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Pause méditation du 28 septembre 2020

beauté humanité Jésus

Pause méditation du 28 septembre 2020

Une méditation proposée par notre frère Raphaël.

« Dieu doit toujours rester pour nous en chantier. »

Dire d’un homme qu’il est Dieu n’a pas en soi grand intérêt.

Il en va différemment lorsque nous confessons que l’homme qui est Dieu est un homme crucifié. Nous avons à confesser et penser Dieu à partir du Crucifié. On peut essayer de dédouaner Dieu de la souffrance de Jésus en faisant de l’humanité de Jésus le seul lieu de sa souffrance, en empêchant que cette question ne déborde ce cadre. Mais nous pouvons aller plus loin : penser que la souffrance de Jésus affecte, change, bouleverse ce que nous savons de la réalité même de Dieu. En Jésus, c’est Dieu lui-même qui est engagé dans la souffrance. La Croix ne nous contraint-elle pas à changer notre représentation de Dieu ?

Au cours des premiers siècles de l’histoire de l’Église, plusieurs croyants ont estimé que Jésus ne pouvait pas être Dieu égal au Père. Cette thèse pouvait être soutenue à partir des limites dont témoigne la vie historique de Jésus : celui-ci ignore, par exemple, le jour du Jugement, Jésus se fatigue, Jésus connaît l’angoisse. Tous ces aspects de la vie du Christ sont jugés incompatibles avec l’affirmation de sa divinité. La foi de l’Église n’a pas retenu ce point de vue. Ce qui est en jeu dans ce débat est plus la nature de Dieu que l’humanité de Jésus. Lorsqu’on dit de Dieu qu’il est infini, incommensurable, immuable, sans commencement ni origine, etc., on comprend ces affirmations de telle sorte que Dieu ne peut pas entrer dans nos limites humaines.

Or, pour la foi chrétienne, être limité, souffrant, affecté par l’ignorance et l’angoisse, tous ces modes humains d’exister n’ont pas été jugés incompatibles avec le fait d’être Dieu puisque nous confessons de Jésus qu’il est Dieu Fils de Dieu. Autrement dit, il ne faut pas partir de notre idée de Dieu, qu’elle soit philosophique ou même issue de l’Ancien Testament, pour déclarer que Jésus est Dieu, Fils de Dieu, mais il nous faut réinventer notre idée de Dieu à partir de l’humanité de Jésus, et donc aussi de l’humanité crucifiée de Jésus. Il nous faut perpétuellement remettre en cause nos représentations de Dieu à partir de Jésus. Dieu doit toujours rester pour nous en chantier.


Alain Durand
in Dieu choisit le dernier
Éditions du Cerf, 2010.

admin

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