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Archive de l’étiquette Marie-Agnès

Pause méditation estivale du 13 juillet 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? »
Exode 3, 3

Risquer un détour
par ce qui interroge.

S’exposer à la question,
avant d’exiger la réponse.

La vie fait des signes
qu’il faut lire à genoux,

dans l’humilité de ceux
qui savent s’incliner.

Avancer lentement,
en accueillant ce qui vient,

la caresse
ou l’aiguillon !

Se savoir terreux
et prendre plaisir à cette racine.

La rencontre n’a lieu
que si l’on se baisse

pour dénouer
ses sandales.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

Pause méditation estivale du 6 juillet 2020

Une méditation estivale proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Je vais faire un détour. »
Exode 3, 3

S’étonner, détonner,
quitter la tonalité courante.

Et prendre le temps
des détours
qui rafraîchissent
le regard…

On peut partir
loin,
se laisser griser
par des saveurs d’ailleurs,

mais
on peut rester
et faire en soi
le chemin.

Là où se tiennent
les résistances
et les broussailles
très anciennes.

On va et on vient
dans sa vie.

Des allées et venues
qui nous tiennent,
nous maintiennent.

Mais si l’urgence cesse ?
Si le temps s’impose soudain
comme une page
blanche ?

S’y dessine alors
l’incontournable appel
à marcher pieds nus
dans le souffle des jours.


Francine Carrillo
Vers l’inépuisable, 52 traversées pour 52 semaines
Éditions Labor et Fides

Pause méditation du 29 juin 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« La joie réside dans une mémoire de l’éternité.
Nous sommes vivants. Réels. »

La joie est un regard divin posé sur le monde,
tout comme un regard divin posé sur le monde
est toujours un regard joyeux…
Tout être est porté par la vie.
Tout être est donc, à ce titre,
porté par un élan d’éternité,
le souffle de ce qui est
étant antérieur à tout ce qui est.

Quand on ne voit plus que soi,
on tend à oublier ce souffle.
On ne finit par ne plus voir qu’une vie
allant irréductiblement vers la mort
et donc vers l’échec.

La joie réside dans une mémoire de l’éternité.
Nous sommes vivants. Réels.
Pourquoi la vie qui nous a rendu ainsi vivantes et réels
devrait-elle nous abandonner ?
Le réel peut-il cesser d’être réel ?


Bertrand Vergely

Pause méditation du 22 juin 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Ce temps n’a pas disparu.
Il est en toi, indestructible. »

Il fut un temps où la nature fortifiait l’homme, l’instruisait, guérissait ses blessures et lui procurait la force de vivre.

Il était empli de compassion et d’amour maternel pour la terre.
Il savait que le cœur de l’homme éloigné de la nature se dessèche et devient dur.

Ce temps n’a pas disparu.
Il est en toi, indestructible.
Il suffit de modifier ton regard sur les choses, de faire taire le vacarme du monde et de retrouver la parole du cœur.

Aujourd’hui, les vastes solitudes ont été peuplées par des villes puissantes.
Mais les étoiles restent à la même place dans le ciel et le soleil se lève toujours.

Apprends à contempler ce qui ne change pas, autour de toi, mais aussi à l’intérieur de toi-même, et tu retrouveras l’unité perdue, la sagesse de l’esprit et la santé du corps…


Sagesse amérindienne

Pause méditation du 8 juin 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Apprends-moi la bienveillance qui voit le bien avant tout »

Seigneur,
Apprends-moi la douceur,
cette vertu aimable dans les peines
comme dans les joies,
dans l’amitié blessée
comme dans la fidélité heureuse.

Ouvre-moi les yeux,
Ouvre-moi le coeur,
pour que je puisse voir et aimer
tous ceux et celles, que je rencontre,
et qui auraient besoin
de mon amitié, de mon sourire.

Inspire-moi la douce parole
qui ranime, qui relève, qui console
qui encourage, qui fortifie.

Aide-moi à fermer les yeux
devant toute ingratitude,
à donner sans recevoir,
à m’oublier moi-même
pour ne penser qu’au bonheur des autres,
à garder pour moi mes chagrins
et mes soucis pour ne pas en faire un fardeau pour autrui.

Apprends-moi la bienveillance qui voit le bien avant tout,
la patience qui sait attendre et pardonner,
la prévenance attentive qui court au-devant
des désirs et devance les demandes.

Fais que mon influence entraîne
à la vérité, à la bonté et à la beauté,
ceux et celles qui font route avec moi sur le chemin.
Que ma vie, unie à la tienne, témoigne de ton bonheur.


Auteur·e inconnu·e

Pause méditation du 25 mai 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Me voici »

Rien d’autre que : Me voici.

Un Me voici peuplé de tout ce qui est,
loyal, qui ne fait plus d’histoire, qui vient
au rendez-vous avec ses mondes,
environné des soucis du jour, des visages.
Qui se prend tout entier pour aller mais
qui ne tient rien en laisse. Dépouillé de tout
jugement, dé-préoccupé de soi, de plus
en plus simple, de moins en moins comptable.

Un Me voici ouvert vers devant,
ouvert en dedans, qui ne connaît pas de fin.

Me voici à chaque teinte des jours.
Me voici, je viens.
Me voici là, j’arrive.

Je suis là.

Me voici.
Ne me perds pas.
Touche-moi beaucoup.
Je viens prendre ton air, Dieu inconnu,
et t’ouvrir le mien.

Où nos souffles s’épousent,
je viens apprendre à vivre.


Marie-Laure Choplin

Pause méditation du 11 mai 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Retrouve les senteurs
De ce pays sans âge
Dont tu es le berger. »

Ce que tu ne crois plus
Fais-en une clarté
Un désert qui te sauve
Une brûlante absence
Une voie bondissante
Une arche inversée
Un paradis perdu
Un geste qui réchauffe
Une tempête apaisée.

Abrite ses silences
Escorte ses rumeurs
Retrouve les senteurs
De ce pays sans âge
Dont tu es le berger.

Cela qui n’éclaire plus
Qui ne dit plus pour toi
La source et le secret
Fais-le rire au présent
Donne souffle à ses rêves
Sois le feu qu’il engendre
L’éclat de ses possibles
La foudre des matins.

Aujourd’hui sois le vent
Sois promesse d’azur
Et fiancé du torrent
Et blessure d’amour
Clameur du vivant !


Jean Lavoué


Découvrez le site Enfance des arbres.

Pause méditation du 27 avril 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

« Devenez des artisans de la parole. »
Jacques 1,22

Se tenir
dans une extrême présence,

une veille
de chaque instant

pour sortir
du prêt-à-porter

d’un langage
qui dispense

de porter soi-même
le travail de la parole.

Car la parole est
à confectionner

dans la patience
de l’artisan.

Subtil ouvrage
à remettre sans fin

sur le métier
des jours,

dans l’amour
et dans l’humour.

On s’y blesse,
comme à tout labeur essentiel.

On y apprend
l’endurance et l’humilité.

Mais on y reçoit
aussi la vie

en surabondance

et l’offrande immense
qu’elle nous fait des autres.


Françoise Carillo

Pause méditation du 24 février 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

Laisse en ciel ton regard

Les grands remous provoquent l’âme,
ils l’obligent à se révéler.

Toute éclosion naît d’une secousse,
tout envol, d’un geste personnel.

La sérénité ne pousse pas au ras du sol,
elle prend racine au ras du ciel
et installe en nous son azur.

Au cœur de toute chose résonne la divinité,
mais il faut savoir écouter le silence
pour vibrer de son écho.

Les instants les plus intenses
sont ceux où la parole se tait,
parce que les mots sont devenus trop petits.


Claire Silvera Rochon
Laisse en ciel ton regard (extrait)
Éditions du Vermillon, Québec

Pause méditation du 10 février 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

La danse de la vie

S’il y a beaucoup de saintes gens qui n’aiment pas danser,
Il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser,
Tant ils étaient heureux de vivre :
Sainte Thérèse d’Avila avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras,
Et Saint François, devant le pape.

Si nous étions contents de vous, Seigneur,
Nous ne pourrions pas résister
A ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner
Quelle danse il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.

Car je pense que vous en avez peut-être assez
Des gens qui, toujours, parlent de vous servir
Avec des airs de capitaines,
De vous connaître avec des airs de professeurs,
De vous atteindre avec des règles de sport,
De vous aimer comme on s’aime dans un vieux ménage.

Un jour où vous aviez un peu envie d’autre chose,
Vous avez inventé Saint François,
Et vous en avez fait votre jongleur.
A nous de nous laisser inventer
Pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous.

Faites-nous vivre notre vie,
Non comme un jeu d’échecs où tout est calculé,
Non comme un match où tout est difficile,
Non comme un théorème qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle,
Comme un bal, comme une danse,
Entre les bras de votre grâce,
Dans la musique universelle de l’amour.
Seigneur, venez nous inviter.

Madeleine Delbrêl (1904-1964)

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