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Archive de l’étiquette Jean-Michel Dunand

Message du prieur · 23 mars 2020

Un temps kairos

Chères sœurs, frères, ami·e·s,

Frère de la Communion Béthanie, le cœur de ma vocation, c’est d’être là, sans réponse théologique toute faite, sans stratégie pastorale préétablie, sans influence, sans prière préfabriquée, sans bruit.

Nous vivons, me semble-t-il, un temps kairos (le temps du moment opportun), un temps qui, à la différence du temps chronos (une durée de temps), offre de la profondeur, de la densité à l’instant.

En ce temps kairos, je demeure modestement à votre écoute.
Je m’engage à répondre à chacun de vos messages, via l’adresse mail de notre Communion Béthanie : communion.bethanie@gmail.com

Précieusement, je garde dans mon esprit ce conseil, donné par un moine de l’Abbaye Notre-Dame de Tamié, lorsque j’avais 14 ans :
« Tu as deux oreilles et une bouche.
C’est le signe que tu dois écouter deux fois plus que tu ne parles. »

J’essaye de vivre ce conseil monastique, chaque jour depuis mon adolescence, et d’une manière particulière dans notre aujourd’hui.

« Chema Israël. Écoute Israël. »
Deutéronome 6, 4

« Écoute » : premier mot de la règle monastique de saint Benoît.

Il y a quelques temps, sur les réseaux sociaux, j’exprimais mon vif désir de voir advenir un synode national au sein de notre Église qui est en France, la grande Église Universelle, comme le disait souvent notre Frère Roger de Taizé.

En même temps, j’exprimais le vif désir que nous vivions, en Église, une cure de silence.

La cure du silence nous est imposée et paradoxalement offerte…
A nous de ne pas la combler par des petites dévotions, comme les appelait sainte Thérèse de Jésus, ni par des épouvantails religieux, comme les nommait un ami prêtre.
A nous de la combler par la méditation de La Parole.
A nous de l’emplir du silence de la Source.

Le synode national où la parole doit maintenant être pleinement libérée, j’engage notre Communion Béthanie a en être, à sa juste place, actrice et espace. Je l’espère de tout mon cœur.

Écoutons ensemble ce que l’Esprit-Saint murmure en ces heures…
Merci.

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Message du prieur · 14 mars 2020

Charité, proximité…

Chers sœurs et frères,

En ces heures d’annonce qui impacte notre quotidien, je me permets de venir vers vous, non pour rajouter une consigne aux consignes, mais pour vous exprimer mon intense et réelle proximité.

Je nous invite à veiller, dans la prière et l’attention fraternelle.

Que notre charité se fasse inventive !

Chacune, chacun, trouvera comment, par quels moyens exprimer sa proximité à ses sœurs, à ses frères, particulièrement aux membres de nos familles, de notre Communion Béthanie déjà fragilisés dans leur santé, aux membres de nos familles de cœur, dont ceux de notre Communion Béthanie plus âgés, à nos ami·e·s isolé ·e·s…

« Tu vois, nos tourments, nos peurs,
Sois pour nous rocher et horizon de paix, de confiance.
»

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 23 janvier 2020

« Silere non possum ! »
« Je ne peux pas me taire ! »
Saint Augustin

Voilà « une souffrance en forme de millefeuille », voilà une souffrance encore tellement cachée : la souffrance des religieuses, religieux, pasteurs, diacres, prêtres, évêques homosensibles.

J’ose la métaphore du « millefeuille » car cette souffrance se vit à plusieurs niveaux, sur de nombreuses couches, la plus lourde étant sans doute le glaçage du dessus, le glaçage superficiel.

En effet, peu vivent sereinement cette sensibilité, cette orientation affective, cette sexualité.
Depuis plusieurs années, je reçois régulièrement des confidences douloureuses, des confidences angoissées.

Dans l’Église catholique romaine, depuis 2005 et l’Instruction qui demande de ne pas ordonner prêtres des candidats ayant des tendances homosexuelles profondes, il n’y a plus « normalement » de jeunes prêtres, de séminaristes gays !
Force est de constater que cela est faux.
Et je ne parle pas ici de ceux qui ont été ordonnés avant 2005!!

« Souffrance millefeuille » :

  • Solitude affective et donc corporelle,
  • Écartèlement entre une promesse de célibat et la réalité vécue,
  • Angoisses face aux amalgames avec la pédocriminalité, amalgames récurrents au sein des communautés ecclésiales,
  • Peur panique d’être dénoncé, parfois par des sœurs, des frères,
  • Addictions diverses : à la pornographie, à l’alcool, à la nourriture, à un emploi du temps « surbooké », au pouvoir,

Vous me direz peut-être que je dresse un tableau bien sombre.
Malheureusement, ce sont les réalités que j’essaye d’écouter.

À ma connaissance, ici en France, seuls nos ami-es de « Devenir Un En Christ » et de « David et Jonathan » offrent des espaces d’écoute, de parole aux religieuses, aux religieux, aux ministres ordonnés homosensibles.

Dans cette situation précise où elle s’avère mortifère, il me semble urgent de quitter cette loi du silence.

Proposer toutes les solutions n’est pas dans mon domaine de compétence.

J’invite à la prière, car une fois de plus : « Rien n’est plus responsable que de prier » Frère Roger de Taizé.

J’invite les communautés chrétiennes à créer des lieux, des espaces de parole vraiment bienveillant, c’est à dire, qui veille sur le bien de l’autre, qui prend soin de l’autre.

Je nous invite à en parler, car la parole apaise la colère, la parole respectueuse et délicate laisse entrevoir un horizon paisible.

Sinon, je crains fort que ce « millefeuille » provoque une très grave indigestion et se transforme en colère intestine..

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 28 décembre 2019

Je crois en un bébé sur de la paille !

Cette fête de Noël 2019 revêt pour moi une saveur singulière :

  • Depuis plusieurs mois, ma vie est comme traversée par les confidences d’ami·e·s très cher·e·s, victimes d’abus sexuel, de conscience, d’emprise, au sein de l’Église.
  • Depuis plusieurs semaines, ma vie est exposée dans les médias.

Je me donne le temps de vivre ce temps, sans brûler les étapes intérieures.
Je me donne le temps de contempler ce bébé.
Il vient semer l’Amour, il récoltera, au fil des siècles, de l’amour, de la haine…
Devant son extrême fragilité, je « craque ».
De mon cœur sur mes lèvres monte un léger et fort chant de gratitude.

Gratitude envers Daniel avec qui je partage ma vie, avec qui j’apprends à aimer dans l’humble quotidien. Aux grandes déclarations d’amour, je préfère ces petits riens qui m’aident à croître dans la tendresse, « en actes et en vérité ».

Gratitude envers ma sœur Nathalie, envers ma famille, mes intimes. Ils sont là dans une délicate qualité de présence, tout simplement.

Gratitude envers mes sœurs, mes frères, mes ami·e·s en Communion Béthanie. Ensemble, nous apprenons à vivre le Cœur de l’Église : l’alliance où je ne dis plus jamais « je » sans penser en « nous ».

Gratitude envers « mes » élèves, mes collègues du lycée Notre-Dame de la Merci.
Avec vous, je découvre que quelque chose de l’Être aimé finit par transparaître en moi, si je cherche chaque jour, la bonté, la simplicité, la douceur.

Gratitude envers Bernard, Olivier, Timothée, Jean-Loup, Véronique, Benoît, les équipes d’Arte, Victor, Smith…, les équipes du Monde Magazine, de La Croix, de La Vie, de Elle, de RCF, … Madame la députée Laurence Vanceunebrock, Monsieur le député Bastien Lachaud. Gratitude envers vous qui avez témoigné tant de respect, de bienveillance, à mon égard, ces jours derniers.

Car l’amour va jusque-là… : gratitude envers vous qui avez caricaturé mes intentions. Gratitude envers vous qui n’avez pas, peu ou rien compris !

Gratitude envers Toi, bébé sur de la paille.
Si je savais me taire, un instant ou même très longtemps, devant Toi, je découvrirais sans doute, qu’il suffit d’aimer.


Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 23 décembre 2019

À quelques heures de la fête de Noël, je viens de vivre un week-end inter-spirituel, chez les Sœurs du Cénacle à Versailles.

Personne proche de l’hindouisme, personne musulmane, personne chrétienne, toutes et tous en quête d’une vie intérieure, nous nous sommes autorisés à accueillir ensemble le Souffle !

Ce Souffle,
cet « Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences » d’après le bienheureux Christian de Chergé, moine de Tibhirine.

Je vous offre quelques-uns des visages des personnes présentes à ce temps de fraternelle joie. ✨✨✨✨


Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Homothérapies, conversion forcée

Si vous avez manqué, mardi 26 novembre 2019 sur Arte le documentaire Homothérapies, conversion forcée, vous pouvez le voir ici.

Réalisé par Bernard Nicolas, vous retrouverez dans ces témoignages, plusieurs personnes connues.

Vous pouvez (re)voir ici le 28 minutes d’Arte du 21 novembre présentant ce documentaire.

Petit rappel du 26 novembre 2019

Chers ami·e·s,

Rendez-vous, ce soir, mardi 26 novembre 2019 à 20h50 sur Arte pour voir le documentaire

« Homothérapie et conversion forcée »

Réalisé par Bernard Nicolas, vous retrouverez dans ces témoignages, plusieurs personnes connues.

En attendant vous pouvez (re)voir le « 28 minutes » d’Arte du 21 novembre :
https://www.arte.tv/fr/videos/088472-064-A/28-minutes/

Amitiés fraternelles,
Sacha

Blog de Jean-Michel Dunand du 15 novembre 2019

Aveu de fragilité !

Ce matin, je me permets de vous partager ce commentaire de commentaires !

En vous l’offrant, je pense à cette rencontre. Alors que je travaillais en service de cancérologie, j’ai fait la connaissance d’une petite sœur moniale de Bethléem qui venait d’être opérée d’un cancer du sein.
Alors que je la rejoignais dans sa chambre, je la trouvais paisible, priant son chapelet et…, sans voile!
Spontanément, je lui proposais de lui remettre son voile, déposé dans l’armoire.
Jamais je n’oublierai son regard de gratitude après avoir posé sur elle cet acte délicat…
Et si ce petit bout de tissu parlait de notre fragilité, de ma fragilité ?

Je n’ai pas pour habitude de commenter les commentaires…
Une fois n’est pas coutume !

Merci pour votre question légitime sur un petit bout de tissu !
Cette tunique de service que je porte régulièrement (blanche ou bleue) est un modeste signe de mon désir : montrer Jésus serviteur.

Une autre raison, plus intime, que je vous partage tout simplement aujourd’hui :
Je suis trop fragile, trop petit, pour être habillé autrement. Je n’ai pas « la carrure » pour être habillé autrement dans certaines circonstances de mon service ecclésial.
Le plus beau cadeau que je puisse faire à l’Église de ce temps, c’est de lui offrir, me semble-t-il, mon visage, mon corps, tout mon être, fragilisés.

Merci de répondre aux personnes qui se questionnent sur ma manière de me vêtir :
« Jean-Michel est trop vulnérable pour être habillé autrement !
Eu égard à son parcours de vie il a encore beaucoup de chemin à parcourir pour apprivoiser ses peurs et être plus fort intérieurement ! »

Merci de prier pour moi.
Avec vous, dans la joie du service.

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 9 novembre 2019

« Maintenant mon amertume s’est changée en bonheur, car tu m’as aimé assez pour m’éviter la mort ; tu as jeté toutes mes fautes loin derrière toi. » Ésaïe 38, 17.

Homothérapies, conversion forcée, le film-documentaire de Bernard Nicolas, qui sera diffusé sur Arte le mardi 26 novembre prochain en prime time, Dieu est amour, le livre de Jean-Loup Adénor et de Timothée de Rauglaudre : ma vie est exposée en ces jours.

Hier, lors d’un dialogue dans une classe de première, une lycéenne me posait la question suivante : « Vous faites preuve d’une grande humanité, d’où cela vient-il ? »
Après l’avoir remercié, je lui ai confié ceci :
« Je n’ai jamais oublié les nuits sans sommeil où je pleurais amèrement, en espérant ne plus être attiré par la beauté du corps des hommes, je n’ai jamais oublié la longue période où j’ai été harcelé au collège, au lycée, je n’ai jamais oublié ces jours, ces nuits où mon seul objectif était d’en finir avec cette vie irrespirable…
Je n’ai rien oublié comme un grand brûlé ne peut pas oublier ses brûlures…
Aujourd’hui, par ma confiance en Jésus le Christ, par l’Amour, par l’Amitié, par la Fraternité en Communion Béthanie, mes larmes sont devenues source d’une humanité fragile mais paisible. Mon amertume s’est comme transformée en chemin de paix. »

En voyant les regards (et même les larmes) de ces jeunes face à moi, j’ai la naïveté de croire que « mon message » est passé !

Lorsque l’on plonge le théâtre dans le noir, on laisse toujours allumer une lampe. Cette veilleuse se nomme la servante.

Merci à Dieu, merci à la Vie, car en regardant en arrière et surtout en avant, je crois que « la servante » a toujours été là, qu’elle sera toujours discrètement présente. Là est mon espérance !

« La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas étouffée. » Jean 1, 5.

Chercheur de lueur, là est peut-être ma vocation ?!

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 13 octobre 2019

« Que les pauvres m’entendent et soient en fête ! »
Psaume 33

Dans le cadre de nos parcours d’engagement, j’ai eu la joie de vivre, il y a quelques heures, une rencontre entre des lycéens d’une de nos classes de seconde et des personnes de la communauté de l’Arche de Jean Vanier.

Une rencontre humaine, « terriblement humaine » comme le dit très souvent une amie moniale lorsqu’elle me parle de la démarche chrétienne.

Échanges, préparation et partage du repas.

Je garde chaleureusement dans mon cœur ces visages, ces rires, ces cris, ces paroles, ces silences et surtout ces regards.

Jean Vanier disait souvent que la vie à l’Arche avait fait surgir du plus profond de ses entrailles « le cri primal » :

« Suis-je aimable ? Suis-je aimé ? »

Personne portant un handicap visible ou personne portant un handicap invisible, nos regards, ce soir-là, exprimaient, me semble-t-il, « ce cri primal »…

Marchant dans les rues de Montpellier, alors que je reconduisais une de nos lycéennes à l’internat, je me suis souvenu de cette parole de la philosophe Simone Weil :

« Ce n’est pas à la façon dont un homme parle de Dieu que je vois s’il a séjourné dans le feu de l’Amour divin…, mais c’est à la manière dont il me parle des choses terrestres. »

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

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