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Pause méditation

Pause méditation du 14 novembre 2022

Une prière sélectionnée par notre frère Raphaël.

Le Dieu de nos routes

Lorsque nous parcourons la Bible, nous découvrons qu’un autre nous rejoint, un plus grand que nous qui mystérieusement s’abaisse jusqu’à nous, un étranger qui nous rejoint sur nos chemins et se fait tout proche de nous, un visiteur qui nous fait l’offrande d’une présence et se retire aussitôt, un murmure qui chante dans nos silences et qui est plus léger qu’un souffle, une présence qui parfois se fait absence.

Mais voilà mon assurance : Il est le Dieu de la libération des opprimés et de la traversée du désert. Il est le Dieu de ceux qui fuient en exil et qui espèrent un retour. Il est le Dieu de Jésus dans ses déambulations sur les routes de Galilée ou lors de sa montée à Jérusalem. Il est le Dieu des premiers chrétiens envoyés dans le monde pour annoncer la bonne nouvelle. Il est le Dieu des détours et des routes sinueuses. Il est le Dieu des sommets ensoleillés et des vallées obscures.

Et toujours, Il est le Dieu du pardon,
Toujours, Il est celui qui relève et met en route.

Francine Carillo

Raphaël,
frère de la Communion Béthanie

In memoriam – prière pour un frère

Une prière proposée par notre frère Philippe à son frère.

Dans le silence qui s’est fait peu à peu

J’écoute :
« Aujourd’hui encore tu es là vivant,
tu respires…

Il t’es donné de respirer,
mystère qui t’échappe mais qui pourtant te porte…

La vie, tu l’as reçue d’En-Haut
sans l’avoir demandée et depuis,
comme les sarments branchés sur la vigne
laissent passer la sève pour porter du fruit,
tu continues de la recevoir gratuitement…
confiée à ta garde provisoire,
mais sans cesse reprise quand tu expires.

Elle ne t’appartient pas !
Tu as sans cesse à être secouru pour vivre de la vigne…
Ainsi la peur n’est jamais bien loin,
mais ne la laisse pas t’étouffer !

N’oublie jamais trop longtemps ta respiration,
relance-la souvent en insistant, profondément…

Libère ainsi chaque fois le Cri enfoui au fond de toi !

Il ouvre le passage et laisse le champ libre au Souffle qui revient !

Alors le « Grand Vivant », mystère d’Amour qui nous fait vivre,
peut encore t’apaiser et te renouveler…

Avec Lui repose-toi dans les profondeurs de ton mystère…
et n’oublie pas de remercier
pour la joie et la paix, les forces qui reviennent. »

Philippe de Givry
auteur du recueil Un chemin d’apaisement
Editions Conseils Mandron

Pause méditation du 7 novembre 2022

Une méditation sélectionnée par notre sœur Françoise.

Une question

C’est une question enfantine Elle est posée par l’âme qui s’agite dans une poignée de ciel bleu sous un silence trop grand pour elle : D’où je viens, moi qui n’étais pas toujours là ? Où j’étais quand je n’étais pas né ?

Notre époque a la réponse la plus courte qui soit : tu viens d’une copulation entre ton père et ta mère…

Au treizième siècle, au siècle de François d’Assise, la réponse était plus longue, beaucoup plus longue, même si elle se révélait aussi peu capable d’éteindre la question…Au treizième siècle on venait de Dieu et on y retournait.

La réponse était dans la Bible, ne faisait qu’un avec le Livre. Elle n’était pas tant dans la Bible que dans le cœur de celui qui lisait la Bible pour y trouver la réponse.

Et il ne pouvait bien lire qu’en faisant entrer sa lecture dans chacun de ses jours. La réponse n’était pas lue, mais éprouvée – charnellement éprouvée, mentalement éprouvée, spirituellement éprouvée.

Ce n’était pas une réponse de professeurs. Les professeurs sont des gens qui apprennent aux autres les mots qu’eux-mêmes ont trouvés dans les livres.

Mais on n’apprend pas dans un livre d’air. On en reçoit par intervalles la fraîcheur. On tressaille sous le souffle d’une parole : je t’aimais bien avant que tu sois né. Je t’aimerai bien après la fin des temps. Je t’aime dans toutes éternités…

Et avant d’être dans la Bible, cette parole, où elle était, d’où elle venait ?

Elle planait sur le vide des terres et sur le vide des cœurs. Elle était première. Elle avait toujours été là.

La parole d’amour est antérieure à tout, même à l’amour.

Christian Bobin, in Le très-bas.

Françoise,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 31 octobre 2022

Saisons

Une méditation proposée par notre sœur Valérie.

Crains-tu l’automne, les jours qui raccourcissent, les arbres qui se dénudent ?
Crains-tu l’automne de ta vie, la lenteur à faire les choses, les raideurs et grincements du corps ?

Songeant à ces questions, les yeux dans le vague, mon regard s’arrête sur quatre feuilles qui s’agitent au gré du vent, au bout de la branche du cerisier.

Le soleil du matin les éclaire d’une belle lumière. Le fond gris du ciel met en valeur leur couleur dorée.

Je les observe. Je m’en imprègne.

Elles sont encore sur la branche, je ne sais comment ni pourquoi.

Elles tiennent sans s’accrocher.

Demain, y seront-elles ?

Elles finiront par tomber et s’envoleront sans résister.

Ainsi en va-t-il de nos vies Seigneur.

Des vies que tu as créées fortes et solides, comme des arbres bien enracinés dans le sol.

Des vies que tu as voulues légères et frêles, comme ces feuilles qui s’offrent à l’instant présent, naissant au printemps, s’envolant et tombant à l’automne, disparaissant en hiver.

Des vies si belles pourtant, dans le contraste d’un ciel gris et d’un regard, d’une lueur, qui en changent la perspective.

Seigneur,
Je regarde ces feuilles et voilà que j’entrevois ton Amour, ta Présence.
Ton Évangile se lit en toute chose, à tout instant.
C’est en toute saison et dans tous les états que je veux vivre par Toi.

Valérie,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 24 octobre 2022

Une méditation proposée par notre sœur Françoise.

Le travail du désir

Mais qu’est-ce que vivre ? L’homme est-il condamné à vivre seulement de pain ?
Jésus invite ces hommes et ces femmes à porter plus haut leur désir de vie. Le pain qu’il leur a donné est le signe d’une nourriture plus forte, plus nourrissante et plus désirable : une nourriture d’éternité.

S’il a multiplié les pains, ce n’est pas pour qu’ils (les hommes et les femmes qui constituent la foule) en soient béatement rassasiés et qu’ils en restent là, mais pour creuser leur faim et leur désir.

Il leur demande donc de travailler non pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle. Quel est ce travail ?

C’est le travail du désir sur lui-même.
Le désir de vivre ne doit pas s’arrêter à une satisfaction matérielle… Il doit aller jusqu’au bout de lui-même, s’ouvrir à la plénitude de la vie.
Il doit devenir le désir d’une vie éternelle.

Éloi Leclerc, in Le Maître du désir

Je suis donc invitée à renouer avec mon être de désir. Il se conjugue avec la plénitude de la vie…
Désir de vie éternelle…

Participer à la propre vie de Dieu dans le Fils bien-aimé. Est-ce cela le désir de la vie éternelle ?
C’est un travail de chaque instant, une soif et une ardeur de vivre que rien de fini ne peut apaiser.
Éloi Leclerc

Merci Seigneur pour cette ardeur de vivre en moi, pour l’ardeur de vivre de ceux que je rencontre et qui me révèle ton amour pour chacun de nous.

Françoise,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 17 octobre 2022

Une méditation proposée par notre sœur Valérie.

Des ombres à Sa Lumière

J’ai mal
Tu es malade
Il a mal
Nous sommes malades
Vous avez mal
Ils sont malades

Le monde a mal et nous avec.
Il est malade, de la Paix, de la Démocratie, de son climat, de sa biodiversité et nous en sommes malades d’effroi.
Etait-ce mieux, était-ce plus simple du temps de Jésus ?
Crises, guerres, luttes de pouvoir…

Aujourd’hui, nous courons pour trouver de l’essence. C’est là tout notre essentiel.
Il y a 2.000 ans, le peuple juif attendait un roi puissant et voilà que lui était donné un Messie qui prêchait l’Amour comme seul vrai Royaume de Dieu.

J’ai de la joie au cœur
Tu es comblé d’Amour
Il a de la joie au cœur
Nous sommes comblés d’Amour
Vous avez de la joie au cœur
Il sont comblés d’Amour

En toute franchise, en toute vérité, les jours de doutes, les jours de peine, pour le monde ou pour nous-mêmes, laquelle de ces deux conjugaisons des verbes être et avoir prend le pas, nous semble la plus dense, la plus intense, la plus réelle, avoir le plus de consistance ? Laquelle récitons-nous inlassablement ?

Celle de notre condition humaine, en proie à la douleur, à la souffrance ou bien celle du Verbe de Vie, qui chante l’Espoir et la joie simple d’être aimé·e de Dieu ?

Nous le savons bien pourtant qu’aux ténèbres succèdent toujours la Lumière, Sa Lumière…

Valérie,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 10 octobre 2022

Une méditation proposée par notre frère Manuel.

Solitude, silence

Solitude,
même au milieu des bruits,
même au milieu de la foule,
en ce lundi d’automne.

Solitude,
laisser fleurir Ta Parole
dans un discret silence pudique ;
entendre le murmure
de Ta Présence en moi,
en ceux et celles qui m’entourent,
me bousculent, me parlent.

Présence,
la tienne en tout et tous,
comme une nappe souterraine
qui donne la vie en silence,
discrètement, aujourd’hui.

Silence en moi,
espace d’accueil en moi
de Toi, de l’autre, du réel,
accueil de la Vie que Tu me donnes,
que Tu nous donnes.

Ma présence et ma parole,
oh, que je voudrais qu’elles soient
rayonnement de Toi,
rayonnement de ta Vie,
rayonnement de ta Joie.

Te rayonner
ici et maintenant,
aujourd’hui, 10 octobre,
dans mon quotidien.

Solitude, silence,
présence et parole…

Joie et gratitude !

Livre de prières, p. 278, Société Luthérienne et Ed. Olivétain, 2012.

Manuel,
frère de la Communion Béthanie

Pause méditation du 3 octobre 2022

Une méditation proposée par notre sœur Élisabeth.

Toutes les directions

Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. C’est toi que j’espère tout le jour en raison
de ta bonté, Seigneur.
Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour, ne m’oublie pas.
Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin.
Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois.
A cause de ton nom, Seigneur, pardonne ma faute : elle est grande.
Est-il un homme qui craigne le Seigneur ? Dieu lui montre le chemin qu’il doit prendre.

Psaume 24, 4-12

Il est parfois difficile de savoir si nous sommes sur le bon chemin, si dans nos vies nous marchons là où le Seigneur aimerait nous conduire et réaliser ses projets en nous.
Et puis la route de nos vies n’est pas toujours droite, elle est sinueuse, il arrive même que nous ayons l’impression de revenir en arrière, trois pas en avant, deux pas en arrière, comme dit la chanson.

Parfois, les choses vont trop vite et nous aimerions freiner un peu la course. Et voilà maintenant d’autres situations ! Nous sommes obligés de rester confinés, les frontières se ferment.

Ou à l’inverse, tant de personnes par nécessité sont obligées de tout quitter, de partir en exil loin, vers des lieux où elles seront plus en sécurité. Et alors elles sont mal accueillies, pas attendues !

Chacun suit le chemin de sa vie mais c’est si compliqué, Seigneur !
Aide-nous à comprendre et accepter ces directions vers les différents lieux de vie qui sont les nôtres.

Qu’elles favorisent la compréhension, la fraternité, le partage, la bienveillance. S’il te plaît, Seigneur, sois notre guide à chaque instant.

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.
Jean 14, 6

Élisabeth,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 26 septembre 2022

Une méditation proposée par notre sœur Christine.

Chemin de vie

A partir du moment où le Seigneur s’est fait chair, rien ne lui est donc étranger dans nos vies. Il n’y a rien qu’il dédaigne. Nous pouvons tout partager avec Lui, tout. Cher frère, chère sœur, Dieu s’est fait chair pour nous dire, pour te dire qu’il t’aime précisément là, qu’il nous aime justement là, dans nos fragilités, dans tes fragilités ; précisément là, où nous avons le plus honte, où tu as le plus honte. Cela est audacieux, la décision de Dieu est audacieuse. Il se fait chair justement là où nous avons si souvent honte. Il entre dans notre honte pour se faire notre frère, pour partager notre chemin de vie.
Pape François, Angélus du 3 janvier 2021.

Seigneur, quand tu me vois venir vers toi, que dis-tu ?
Je m’unirai aujourd’hui à toutes les personnes qui avancent dans les ténèbres, qui sont en crise de foi ou qui ont perdu le sens de leur vie, afin que ma prière, mon offrande leur apporte le secours dont ils ont besoin.

Mon Dieu, je t’aime, donne-moi à t’aimer chaque jour un peu plus.
Mon Dieu, j’ai confiance en toi, aide-moi à grandir en confiance.
Mon Dieu, je crois en toi, fortifie toujours plus ma foi.
Puissions nous ne jamais renoncer à chercher la paix, à poursuivre la joie.

Christine,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 19 septembre 2022

Une méditation proposée par notre sœur Françoise.

Septembre

J’aime le mois de Septembre qui inaugure l’arrivée prochaine de l’automne.

L’air est plus doux, les ciels écrasants de l’été font place à des bleus tendres…

La nature reprend un nouveau souffle. Tout s’apaise…Peut-être pour permettre à nous aussi de souffler avant de reprendre le rythme de nos vies trépidantes.

J’aime le mois de Septembre et la fraîcheur du soir propice au repos.

J’aime ses orages, les éclairs rugissants et le grondement du tonnerre. J’aime la pluie bienfaisante.

J’aime quand l’herbe sèche, brûlée aux ardeurs du soleil, reverdit et reprend vie.

J’aime le plaisir de découvrir sur les étals du marché les premiers légumes colorés de l’hiver, les premières corbeilles de cèpes.

J’aime retrouver une marche légère, plus vive dans l’air frais du matin…

Un chant monte dans mon cœur… une prière de Charles de Foucauld.

Mon Créateur, mon Père, mon Bien-Aimé, Vous êtes la Beauté suprême ! Toute beauté créée, beauté de la nature, du ciel au coucher du soleil, de la mer unie comme une glace sous un ciel bleu, des forêts sombres, des jardins fleuris, des montagnes, des grands horizons du désert, des neiges et des glaciers, beauté d’une belle âme se reflétant sur un beau visage, beauté d’une belle action, d’une belle vie, d’une grande âme, toutes ces beautés ne sont que les plus pâles reflets de la Vôtre, mon Dieu. Tout ce qui a charmé mes yeux en ce monde n’est que le plus pauvre, le plus humble reflet de votre Beauté infinie.

Françoise,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 12 septembre 2022

Une méditation proposée par notre frère Manuel.

Jésus, notre mère

Julienne de Norwich (1342-1416 ?) a eu seize visions, « révélations de l’amour divin », pendant un jour et une nuit de 1373 ; après cette expérience, elle se retire dans un ermitage attenant l’église St Julien, à Norwich, où elle passe le reste de sa vie. Vingt ans après ses visions, elle rédige un livre où il est question de son expérience, certes, mais aussi et surtout de tout ce qu’elle a compris dans la prière et la contemplation. Comme cette approche assez originale que je vous présente ici.

C’est le propre de Dieu de rendre le bien pour le mal. Ce faisant, Jésus est notre vraie mère. Nous tenons de lui l’être, fondement de la maternité, et toute cette suave sauvegarde d’amour qui s’ensuit à jamais. Tout aussi véritablement que Dieu est notre Père, il est notre mère […]. Notre Père souverain, Dieu tout-puissant, qui est l’Être, nous connaît et nous aime antérieurement à l’existence du temps. En cette connaissance, dans les merveilleuses et totales profondeurs de sa charité et par les desseins éternels de la sainte Trinité, il voulut que la seconde Personne devînt notre mère, notre frère, notre sauveur. Il s’ensuit qu’aussi véritablement Dieu est notre Père, il est notre mère. Notre Père veut. Notre Mère œuvre. Notre bon Seigneur le Saint-Esprit confirme. […] Je compris qu’on peut distinguer trois sortes de maternité en Dieu. La première, quand il créa fondamentalement notre nature humaine. La deuxième, quand il revêtit notre nature : ainsi commence la maternité de grâce. La troisième, une maternité d’opération, qui irradie la grâce en longueur, en largeur, en hauteur, en profondeur, à l’infini. Tout n’est qu’un seul amour.

Notre mère quant à la nature, notre mère quant à la grâce, voulant devenir notre mère en toutes choses, commença les fondations de son œuvre très humblement, très doucement, dans le sein de la Vierge […]. Pareil office de mère est le plus intime, le plus empressé, le plus sûr qui soit. Le plus intime, car il est le plus naturel. Le plus empressé, car il est tout amour. Le plus sûr, car il est toute vérité. Cet office, nul n’a jamais pu ni ne pourra jamais le remplir dans sa perfection si ce n’est Jésus lui-même. […] Alors, il nous nourrit. Le précieux amour de sa maternité a fait de lui notre débiteur. La mère fait sucer son lait à son enfant. Notre divine mère Jésus peut nous nourrir de lui-même. Il le fait tout courtoisement, tout tendrement, par le saint sacrement béni, précieuse nourriture de la vraie vie. […] Une mère peut presser tendrement son enfant sur son sein. Jésus, notre tendre mère, peut, lui, nous introduire dans le sien et nous y révéler en partie sa divinité et les joies du ciel, en même temps que la certitude spirituelle du bonheur éternel.

Le Livre des révélations
extraits des chapitres 59 et 60.

Manuel,
frère de la communion Béthanie

Pause méditation du 5 septembre 2022

Une méditation proposée par notre frère Raphaël.

Gens des rues

Alors que l’été, tranquillement, s’endort et que nous retournons (presque) tous à nos quotidiens plus ou moins bien vécus…

Alors que nous refermons la douce parenthèse des vacances, pour reprendre nos activités trépidantes; plus ou moins appréciées…

Alors que nous recommençons à rêver d’ailleurs, de bord de mers ensoleillés ou d’îles paradisiaques… bref, que nous tentons d’échapper à l’ordinaire…

Pourquoi avons-nous toujours autant besoin d’ailleurs? Une réponse…

Il y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne retire pas du monde.

Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires. Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires. Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires. Ce sont les gens de la vie ordinaire. Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue.

Ils aiment leur porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée définitivement sur eux.

Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté.

Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné.

Madeleine Delbrêl (1904-1964)
extrait de Nous autres, gens des rues.

Et si nous apprécions juste le fait d’être là ?
Belle rentrée à chacune et chacun.

Raphaël
frère de la Communion Béthanie

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