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Message du prieur

Je tiens dans la foi grâce à la présence amicale de sœurs, de frères, de la terre et des cieux

Eu égard aux circonstances que nous vivons, nous ne nous retrouverons pas pour notre retraite d’été, en juillet prochain.
Ceci-dit, notre proximité demeure et s’intensifie, par le coeur et par la prière.
Comme il m’arrive de le dire régulièrement : – et ce n’est pas une formule de style ! –

« Toi qui veilles en la nuit,
Joyeuse est ta lumière !
Tu es la lampe qui brûle et qui luit
Jusqu’à l’Aube attendue
Depuis des siècles.

Tu précèdes le jour,
Tu portes l’espérance ;
Éclaire l’humanité en sa quête d’amour
Et ramène son cœur
À l’innocence.

À la Pâque de Dieu
Prépare notre terre !
Tu nous annonces un baptême de Feu :
Qu’il embrase la vie
De tous les êtres !
»

Ainsi l’Église s’adresse à saint Jean le Baptiste, au jour de sa fête.

« Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes sœurs, tes frères. »
Luc 22, 32.

Pour des raisons personnelles, pour d’autres raisons aussi, ma confiance, ma foi en l’Église est mise à dure épreuve ces derniers mois.
Et pourtant… j’aime l’Église : la communauté des ami.es de Jésus, l’humanité, toute la création infiniment aimée.

Je tiens dans la foi grâce à la présence amicale de sœurs, de frères, de la terre et des cieux.

Parmi eux Frère Roger et Jean XXIII.
Je relis souvent, en ces heures, ce bref texte émanant de la communauté œcuménique de Taizé :

« Frère Roger a compris très tôt dans sa vie que, pour transmettre l’Évangile aux jeunes, une réconciliation des chrétiens était essentielle. Après Jean XXIII et le Concile Vatican II, il a considéré que le temps de la réconciliation était venu. Il a souvent raconté que, lors de sa dernière rencontre avec Jean XXIII, en 1963, il avait tenu à entendre du pape un testament spirituel et l’avait interrogé sur la place de Taizé dans l’Église. Jean XXIII avait répondu, faisant de ses mains des gestes circulaires : « L’Église catholique est faite de cercles concentriques toujours plus grands, toujours plus grands. » Le pape n’a pas précisé dans quel cercle il voyait Taizé mais Frère Roger a compris que le pape voulait lui dire : vous êtes déjà à l’intérieur, continuez simplement sur ce chemin. Et c’est ce qu’il a fait. »

Parmi eux aussi, notre sœur Véronique Margron op, qui écrivait ces jours derniers :

« Aujourd’hui, si l’Église, habitée de l’Esprit de sagesse et de conseil, est appelée à pouvoir à nouveau se rassembler, elle est d’abord, je le crois, convoquée à sortir pour se rendre présente à ce temps douloureux, à celles et ceux que tenaillent la peine, la douleur de vivre, l’angoisse du lendemain, le sens de l’existence. Quitter trop d’habitudes, de façons de faire trop codées peut-être, de langages sans doute, pour se retourner vers ce temps éprouvé. L’Église, au souffle de l’Esprit de consolation et d’audace, ne peut se retrouver si elle ne s’est pas avant tout dispersée en faveur de tous. Elle existe pour se donner. On ne connaît que ceux à qui on se donne. On ne connaît que ce qui enflamme et brûle une vie. »

Ensemble tenons.

L’Évangile est attendu, comme une source d’eau vive.
Même si c’est parfois de nuit, marchons en Église.
Avançons encore, continuons encore sur ce chemin.
Nous sommes à l’intérieur, pour être dispersés en faveur de toutes, de tous, en particulier, en faveur des personnes transgenres et homosensibles.

Au seuil de cette été, alors que nous fêtons le Précurseur, je vous redis ma proximité cordiale.


Jean-Michel+,
frère prieur de la Communion Béthanie.

Pentecôte 2020 : naphtaline ou mite ?

« La question est : que garder de bon, de juste, de vrai de tous ces lieux et mouvements qui ont été si influents dans l’Eglise ces cinquante dernières années ? …
Cela me travaille au plus profond depuis dix-huit ans : que faut-il en garder ?
»
Ainsi s’exprime mon ami Christophe Rémond.

« Que faut-il en garder ? »
Cette question ouverte me traverse de part en part.

En cette fête de Pentecôte 2020, je ne veux plus me gargariser de formules pieuses usées jusqu’à la corde, de certitudes du type : telle onction sur cette personne, sur cette communauté ! Je suis certain que l’Esprit-Saint inspire vraiment cette œuvre !

Qui sait où souffle Celui qui, au dire de Jésus, est comme le vent ?

« Tu ne sais ni d’où il vient
ni où il va. »

Jean 3, 8.

Je ne veux plus me retrouver -par respect pour ma santé mentale et physique- dans des espaces qui sentent la naphtaline !

L’Esprit-Saint me semble être comme une mite puissante.

Il me semble préférer les trous qui laissent entrevoir la splendeur, la fragilité de notre humanité à l’impeccabilité de nos oripeaux ecclésiaux.

Je rejette fermement aujourd’hui, cette idée, qui m’a longtemps formatée : « notre culture contemporaine est une culture de mort… »

Modestement, je crois que Dieu s’exprime à chaque fois qu’une personne se met debout pour vivre dans la liberté de sa conscience humaine.

Sur un projet et des idées, Madame Marie Cau vient d’être élue maire de Tilloy-lez-Marchiennes, petite commune de 550 habitants dans la région des Hauts-de-France.

« Chère Madame la Maire,
Vous êtes la première personne transgenre élue première magistrate d’une commune en France.
Je vous présente mes sincères félicitations.
Loin de moi, l’idée de vous instrumentaliser.

Ceci-dit, comme frère en Communion Béthanie, (fraternité de prière œcuménique au service de toutes, de tous, en particulier au service des personnes transgenres et homosensibles), je vois dans votre élection un appel de l’Homme de Nazareth.

Jésus dont la manière d’être vivant me rend vivant, dont la manière d’être vivant me met debout au service de la famille humaine.

Dans le service de vos concitoyens, ma prière vous accompagne. »

Pentecôte 2020

Marie Cau, tant de femmes et d’hommes portent l’avenir de ce monde.
Là, je contemple l’action à la fois discrète et forte de l’Esprit-Saint.

Je reçois, dans un élan renouvelé, cette citation de Antonia Susan Byatt :
« Nous sommes définis par les lignes que nous décidons de traverser ou d’accepter comme frontières. »

Je reçois, dans un élan renouvelé, ce chant chrétien de mon enfance :
« Allez-vous-en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous-en sur les places y chercher mes amis …
Et soyez mes témoins chaque jour.
»


Jean-Michel+, votre frère.

Message du prieur · 23 mars 2020

Un temps kairos

Chères sœurs, frères, ami·e·s,

Frère de la Communion Béthanie, le cœur de ma vocation, c’est d’être là, sans réponse théologique toute faite, sans stratégie pastorale préétablie, sans influence, sans prière préfabriquée, sans bruit.

Nous vivons, me semble-t-il, un temps kairos (le temps du moment opportun), un temps qui, à la différence du temps chronos (une durée de temps), offre de la profondeur, de la densité à l’instant.

En ce temps kairos, je demeure modestement à votre écoute.
Je m’engage à répondre à chacun de vos messages, via l’adresse mail de notre Communion Béthanie : communion.bethanie@gmail.com

Précieusement, je garde dans mon esprit ce conseil, donné par un moine de l’Abbaye Notre-Dame de Tamié, lorsque j’avais 14 ans :
« Tu as deux oreilles et une bouche.
C’est le signe que tu dois écouter deux fois plus que tu ne parles. »

J’essaye de vivre ce conseil monastique, chaque jour depuis mon adolescence, et d’une manière particulière dans notre aujourd’hui.

« Chema Israël. Écoute Israël. »
Deutéronome 6, 4

« Écoute » : premier mot de la règle monastique de saint Benoît.

Il y a quelques temps, sur les réseaux sociaux, j’exprimais mon vif désir de voir advenir un synode national au sein de notre Église qui est en France, la grande Église Universelle, comme le disait souvent notre Frère Roger de Taizé.

En même temps, j’exprimais le vif désir que nous vivions, en Église, une cure de silence.

La cure du silence nous est imposée et paradoxalement offerte…
A nous de ne pas la combler par des petites dévotions, comme les appelait sainte Thérèse de Jésus, ni par des épouvantails religieux, comme les nommait un ami prêtre.
A nous de la combler par la méditation de La Parole.
A nous de l’emplir du silence de la Source.

Le synode national où la parole doit maintenant être pleinement libérée, j’engage notre Communion Béthanie a en être, à sa juste place, actrice et espace. Je l’espère de tout mon cœur.

Écoutons ensemble ce que l’Esprit-Saint murmure en ces heures…
Merci.

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Message du prieur · 14 mars 2020

Charité, proximité…

Chers sœurs et frères,

En ces heures d’annonce qui impacte notre quotidien, je me permets de venir vers vous, non pour rajouter une consigne aux consignes, mais pour vous exprimer mon intense et réelle proximité.

Je nous invite à veiller, dans la prière et l’attention fraternelle.

Que notre charité se fasse inventive !

Chacune, chacun, trouvera comment, par quels moyens exprimer sa proximité à ses sœurs, à ses frères, particulièrement aux membres de nos familles, de notre Communion Béthanie déjà fragilisés dans leur santé, aux membres de nos familles de cœur, dont ceux de notre Communion Béthanie plus âgés, à nos ami·e·s isolé ·e·s…

« Tu vois, nos tourments, nos peurs,
Sois pour nous rocher et horizon de paix, de confiance.
»

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Journée du Coming out du 11 octobre 2019

En ce vendredi 11 octobre « coming out day », notre Communion Béthanie est heureuse de vous offrir un entretien de notre frère prieur, Jean-Michel, avec la journaliste de « La Vie », Sophie Lebrun. Interview réalisé suite à la publication du livre : « Dieu est amour ».

Si « coming out » signifie « sortir » , voici « une parole en sortie ! »,
Une parole qui cherche, une parole qui ne prétend pas posséder la vérité.
Car…, si nous avons la vérité, il ne reste plus rien aux autres !
Une parole qui, en Église, n’offre pas des certitudes mais un questionnement.
Une parole qui ouvre un chemin de rencontre avec Jésus le Christ.
Lui qui, comme pour son ami Lazare, nous invite chaque jour au « coming out » : « viens dehors pour vivre… »

Message de rentrée septembre 2019

Ami-es, sœurs, frères,

Chaque matin, lorsque je passe sous le porche de « mon lycée », je me souviens de ce verset de saint Jean :

« Si quelqu’un dit : j’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » 1 Jn 4, 20

En effet, je peux prêcher Dieu, adopter toutes « les postures spirituelles inimaginables », si je n’aime pas les jeunes, les adultes de mon établissement scolaire, je ne suis pas au service du rayonnement de l’Évangile, je suis un menteur.

J’ai une conscience de plus en plus vive de l’exigence de cette mission d’adjoint en pastorale scolaire.
C’est vraiment pour moi le lieu de ma conversion quotidienne à l’amour-don.

Depuis plus de vingt ans, lorsque je passe sous le porche de « mon lycée », je lis : « Institution Notre-Dame de la Merci ».
Je ne vous cache pas que jusqu’à l’hiver dernier, j’étais très mal à l’aise avec le mot « institution ».
Jusqu’à ce que je découvre une des origines latines de ce mot :
« stare » ce qui signifie : se tenir debout.

Que se soit au sein de l’enseignement catholique ou au sein de notre Communion Béthanie, je désire être au service de la croissance, du déploiement des jeunes, des adultes.

Se tenir debout n’est-pas le signe de la résurrection ?
Une personne debout, c’est une personne qui en-visage, qui s’engage, qui crée un nouveau rapport avec « le reste » du vivant… 

Je débute cette nouvelle année scolaire à Montferrand-le-Château par un pèlerinage avec les ami-es du bienheureux Jean-Joseph Lataste.
Ce frère dominicain m’inspire, nous inspire.
Il a aimé, non avec des discours, mais en actes.
Il a fondé « une institution », un élan de Miséricorde, où des femmes et des hommes ressuscitent, se tiennent debout.

En Jésus le Christ, je nous souhaite d’accueillir un cœur très aimant, « un stare », l’humilité et l’audace de la semence.
Je vis ce pèlerinage dans cet élan, dans ce désir de fond.

en 2018 à Montferrand-le-Château

Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

Weekend inter-spirituel des 21 et 22 décembre 2019

Chers ami-es,

Je suis heureux de vous inviter à un temps inter-spirituel.
Il se vivra chez nos Sœurs du Cénacle à Versailles du samedi 21 décembre 2019 (11h) au dimanche 22 décembre 2019 (14h 30).
Avec mes amis et frères Federico (bouddhiste) et Ludovic-Mohamed (musulman) nous vous invitons à ce temps de simple rencontre, de partage, de méditation, de prière, de brefs apports de notre part.

TOUT SIMPLEMENT! : pourrait-être notre thème.

Merci de vous inscrire directement auprès de notre sœur Loan : loanabc@hotmail.fr

Merci à Loan et bientôt à Laetitia! de veiller sur ce temps inter-spirituel. Loan vous fera parvenir une nouvelle invitation en septembre prochain.

Je souhaitais vous faire parvenir cette première invitation avant la pause estivale… (le lieu d’accueil de nos Sœurs du Cénacle est vite plein!)

Très fraternellement et chaleureusement,
Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

Des vies qui ne servent à rien !? – Message fraternel de notre prieur du 14 juillet 2019

Des vies qui ne servent à rien…!?

Pour la qualité, pour la délicatesse de votre accueil, merci chère Sœur Annunciata, merci chères Sœurs Clarisses.

Une moniale, un moine, une ou un ermite, ça ne sert à rien !?

Un chemin qui n’est pas performant, un chemin qui n’est pas rentable, à quoi cela peut-il bien servir dans le monde qui est le nôtre ?

Une fois de plus, lors de cette retraite spirituelle personnelle, je viens d’être ramené à l’essentiel :

  • une vie de prière et donc une vie de foi. « Ni écran de fumée, ni superstition de bazar, mais l’invincible Espérance chevillée au corps » comme l’écrivait le bienheureux moine, Christian de Chergé.
  • une vie de travail, une vie sobre et donc une vie réaliste, attentive à l’instant présent, attentive aux plus petits détails.
  • une vie fraternelle et donc une vie exigeante. Loin de tout sentimentalisme hors-sol, il s’agit d’apprendre à aimer l’autre, d’apprendre à durer dans l’amour.
  • une vie, non pas loin du monde, mais à côté du monde pour mieux écouter ses joies, ses espoirs, sa souffrance, ses cris…

Depuis sa fondation, j’ai souhaité, pour notre Communion Béthanie, un monachisme de cœur, vécu en plein monde.

Pourquoi ?
Pour que notre Communion Béthanie ne serve à rien !!!
Je lui souhaite de devenir un espace où toutes personnes, particulièrement les personnes transgenres et homosensibles puissent expérimenter la gratuité.

C’est tout !?
Oui, c’est tout car le reste appartient à Jésus le Christ.
S’Il souhaite faire de cette gratuité un lieu de rencontre avec Lui, un lieu de fécondité, c’est son affaire… !

Donc c’est tout !
Dans quelques jours, notre Communion Béthanie vivra sa retraite d’été à Strasbourg.
Merci de prier avec nous et pour nous.

C’est vraiment tout !!!
Jean-Michel+, votre frère en Communion Béthanie


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