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Archive de l’étiquette Carême

Photo d'une croix en fer scellée dans un muret dans un paysage de montagne.

5e Dimanche de carême

Tout au long de ce Carême 2024 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations sélectionnées par notre frère prieur Jean-Michel.

« Qu’est-ce que l’amour ? »

Frères,

nous sommes les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

En tant que coopérateurs de Dieu,
nous vous exhortons encore
à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.

Car il dit dans l’Écriture :

Au moment favorable je t’ai exaucé,
au jour du salut je t’ai secouru.
Le voici maintenant le moment favorable,
le voici maintenant le jour du salut.
2 Co 5, 20 – 6, 2

Je confie à notre méditation ces mots du pasteur Dietrich Bonhoeffer qui s’interrogeait, nous sommes dans les mois qui précédèrent à son incarcération par le régime nazi en fin 1942 :

Qu’est-ce que l’amour ?

Le Nouveau Testament nous renvoie de façon non équivoque à Jésus-Christ seul.
C’est LUI qui en est la seule définition [..]
L’amour désigne donc cette action de Dieu en faveur de l’homme, par laquelle la désunion de ce dernier est surmontée.

Cet acte s’appelle Jésus-Christ,
Cet acte s’appelle la réconciliation, dit Bonhoeffer.
[…] et de poursuivre :

Aimer veut dire laisser transformer son existence entière par Dieu.

Pasteur Jean-François Breyne

Une photo de désert.

4e Dimanche de carême

Tout au long de ce Carême 2024 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations sélectionnées par notre frère prieur Jean-Michel.

N’être jamais réduit·es à nos errances

Frères,

Nous sommes les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.
En tant que coopérateurs de Dieu,
nous vous exhortons encore
à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.

Car il dit dans l’Écriture :

Au moment favorable je t’ai exaucé,
au jour du salut je t’ai secouru.
Le voici maintenant le moment favorable,
le voici maintenant le jour du salut.
2 Co 5, 20 – 6, 2

Vous le savez bien mieux que moi, mes sœurs, mes frères.

Davantage encore, la réconciliation est là, promise, possible, déjà à l’œuvre, oui très exactement là, au cœur même des brisures du cœur, de ses fractures, de ses effractions subies, de ses déchirures, lorsqu’elles sont, humblement et douloureusement c’est vrai, regardées et déposées aux pieds du Maître.

Alors de découvrir que la marche est encore possible,
pour aller, de réconciliation en réconciliation,
hérauts désormais de cette incroyable nouvelle :

personne, jamais, ne se réduit à ses errances et à ses échecs, à ses souffrances et ses sidérations.

Voilà pour moi le sens profond de ce carême : prendre le temps et reprendre un peu de discipline pour risquer cette ouverture du cœur, ce déplacement vers le secret, pour véritablement y découvrir la réconciliation offerte.

Pasteur Jean-François Breyne

Communion Béthanie, Carême, chemin rocailleux

3e Dimanche de carême

Tout au long de ce Carême 2024 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations sélectionnées par notre frère prieur Jean-Michel.

Accepter d’être accepté·e

Frères,

Nous sommes les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.
En tant que coopérateurs de Dieu,
nous vous exhortons encore
à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.

Car il dit dans l’Écriture :

Au moment favorable je t’ai exaucé,
au jour du salut je t’ai secouru.
Le voici maintenant le moment favorable,
le voici maintenant le jour du salut.
2 Co 5, 20 – 6, 2

Oui, Quelqu’un vient, comme sur la pointe des pieds, nous réconcilier avec nous-mêmes.

Cette œuvre de réconciliation ne vient pas de moi : elle est bien un don, un cadeau, un autrement possible offert par Dieu pour aujourd’hui et pour demain.

Découvrir, émerveillé et incrédule encore, que le chapelet des « échecs-errances-offenses-souffrances » n’a plus le dernier mot sur ma vie.

Davantage même, que la souffrance n’est plus le déterminant absolu de mon existence.

Comment ?

En acceptant d’être accepté.

Et cette acceptation ne peut venir que de l’ouverture du cœur, qui ne se vit que dans le secret de la prière.

Pasteur Jean-François Breyne

Le Christ accompagné de l'abbé Ména.

2e Dimanche de carême

Tout au long de ce Carême 2024 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations sélectionnées par notre frère prieur Jean-Michel.

Se découvrir réconcilié·e

Frères,

Nous sommes les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
Nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

En tant que coopérateurs de Dieu,
nous vous exhortons encore
à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.

Car il dit dans l’Écriture :
Au moment favorable je t’ai exaucé,
au jour du salut je t’ai secouru.

Le voici maintenant le moment favorable,
le voici maintenant le jour du salut.
2 Co 5, 20 – 6,2

Il ne s’agit pas ici d’abord de nous réconcilier avec les autres : ses parents, ses enfants, ses sœurs, ses frères, ses collègues, ou même entre Églises, ni même avec le bon Dieu !

Non.

Paul ne dit pas : Réconciliez-vous ; mais il dit : Laissez-vous réconcilier. Le verbe, en grec, est au passif !

Car il ne s’agit pas ici d’abord de nous réconcilier avec X ou Y, ce qui est aussi une bonne chose, bien entendu, mais il s’agit de ce qui est en amont de cela.

Il s’agit de se découvrir réconcilié·e, c’est-à-dire libéré·e de toutes nos chaines liées à nos échecs, à nos errances, à nos offenses, à nos souffrances…

Pasteur Jean-François Breyne

Lieu ami de la Communion Béthanie, le monastère de La Paix-Dieu à Cabanoule.

1er Dimanche de carême 2024

Tout au long de ce Carême 2024 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations sélectionnées par notre frère prieur Jean-Michel.

Moment favorable

Ami·es, sœurs et frères en Communion Béthanie,

Je viens de vivre quelques jours de retraite silencieuse dans notre petit monastère, ami et source, de La Paix-Dieu à Cabanoule.

Quelle joie de rencontrer là, un frère de cœur, le pasteur Jean-François Breyne !

Durant ce Carême 2024, je vous propose de méditer avec lui, cette parole de Paul en 2 Corinthiens 5, 20 – 6, 2.

En vous souhaitant un joyeux moment favorable, je vous redis ma proximité cordiale et confiante,

Jean-Michel+,
frère prieur de la Communion Béthanie.


Frères,

Nous sommes les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

En tant que coopérateurs de Dieu,
nous vous exhortons encore
à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.

Car il dit dans l’Écriture :
Au moment favorable je t’ai exaucé,
au jour du salut je t’ai secouru.

Le voici maintenant le moment favorable,
le voici maintenant le jour du salut.

Nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu, dit Paul dans son épitre aux Corinthiens.

Si nous avions lu les versets qui précèdent, nous aurions entendu ce mot résonner 5 fois sous la plume de Paul.

Le mot pourtant est rare dans le Nouveau Testament : simplement 10 occurrences, sous leurs formes verbales ou substantivées.

Et toujours sous la plume de Paul : les évangiles semblent ignorer ce mot !

Pourtant, Paul en fait ici tout à la fois le résumé de son expérience et de sa prédication :
RECONCILIATION !

Peut-être parce que la réconciliation est le fruit même de la Grâce ?
Pour le dire autrement : la réconciliation, c’est la grâce en marche.

La grâce en action.
La grâce au travail en nous…

Pasteur Jean-François Breyne

4e Dimanche de carême

Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoigne de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.

« Voilà bien ce qui est étonnant ! »
Jean 9, 1-41

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : Va te laver à la piscine de Siloé – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? Les uns disaient : C’est lui. Les autres disaient : Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. Mais lui disait : C’est bien moi. Et on lui demandait : Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? Il répondit : L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : Va à Siloé et lave-toi. J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. Ils lui dirent : Et lui, où est-il ? Il répondit : Je ne sais pas.

On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. Parmi les pharisiens, certains disaient : Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. D’autres disaient : Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? Il dit : C’est un prophète. Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? Les parents répondirent : Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : Il est assez grand, interrogez-le !

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. Il répondit : Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. Ils lui dirent alors : Comment a-t‑il fait pour t’ouvrir les yeux ? Il leur répondit : Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? Ils se mirent à l’injurier : C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. L’homme leur répondit : Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. Ils répliquèrent : Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : Crois-tu au Fils de l’homme ? Il répondit : Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? Jésus lui dit : Tu le vois, et c’est lui qui te parle. Il dit : Je crois, Seigneur ! Et il se prosterna devant lui.

Jésus dit alors : Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : Serions-nous aveugles, nous aussi ? Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : Nous voyons !, votre péché demeure.

Nous avançons dans le carême et si nous cherchons à nous rapprocher de Dieu, Jean nous présente aujourd’hui, plusieurs interlocuteurs pour nous aider à le rencontrer : des pharisiens qui ne savent
pas d’où Il est
mais ont pourtant des clés à nous transmettre pour le connaître, un aveugle de
naissance qui sort de sa passivité car Jésus le regarde autrement.

Nous découvrons ici que Jésus voit sans doute en chacun de nous un potentiel croyant, c’est à dire un
être confiant dans l’Amour de Dieu, et un témoin. Les hommes regardent les apparences mais le
Seigneur regarde le cœur
. 1er livre de Samuel 16, 1b. 6-7.10-13a

Jésus est ressuscité, toujours présent autour de nous et il se manifeste souvent par la médiation de
sœurs et de frères qui ne soupçonnent pas qu’ils sont témoins ou messagers.

Se rapprocher de Dieu, serait-ce aussi se laisser étonner par les rencontres que nous faisons ?

Olivier
de Reconnaissance.

1er Dimanche de carême

Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoignent de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.

« Le Christ nous précède »
Matthieu 4, 1-11

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »
Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Dans le texte de l’Évangile de ce jour, le Christ a faim car il sort de 40 jours de jeûne ; je peux observer son l’attitude vis-à-vis de cet étrange conseiller qui veut le séduire à la fin de son séjour au désert.

  • Jésus lui répond tout d’abord en partant des écritures ; alors le diviseur entre dans son jeu et lui répond à partir des écritures et essaye de le soumettre.
  • La volonté du Christ qui voit maintenant clair en lui-même, fait naître alors une saine colère qui met à distance puis décourage le tentateur.

Le carême a débuté pour moi, temps de discernement, de clarification et d’apaisement.
Quelle est mon attente, quelles questions voudrais-je formuler, quelles rencontres aimerais-je vivre ?

C’est le moment de nourrir ma vie intérieure et d’ouvrir mon cœur, le Christ me précède sur ce chemin.

Olivier
de Reconnaissance.

Carême 2022 – 2e dimanche

Tout au long de ce Carême 2022 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre sœur Françoise.

Un Carême de ciel ouvert avec saint-Luc
Luc 9, 28b-36

Habituellement, Jésus quitte ses disciples pour prier seul ! Ici Il prend avec lui Pierre, Jean et Jacques et gravit la montagne. Ils seront témoins d’un événement spectaculaire : L’aspect du visage de Jésus devient autre, son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. La relation que Jésus vit avec son Père a des conséquences…Cette intimité profonde, cette union de l’un à l’autre transforme, non seulement le visage, mais aussi le vêtement ! Quelque chose de divin se passe… L’invisible devient visible !

Pour nos disciples fatigués, l’étonnement est à son comble : Moïse et Élie sont là ! Pour parler avec Jésus de quelque chose de grave : son départ à Jérusalem. Comme si le ciel s’ouvrait pour que sa mission s’enracine effectivement dans l’histoire de l’Alliance.

J’ose imaginer qu’un sens et une force nouvelle lui sont donnés. Des forces et une paix véritable pour l’heure de la confrontation. Il n’y sera pas seul, le ciel est convoqué pour le soutenir et le confirmer.

Et s’il en était un peu de même pour nous. Notre expérience de la prière aux moments décisifs, si petite soit-elle, nous a fait goûter cette présence de Dieu, ce ciel ouvert pour que nous recevions des forces nouvelles. Nos inquiétudes s’amenuisent, notre esprit est plus serein, notre cœur et tout notre être sont en paix. Cela doit bien transparaître sur notre visage !

Nous savons aussi combien parler de ce que nous traversons comme épreuves ou comme joies, avec les témoins de notre histoire, inscrit plus profondément le sillon de notre chemin avec Dieu.

La tentation alors serait, comme Pierre qui propose de dresser 3 tentes, de nous installer dans cet espace ouvert sur le ciel. Parce que oui, il est bon que nous soyons ici !

Et bien non, Il ne savait pas ce qu’il disait, nous relate l’évangéliste avec humour… Nous devons quitter la haute montagne, rejoindre la vallée de notre vie pétrie de relations bienveillantes ou non, de tentations, de joies et de combats, de larmes et de belles fraternités ou de belles sororités spirituelles.

Pour notre marche, nous qui avons notre citoyenneté dans les cieux, Paul aux Philippiens 3, 20, Dieu ne nous laisse pas sans rien. Il nous donne sa Parole : Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le. Jésus, Parole faite corps, qui sera livré pour nous et pour la multitude, pain rompu, sang versé… en signe de l’Alliance nouvelle et éternelle.

Françoise,
sœur de la Communion Béthanie

Carême 2022 – 1er dimanche

Tout au long de ce Carême 2022 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre sœur Françoise.

Un carême d’offrandes avec Moïse
Livre du Deutéronome 26, 4-10

Et si nous entrions dans le Carême avec Moïse ?
Moïse disait au peuple : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes…

Apporter les prémices en offrande, cela demande de cueillir les premiers fruits arrivés à maturité, les premiers légumes du jardin, les premiers épis dorés… Nous les avons regardés s’épanouir au fil des jours, nous avons travaillé le sol, apportant engrais et soins, n’est-il pas normal que nous soyons les premiers à les croquer et nous régaler de ce goût incomparable ! Nous sommes si fiers de ce que nous avons produit…Et bien, contre toute attente, nous allons nous en dessaisir. Mais pas n’importe comment !

Cela se fait en prononçant des paroles devant le Seigneur : Mon père était un Araméen nomade... Ces paroles nous invitent à relire notre histoire, telle que Moïse la relit pour son peuple. Aux origines : un Araméen nomade, puis un petit clan qui devient une nation puissante. La maltraitance et la pauvreté, l’esclavage, les cris et la misère que Dieu entend et voit, puis la délivrance à mains fortes, par des signes et des prodiges.

N’en est-il pas de même pour moi ? N’est ce pas Dieu qui me conduit, sans se lasser, me faisant grandir, me délivrant de mes peurs, de mes pauvretés, me faisant sortir de mes terres d’exil et d’esclavage pour que je puisse porter du fruit ?

Oui, à la suite de Moïse, je peux dire : Et maintenant, voici Seigneur, que je t’apporte les prémices de ma vie. Ce sont les fruits que tu m’as donnés de porter. Tu as travaillé la terre de mon être, tu en as pris soin, Ils sont les fruits de ton Alliance indéfectible. Les voici en offrande, en action de grâce.
Par toi, avec toi, ils sont Eucharistie….

Voici peut-être une manière différente d’aborder ce Carême : Tu n’as voulu, ni offrande, ni sacrifice, mais tu m’as fait un corps… alors j’ai dit : Me voici. Épître aux Hébreux, 10, 5-7

Françoise,
sœur de la Communion Béthanie

graines, platation

Carême 2021 – 5e dimanche

Tout au long de ce Carême 2021 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations du collectif LGBT+ & Croyant·e·s Anjou.

Si le grain ne meurt

« Ne juge pas la journée en fonction de la récolte du soir mais d’après les graines que tu as semées » écrivait Robert Louis Stevenson, quelques années après les paroles du Christ : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul. S’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Dans l’Évangile du jour, Jésus n’a pas encore vécu la mort, mais il la sait inévitable, et l’annonce presque explicitement. Et il a confiance. Il sait que son sacrifice ne sera pas inutile, puisqu’elle montrera à tous que la Vie surgit de la Mort.

En annonçant sa propre résurrection, il sème aussi la graine de l’espoir, celle d’une intuition : le don de soi est toujours fécond. Si la graine plantée en terre donne d’autres graines, c’est grâce à sa disparition et à sa métamorphose, sans possibilité de retour. Et à sa patience : il faut du temps avant que la plante ne germe.

De la même manière, si nous regardons nos vies et nos actes comme des graines plantées en terre, les épreuves et les échecs n’auront jamais le dernier mot. L’espoir et la confiance que nous mettons en nous-mêmes, en nos qualités, en les autres et en Dieu… ne suppriment ni la difficulté, ni la douleur mais nous permettent de les dépasser, de voir et viser plus loin et plus haut.

Et si nous laissions germer en nous cette conviction que la difficulté fait grandir, pour partager la beauté du don gratuit, sans attentes et sans conditions ?

Chaque personne est féconde, dès lors qu’elle choisit de donner et de se donner.

Collectif LGBT+ & Croyant·e·s Anjou

Carême 2021 – 3e dimanche

Tout au long de ce Carême 2021 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations du collectif LGBT+ & Croyant·e·s Anjou.

Sainte colère

C’est un des rares passages de l’Évangile où Jésus laisse éclater sa colère. C’est pourtant sa première visite à Jérusalem au moment de la fête de la Pâque, et son premier geste est de se fabriquer un fouet pour chasser les marchands, leurs bœufs et leurs brebis, ainsi que les changeurs de monnaie.

On peut alors s’étonner de cette violence, de cette spontanéité, de la liberté que se donne Jésus, petit nouveau en ville. Et les marchands et les changeurs sont choqués. Ils sont après tout de bonne volonté. Ils permettaient aux pèlerins accourus de tout Israël d’offrir un sacrifice au temple et de remplir leurs devoirs de croyants ! Leur présence est légitime, justifiée, et l’habitude de leur présence est devenue légale.

Jésus se rebelle non pas au nom de la loi, mais de la justice. Il ne vise pas le commerce, mais sa mauvaise utilisation, et les réflexes trop humains des hommes dans leur rapport à Dieu. Le culte devient un trafic, un échange de bon procédés un marchandage qui est sans doute un leurre : un cadeau à Dieu contre une faveur de sa part.

La colère de Jésus est un déclencheur, un moteur, une énergie qui détruit pour interroger et reconstruire. Son bouillonnement intérieur face à la naïveté, à l’égoïsme, à l’injustice, est aussi le nôtre parfois.

Comment pouvons-nous écouter, utiliser et dominer cette colère ?
Comment est-elle symboliquement un refus de ce qui ne nous paraît pas essentiel, pas ajusté, dans notre vie, dans notre foi, dans notre rapport à Dieu et aux autres ?
Comment faire pour comprendre nos propres colères, et celles des autres ?

Ce temps de Carême est un temps de conversion, autrement dit un basculement choisi : un moment idéal pour accueillir nos colères, et transformer protestations, refus, confrontations, en autant d’espace d’échanges, de dialogues et d’écoute.

Collectif LGBT+ & Croyant·e·s Anjou

Carême 2021 – 2e dimanche

Tout au long de ce Carême 2021 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations du collectif LGBT+ & Croyant·e·s Anjou.

Quelle métamorphose ?

Dans Harry Potter, JK Rowling nous a fait rêver de pouvoir nous métamorphoser à notre guise en notre animal préféré, de nous donner le pouvoir de plonger une heure dans un lac sans respirer, ou encore, avec la pierre philosophale, de pouvoir être revivifiés.

En comparaison, quel type de métamorphose le Christ nous propose-t-il ?

Le contraste est saisissant. Il se met à l’écart, alors que nous sommes dans une période de fête, et demande bien à ses disciples de ne rien dire. Après une brève rencontre avec Élie et Moïse, prophètes et sauveurs d’Israël, quel est le résultat de cette métamorphose ? Un homme, un simple homme debout, qui de plus n’est pas venu pour être servi mais pour servir, qui relève ses disciples tombés à terre.

La parole de Dieu est aussi saisissante. Il ne dit pas : « Lisez, appliquez et conformez-vous à ce que je vous enseigne. » Non, il dit : « Écoutez ». C’est là que s’opère toute la différence. Écouter implique une action d’ouverture, d’attention à l’autre. Cela veut dire, soyons attentifs, disponibles et prenons en compte l’autre, reflet de l’image de Dieu.

En cette période difficile, durant laquelle nous sommes contraint·e·s à l’enfermement et avons l’impression de ne pas toujours déceler la lumière, c’est l’écoute, la rencontre, l’échange avec la singularité de l’autre, l’amour qui comptent.

C’est tout cela qui nous met en mouvement, nous transforme, nous métamorphose en continu. D’où l’intérêt de ne se contenter que d’une tente pour abri au lieu de désirer un pré carré clos qui nous empêcherait de rester en marche.

Au long de cette route, l’image qui nous accompagne est celle du Christ métamorphosé. Celle d’un homme, d’un ami qui parle à un ami, et qui nous relève quand nous tombons.

Collectif LGBT+ & Croyant·e·s Anjou

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