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Pause méditation

Pause méditation du 24 février 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

Laisse en ciel ton regard

Les grands remous provoquent l’âme,
ils l’obligent à se révéler.

Toute éclosion naît d’une secousse,
tout envol, d’un geste personnel.

La sérénité ne pousse pas au ras du sol,
elle prend racine au ras du ciel
et installe en nous son azur.

Au cœur de toute chose résonne la divinité,
mais il faut savoir écouter le silence
pour vibrer de son écho.

Les instants les plus intenses
sont ceux où la parole se tait,
parce que les mots sont devenus trop petits.


Claire Silvera Rochon
Laisse en ciel ton regard (extrait)
Éditions du Vermillon, Québec

Pause méditation du 17 février 2020

Une méditation proposée par notre sœur Isabelle.

Ta nuit sera lumière

Ennuis de santé et autres…le moral est au plus bas.
Révoltes, récriminations, démissions, déprimes, anxiété…pessimismes, désespérance me guettent.
Nuits et jours sont de plus en plus sombres…..
Et voilà Seigneur qu’en ces lendemains du dimanche de la Santé, Tu viens me rejoindre et m’interpeller par ces quelques textes proposés pour ce dimanche :

« Ta nuit sera Lumière » (Is 58.10)

« Cette homme jamais ne tombera…
 Il ne craint pas l’annonce d’un malheur,
 Le cœur ferme, il s’appuie sur le Seigneur,
 Son cœur est confiant, il ne craint pas…
 » (Ps 111.6-8)

« Permets que mon chemin de nuit s’éclaire,
 Et que pour d’autres je sois Lumière.
 »
(Fin de la prière proposée pour ce dimanche de la santé)

Oui, Seigneur, dans mes obscurités,
fais que mon chemin de nuit s’éclaire
et que pour d’autres, je sois Lumière.

Yallah…

Votre sœur Isabelle.

Pause méditation du 10 février 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

La danse de la vie

S’il y a beaucoup de saintes gens qui n’aiment pas danser,
Il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser,
Tant ils étaient heureux de vivre :
Sainte Thérèse d’Avila avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras,
Et Saint François, devant le pape.

Si nous étions contents de vous, Seigneur,
Nous ne pourrions pas résister
A ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner
Quelle danse il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.

Car je pense que vous en avez peut-être assez
Des gens qui, toujours, parlent de vous servir
Avec des airs de capitaines,
De vous connaître avec des airs de professeurs,
De vous atteindre avec des règles de sport,
De vous aimer comme on s’aime dans un vieux ménage.

Un jour où vous aviez un peu envie d’autre chose,
Vous avez inventé Saint François,
Et vous en avez fait votre jongleur.
A nous de nous laisser inventer
Pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous.

Faites-nous vivre notre vie,
Non comme un jeu d’échecs où tout est calculé,
Non comme un match où tout est difficile,
Non comme un théorème qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle,
Comme un bal, comme une danse,
Entre les bras de votre grâce,
Dans la musique universelle de l’amour.
Seigneur, venez nous inviter.

Madeleine Delbrêl (1904-1964)

Pause méditation du 3 février 2020

Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frère Philippe.


-14-

Il y aura toujours à ramer dans la nuit,
contre les vagues et le vent…
Mais pourquoi toujours t’en effrayer !
Est-ce à toi d’y apporter remède ?

Pourquoi, malheureux,
n’appelles-tu pas au secours ?
Qu’est-ce que tu attends pour le faire ?

Tentation toujours renaissante
de baisser les bras,
au lieu de crier ton désarroi …

Ce n’est pas parce tu es dans le noir
que tu es obligé de refuser la lumière !

Grain de poussière dans l’Espace infini,
Tu n’as de prise sur rien …
Mais n’oublie pas le Courant qui te porte !

Que ton regard intérieur reste tourné,
quoi qu’il arrive,
vers l’Au-delà de tes peurs, de la fatigue
et de tes faibles pensées …

Considère le sarment sur la Vigne :
C’est d’Elle à tout moment qu’il reçoit le Vie !


Philippe

Pause méditation du 27 janvier 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

On croit toujours que la vie est derrière

On se fait du mal à penser en arrière.
Grandir n’est pas fuir mais choisir.

Élire son orient,
consentir au vent
qui souffle où il veut.

On peut se raidir sous les bourrasques,
se perdre dans la rébellion.

On peut aussi s’assouplir
et accueillir le miracle d’être emmené
sur la terre des vivants
par le Souffle de tout instant.

Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, Ed. Labor et Fides.

Pause méditation du 20 janvier 2020

Une méditation proposée par notre sœur Loan.

Écouter sans entendre, voir sans voir.
D’après Mathieu 13, 14

Modeste méditation sur nos 5 sens

Entends bien qui veut bien entendre…
Vois bien qui veut bien voir…
Sent bien qui veut bien sentir…
Touche bien qui veut être bien toucher…
Goûte bien qui veut bien goûter…

C’est bien Lui qui nous a fait avec nos 5 sens principaux, nos 5 doigts de la main et nos 5 orteils du pied.
Peut être pour être libre et indépendant.
Il me semble que si nous ressentons toutes et tous différemment, avec nos 5 sens, cela dépend de notre état d’esprit (6ème sens ?).
Celui ci étant lui même influencer par notre histoire personnelle, familiale et autres… avec ses zones d’ombre et de lumière.
Souvent inconsciemment, le libre arbitre qu’il nous a donné nous fait choisir, selon nos peurs ou notre confiance, la mort ou la VIE.
Ainsi cela conditionne les perceptions de nos 5 sens.
Prendre la décision de se laisser guider par son Esprit Saint, à chaque instant, pour un jour à la FOI(s).
Cela aiguise nos 5 sens à percevoir au delà des apparences et de l’intuition nous est donnée.
Aimer rester dans sa douce présence d’amour dans le silence de nos cœurs apaisés par sa divine PAIX.

Votre sœur Loan.

Pause méditation du 13 janvier 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

Je veux t’aimer, Seigneur, pour rien.

Je veux surtout que, dans ma vie,
la prière soit le refuge de la liberté
et du gratuit.
Perdre mon temps,
ce temps si précieux, pour toi.

Le donner largement,
en pure perte, sans calcul.

Ma prière est bien distraite,
elle n’est pas une fleur de qualité,
mais c’est la seule pâquerette
que j’ai trouvée sur ma pelouse.

Je ne cherche pas la gloire
d’être un homme de prière ;
seulement la joie de t’aimer,
comme je peux, pauvrement.

J’ai passé des semaines et des
mois arides comme un désert :
pas de fleurs à l’horizon,
pas beaucoup de temps pour prier.

Mais ce désert,
je l’ai traversé parce que je t’aime un peu.
Et cette traversée vaut peut-être
un perce-neige dans mon bouquet.

Il faudra encore beaucoup de patience,
de longues heures devant toi et bien des services humbles,
bien des déserts aussi, pour atteindre la gratuité.

Je te la demande, Seigneur.
Je n’ai rien pour la payer.
Mais comment paierait-on une telle richesse ?

Michel Serin

Pause méditation du 6 janvier 2020

Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frère Philippe.


-13-

Insondable profondeur de nos âmes,
replis secrets encore inexplorés,
réalité mouvante, chaotique,
éclatée, insaisissable…
vertige… dérive des grands fonds…

…nuit sans boussole,
doute qui repousse sans répit,
questions sans réponse, mal intime diffus, tenace
qui te fait désirer la fin de la pièce…

…cette aventure de la Vie
où tu es entré sans le vouloir
et sans bien voir où Elle mène…

…Obligé d’accepter ta condition de créature
sans cesse défaillante, ingrate, incorrigible,
tu n’as pas d’autre choix que celui d’avancer,
d’aller où la Vie t’emmène…

Ne sois pas comme l’enfant vexé
qui refuse qu’on l’aide à se relever…
Laisse agir dans l’ombre
l’invisible Main de ton Créateur qui te veut du bien…

Ce poids, c’est pour toi qu’Il le soulève !
Cette peur, c’est pour toi qu’Il l’apaise…
C’est Lui, présent, qui t’appelle !
Crie-Lui ta détresse et tu seras délivré…


Philippe

Jour de Noël 2019

Méditation du jour de Noël par Sœur Elisabeth, prieure du monastère de la Paix-Dieu à Cabanoule.

Dans sa Bible des contrastes, le pasteur et peintre Henri Lindegaard réalise un dessin biblique intitulé : « Une ligne qui s’incline ».
C’est ainsi que l’artiste évoque le mystère de Noël : une ligne verticale qui peu à peu devient horizontale.

La ligne verticale d’abord : le bâton de Joseph le juste qui dans la foi surmonte l’incertitude.
La ligne s’incline et devient les barreaux d’une mangeoire.
La ligne s’incline encore et devient une femme fatiguée d’avoir marché longtemps, cherchant un lieu pour accoucher : Marie.
La ligne s’incline lentement encore vers une crèche et devient ce tout-petit couché, horizontal.

C’est ainsi que Dieu sous le poids de sa gloire devient homme.
Et nous voilà ensemble aujourd’hui contemplant ce mystère de Noël.

Regardons doucement ce Dieu qui fait une inclination profonde devant chacun de nous dans un respect infini.
Divine doxologie :  Gloire à toi, homme. Gloire à toi, femme.

Sœur Elisabeth





Image La ligne qui s’incline de Henri Lindegaard, extraite de La Bible des contrastes, Méditations par la plume et le trait du même auteur, 224 pages, 2005, Olivétan éditeur.

4e dimanche de l’Avent 2019

Méditation pour le 4e dimanche de l’Avent par Sœur Anne, sœur du monastère de la Paix-Dieu à Cabanoule.

DIEU – « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. »
LE ROI ACAZ – « Non, je n’en demanderai pas. »

C’est tout de même embêtant, Dieu.
Comme une tracasserie, un tout petit caillou dans une chaussure, mais à chaque pas mon pied le rencontre : je ne peux l’éviter, ni léviter d’ailleurs.

Alors marchons.

Marchons à l’aveuglette avec Acaz, sourd aux conseils du prophète Isaïe et paralysé par la peur : il ne veut pas demander de signe à Dieu sous couvert de respect, il n’attend rien de Lui, préoccupé qu’il est par ses stratégies d’alliances humaines pour sauvegarder son royaume, son pouvoir, mais aussi son peuple – et c’est tout à son honneur…

Seulement voilà, géographie divine oblige, nous apprenons que « la terre dont les deux rois font trembler [Acaz] sera laissée à l’abandon », peut-être même nos propres terres, et autres royaumes !
Qu’en tous lieux, des plus noirs aux plus lumineux nous pouvons demander un signe, et que chaque situation porte en germe une espérance parce que Dieu nous y rejoint, même si cela paraît prendre un temps fou, celui d’une gestation puis celui d’apprendre à rejeter le mal et choisir le bien.

Marchons à l’écoute avec Joseph.

Joseph est juste. Il respecte la Loi, c’est pourquoi il a formé le projet de répudier sa fiancée, celle qui n’a pas connu d’homme. Dit-elle. Il se taira parce qu’il est bon, qu’il sert la Loi pour la vie, mais impossible d’être père d’un enfant qu’il n’a pas engendré, ce serait mentir. Il n’appellera pas l’enfant du péché « fils de David ». A d’autres ! C’est simple, il ne dénoncera pas publiquement cette Marie. Puis il se couche là-dessus – et c’est tout à son honneur ?
Seulement voilà, histoire sainte oblige, Joseph endormi baisse la garde, un ange passe, et nous apprenons à dépasser le légalisme de nos peurs pour compter sur l’Esprit de Dieu dans nos prises de décisions, nous apprenons que l’enfant qui devra apprendre à choisir vient de l’Esprit Saint, et peut-être même que si nous cherchons le « nous », Dieu sera là « avec », « Emmanuel ».

Un ange passe, oui… et traverse nos vies du souffle de Dieu. Malicieux, il glisse aussi un grain de blé dans ton soulier.

Sœur Anne



Image Vierge à l’enfant et l’Ange espiègle de Jean-Marie Pirot dit Arcabas. Musée Arcabas en Chartreuse.

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