais-le rire au présent
Donne souffle Ă  ses rĂȘves
Sois le feu qu’il engendre
L’éclat de ses possibles
La foudre des matins.

Aujourd’hui sois le vent
Sois promesse d’azur
Et fiancé du torrent
Et blessure d’amour
Clameur du vivant !


Jean Lavoué


DĂ©couvrez le site Enfance des arbres.

Pause méditation du 4 mai 2020

Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frÚre Philippe.

16

Au fond de toi, cachée, obscure,
une Ă©paisseur de doute,
de fermeture, d’inertie et de peur
pas encore reconnue, pas encore traversée


Impuissance, sable mouvant,
rien pour assurer ton pas :
de quoi guérir peu à peu
de toute prétention, de toute suffisante !

Reste inconsolable,
mesure bien l’Ă©tendue de ton mal

Fais taire le bavardage dérisoire de ton mental :
il bloque ta respiration !
Sonde toujours plus profond ton tourment

Mais n’oublie pas le courant qui te porte !

Laisse ainsi venir en toi une autre Ă©coute

LibĂšre les larmes et le cri !
Tends l’oreille sans relĂąche
pour te rendre prĂ©sent Ă  l’Au-delĂ  de tout
puisque tu Lui dois la vie


RĂ©ponds au dĂ©sir de Celui qui t’habite

Ta soif de L’Ă©couter
soignera ton angoisse, te rendra des forces,
te guidera, sur le Chemin



Philippe

Pause méditation du 27 avril 2020

Une mĂ©ditation proposĂ©e par notre sƓur Marie-AgnĂšs.

« Devenez des artisans de la parole. »
Jacques 1,22

Se tenir
dans une extrĂȘme prĂ©sence,

une veille
de chaque instant

pour sortir
du prĂȘt-Ă -porter

d’un langage
qui dispense

de porter soi-mĂȘme
le travail de la parole.

Car la parole est
Ă  confectionner

dans la patience
de l’artisan.

Subtil ouvrage
Ă  remettre sans fin

sur le métier
des jours,

dans l’amour
et dans l’humour.

On s’y blesse,
comme Ă  tout labeur essentiel.

On y apprend
l’endurance et l’humilitĂ©.

Mais on y reçoit
aussi la vie

en surabondance

et l’offrande immense
qu’elle nous fait des autres.


Françoise Carillo

Pause méditation du 20 avril 2020

Une mĂ©ditation proposĂ©e par notre sƓur Françoise.

Joie de Pùques, Christ est ressuscité !
Alléluia !

ConfinĂ©e, notre voix elle aussi, qui n’a pu laisser Ă©clater Ă  la face du monde, en communautĂ©, visage Ă  visage, l’allĂ©gresse de la joie !
Joie murmurée dans le souffle de notre priÚre solitaire, intensément habitée par le Vainqueur, le Vivant.

Je le sais, je le crois
 Il a brisé les portes de la mort, de toute mort.
Les miennes et celles de toute humanité.

Il vient, se jouant des portes verrouillées.
Il se tient là, comme un murmure. Le murmure de la Vie


Un murmure qui se rĂ©pand comme un feu depuis 2000 ans, qui parcourt le monde, de porte en porte, de ville en ville, de paroles d’amour en perles d’éclats de rires, de cƓurs transfigurĂ©s en regards illuminĂ©s


N’entendez-vous pas ? C’est le murmure de la RĂ©surrection, murmurĂ© en mon cƓur, en nos cƓurs, pour que notre joie soit parfaite.

Françoise

Parution de Un chemin d’apaisement de Philippe de Givry

La Communion BĂ©thanie a la joie de vous partager la publication de Un chemin d’apaisement de Philippe de Givry, aux Éditions Conseils Mandron.

Philippe de Givry

Philippe de Givry est un auteur connu des lectrices et lecteurs de ce site. Mais connaissez-vous son inspiration ?

AprĂšs une annĂ©e de noviciat Ă  l’abbaye de TamiĂ© en Savoie, Philippe de Givry a enseignĂ© pendant 30 ans le français langue Ă©trangĂšre Ă  l’Alliance française de Paris.

Il tient un journal, chaque soir, depuis plus de 40 ans. Il prend des notes. C’est ainsi qu’est nĂ© peu Ă  peu le recueil de poĂ©sies Un chemin d’apaisement.

Chaque matin, cette petite voix captĂ©e au fond de lui, ces mots tout simples l’apaisement, lui font du bien, libĂšrent en lui la Vie qui ne finit pas.

Ce cadeau, il se sent tenu de le partager, en particulier avec ceux et celles que le langage religieux habituel n’arrive pas à rejoindre.

Dans un monde troublĂ©, inquiĂ©tant mĂȘme, un langage simple, comprĂ©hensible qui Ă©claire et apaise
 Une aide disponible Ă  tout moment, pour laisser revenir la vie et dĂ©couvrir un chemin. Un compagnon de route pour retrouver un chemin d’apaisement et un mieux-ĂȘtre.

Un chemin d’apaisement
de Philippe de Givry
Éditions Conseils Mandron

Commande possible ici.

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