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Archive de l’étiquette Marie-Agnès

Pause méditation du 14 septembre 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

Les entrailles de Dieu

Je te loue, Seigneur, de n’avoir jamais donné de justification
au mal mais d’avoir, en lieu et place de tout discours, exposé
tes entrailles à la souffrance humaine

Je te loue, toi le Dieu incarné, de t’être affranchi des prisons
de nos théologies pour venir vivre
dans les limites que pose un corps, le vertige de l’insécurité

Je te loue, toi le Dieu d’ici et de maintenant,
de supporter la déchirure de la vraie compassion de laisser
à nos douleurs l’espace pour s’exprimer
sans nous pousser pour ton confort,
dans les bras d’une consolation préfabriquée

Je te loue, toi le Dieu de la délicatesse, d’avoir pour nos blessures
le respect d’un blessé
et d’ouvrir, dans le même temps, le cercueil
des jours où nous voulons nous enfermer.

Marion Muller Colard

passerelle, passage, Dieu

Pause méditation estivale du 24 août 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Je serai qui je serai. »
Exode 3, 14

Nous ne sommes plus
simplement seuls,
pliés sur nos colères
ou nos rancunes.

Mais reliés
à plus large
que nous :

un appel à être,
un appel de l’être,
qui est, qui était
et qui vient.

Survient alors
ce que nous n’avions pas
entendu,

une passerelle jetée
vers une autre profondeur,
vers un juste bonheur,

si nous osions
nous risquer
sur l’autre versant
de nos peurs.

C’est sur le sable du non-savoir
dans l’absolue nudité du croire,

que se tient la Présence
qui délivre de l’errance.

Il suffirait d’un rien
pour goûter à cet éblouissement.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

livre, été, Dieu

Pause méditation estivale du 17 août 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« S’ils me disent :
Quel est son nom ?
Que leur dirai-je ? »
Exode 3, 13

On s’en prend à Dieu
pour son silence,
son absence, son indifférence.

Pourquoi ce monde
si boiteux
et tant d’humains
malheureux ?

Pourquoi
cette impuissance
du Tout-Puissant ?

La question
est si ancienne
qu’elle en devient
sempiternelle.

On gagnerait
à la quitter
en s’ouvrant
à une autre démesure.

L’étonnement peut
avoir lieu aux marges
d’une conversation
ou d’une lecture.

Il arrive qu’on soit
emmené
par la justesse d’une pensée
ou la caresse d’une mélodie

qui soudain nous délivre
de nos rigidités
et nous ouvre
à une neuve porosité.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

épines, vie, combat, Dieu

Pause méditation estivale du 10 août 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Qui suis-je pour aller…? »
Exode 3, 11

On se construit
en se cognant,

à des parents,
à des lois,
à des événements.

Apprendre
à ne pas esquiver
ce combat.

Nous y sommes
de toute façon envoyés
par la voix embuissonnée
dans les épines.

Celle qui a foi
en nous
jusqu’à faire taire
nos frilosités

quand il s’agit
de débusquer
la violence
dont nous sommes traversés.

On voudrait parfois
que l’appel se détourne
et nous rende
à la tranquillité d’être.

Mais la voix est là
qui fait corps
avec notre glaise.

On ne l’esquive pas
impunément
car c’est elle
qui veille sur notre liberté.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides


Photo pxhere.com.

cailloux, construction, Dieu, équilibre, arche

Pause méditation estivale du 3 août 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« J’ai vu la misère de mon peuple. »
Exode 3, 7

On aimerait que vivre
aille de soi.

Que les cailloux fondent
et que l’amour réponde !

On voudrait aller
dans ses journées

le coeur accordé
et les gestes libres

dans la simple tranquillité
d’être ce que l’on est.

Quelquefois il est vrai,
le miracle s’accomplit.

Pour certains d’ailleurs
plus que pour d’autres.

On perdrait son temps
à questionner cette inégalité.

Regarder plutôt
vers cette clarté d’en haut

qui ne s’habitue pas
à nos obscurités.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

Pause méditation estivale du 27 juillet 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Me voici. »
Exode 3, 4

On sait si peu
le nom de Dieu,

seulement qu’il est
la question

et parfois une parole
au bout du silence.

On veut parler
et ce n’est déjà plus lui
que les mots emmènent.

Mais on parle
et c’est une trace.

Un jour pourtant,
on risque un
« Me voici. » .

C’est donc
que la rencontre a eu lieu

et que l’on consent enfin
à tutoyer le mystère !


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides



Photo de fdecomite, Traces dans le sable de l’exposition de robots au PASS (Mons, Belgique).

Pause méditation estivale du 20 juillet 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Moïse, Moïse ! »
Exode 3, 4

Seuls les familiers du désert
entendent,
car leur oreille est creusée
par le silence.

Ils ont appris
à se tenir proches
de ce qui les brûle
sans s’y consumer.

Pour recueillir
au fond d’eux-mêmes
la parole
d’avant le commencement

qui les place
dans l’infini de l’amour
en prononçant
leur nom.

Écouter son nom
est un avènement.

Comme une naissance
parmi les vivants.

Il n’est plus basse misère
que de jamais être nommé.

Beaucoup d’ailleurs
en meurent.

Mais on peut affiner son ouïe
et aller plus profond

chercher cette voix
incommensurable
qui porte à rebondir
sur l’ombre ou l’amertume.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

Pause méditation estivale du 13 juillet 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? »
Exode 3, 3

Risquer un détour
par ce qui interroge.

S’exposer à la question,
avant d’exiger la réponse.

La vie fait des signes
qu’il faut lire à genoux,

dans l’humilité de ceux
qui savent s’incliner.

Avancer lentement,
en accueillant ce qui vient,

la caresse
ou l’aiguillon !

Se savoir terreux
et prendre plaisir à cette racine.

La rencontre n’a lieu
que si l’on se baisse

pour dénouer
ses sandales.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

Pause méditation estivale du 6 juillet 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Je vais faire un détour. »
Exode 3, 3

S’étonner, détonner,
quitter la tonalité courante.

Et prendre le temps
des détours
qui rafraîchissent
le regard…

On peut partir
loin,
se laisser griser
par des saveurs d’ailleurs,

mais
on peut rester
et faire en soi
le chemin.

Là où se tiennent
les résistances
et les broussailles
très anciennes.

On va et on vient
dans sa vie.

Des allées et venues
qui nous tiennent,
nous maintiennent.

Mais si l’urgence cesse ?
Si le temps s’impose soudain
comme une page
blanche ?

S’y dessine alors
l’incontournable appel
à marcher pieds nus
dans le souffle des jours.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

Pause méditation du 29 juin 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« La joie réside dans une mémoire de l’éternité.
Nous sommes vivants. Réels. »

La joie est un regard divin posé sur le monde,
tout comme un regard divin posé sur le monde
est toujours un regard joyeux…
Tout être est porté par la vie.
Tout être est donc, à ce titre,
porté par un élan d’éternité,
le souffle de ce qui est
étant antérieur à tout ce qui est.

Quand on ne voit plus que soi,
on tend à oublier ce souffle.
On ne finit par ne plus voir qu’une vie
allant irréductiblement vers la mort
et donc vers l’échec.

La joie réside dans une mémoire de l’éternité.
Nous sommes vivants. Réels.
Pourquoi la vie qui nous a rendu ainsi vivantes et réels
devrait-elle nous abandonner ?
Le réel peut-il cesser d’être réel ?


Bertrand Vergely

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