« Maintenant mon amertume s’est changée en bonheur, car tu m’as aimé assez pour m’éviter la mort ; tu as jeté toutes mes fautes loin derrière toi. » Ésaïe 38, 17.
Homothérapies, conversion forcée, le film-documentaire de Bernard Nicolas, qui sera diffusé sur Arte le mardi 26 novembre prochain en prime time, Dieu est amour, le livre de Jean-Loup Adénor et de Timothée de Rauglaudre : ma vie est exposée en ces jours.
Hier, lors d’un dialogue dans une classe de première, une lycéenne me posait la question suivante : « Vous faites preuve d’une grande humanité, d’où cela vient-il ? »
Après l’avoir remercié, je lui ai confié ceci :
« Je n’ai jamais oublié les nuits sans sommeil où je pleurais amèrement, en espérant ne plus être attiré par la beauté du corps des hommes, je n’ai jamais oublié la longue période où j’ai été harcelé au collège, au lycée, je n’ai jamais oublié ces jours, ces nuits où mon seul objectif était d’en finir avec cette vie irrespirable…
Je n’ai rien oublié comme un grand brûlé ne peut pas oublier ses brûlures…
Aujourd’hui, par ma confiance en Jésus le Christ, par l’Amour, par l’Amitié, par la Fraternité en Communion Béthanie, mes larmes sont devenues source d’une humanité fragile mais paisible. Mon amertume s’est comme transformée en chemin de paix. »
En voyant les regards (et même les larmes) de ces jeunes face à moi, j’ai la naïveté de croire que « mon message » est passé !
Lorsque l’on plonge le théâtre dans le noir, on laisse toujours allumer une lampe. Cette veilleuse se nomme la servante.
Merci à Dieu, merci à la Vie, car en regardant en arrière et surtout en avant, je crois que « la servante » a toujours été là, qu’elle sera toujours discrètement présente. Là est mon espérance !
« La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas étouffée. » Jean 1, 5.
Chercheur de lueur, là est peut-être ma vocation ?!
Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Dans le cadre de nos parcours d’engagement, j’ai eu la joie de vivre, il y a quelques heures, une rencontre entre des lycéens d’une de nos classes de seconde et des personnes de la communauté de l’Arche de Jean Vanier.
Une rencontre humaine, « terriblement humaine » comme le dit très souvent une amie moniale lorsqu’elle me parle de la démarche chrétienne.
Échanges, préparation et partage du repas.
Je garde chaleureusement dans mon cœur ces visages, ces rires, ces cris, ces paroles, ces silences et surtout ces regards.
Jean Vanier disait souvent que la vie à l’Arche avait fait surgir du plus profond de ses entrailles « le cri primal » :
« Suis-je aimable ? Suis-je aimé ? »
Personne portant un handicap visible ou personne portant un handicap invisible, nos regards, ce soir-là, exprimaient, me semble-t-il, « ce cri primal »…
Marchant dans les rues de Montpellier, alors que je reconduisais une de nos lycéennes à l’internat, je me suis souvenu de cette parole de la philosophe Simone Weil :
« Ce n’est pas à la façon dont un homme parle de Dieu que je vois s’il a séjourné dans le feu de l’Amour divin…, mais c’est à la manière dont il me parle des choses terrestres. »
Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

En ce jour où notre grand et cher ami, Frère Charles, nous a quittés pour rejoindre la Maison du Père, nous ne pouvons que rendre grâce pour tout l’amour qui rayonnait sur son visage et révélait l’immense tendresse de son cœur.
Notre première rencontre remonte au 4 octobre 1972, en la fête de Saint François d’Assise, en l’Abbaye du Bec Hellouin, alors qu’il venait d’entrer dans l’Ordre des Bénédictins du Mont Olivet.
Quelques années plus tard, il fera partie de la petite équipe de Frères et de Sœurs qui reviendront fonder l’Abbaye Notre Dame de la Résurrection à Abou Gosh, au lieu dit de l’Emmaüs des Croisés, en Israël.
Délicatement proche de chacun et de chacune, il avait une prédilection pour celles et ceux qui, en raison de leur homosensibilité et de leurs différences de genre pouvaient se sentir exclu(e)s ou en souffrance dans leurs relations au monde et à leurs communautés d’Église.
Cette discrète et intense proximité, qui était la sienne, n’a cessé de renforcer les relations d’amitié fraternelle nées entre nous deux et qui m’ont aidé à guérir de bien des blessures subies au sein de l’Église.
Mais ce qui restera gravé a tout jamais au plus profond de mon être, ce sont les moments si lumineux que j’ai eu la grâce de vivre à son chevet à l’hôpital lors des dernières fêtes pascales au cours desquels nous avons eu des échanges fraternels d’une profondeur sans égale mais où l’humour n’était jamais absent.
Avec lui nous pouvons, désormais, chanter au Seigneur :
« Mon âme se
repose en Paix sur Dieu seul, de Lui vient mon Salut!
Oui sur Dieu seul mon âme se repose, se repose en Paix! »
Au nom de Jean-Michel Dunand, Bernard, un frère de la Communion Béthanie