Une méditation sélectionnée par notre frère Patrick.
Les impies croissent comme l’herbe,
ils fleurissent, ceux qui font le mal.
Mais pour disparaître à tout jamais.
Toi, qui habites là-haut, tu es pour toujours le Seigneur.
Vois tes ennemis, Seigneur, vois tes ennemis qui périssent,
et la déroute de ceux qui font le mal.
Tu me donnes la fougue du taureau,
tu me baignes d’huile nouvelle :
J’ai vu, j’ai repéré mes espions,
j’entends ceux qui viennent m’attaquer.
Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
Planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.
Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur pour annoncer :
Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher !
[…] Peut-être le bois de la Croix en était-il ? Nul ne peut le dire. Le cèdre peut aussi être une figure de l’orgueil. Ezékiel compare Pharaon à un cèdre magnifique qui s’est enorgueilli de sa hauteur et qui est tombé.
Dans le jardin qui domine la nouvelle Alliance, il n’y a qu’un arbre plus haut que les autres et c’est l’arbre de la Croix. Comme une poutre, il porte l’unique temple qui tienne bon : le Christ en qui nous pouvons nous abriter.
La prière du cèdre, c’est peut-être de ne pas s’enorgueillir, de ne pas se prendre pour ce que l’on n’est pas. Lui seul est fort. Le plus bel arbre de la terre, fût-il le plus majestueux, peut être déraciné par des tempêtes. Paul, qui s’est parfois cru plus fort qu’il n’était, l’a appris et n’a cessé de nous l’enseigner : Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort (2 Co 12,10).
Dans cet esprit, la prière du cèdre, c’est devenir un temple pour Dieu.
Anne Lécu,
in Et vous, les arbres et les animaux, bénissez le Seigneur
Éditions Bayard

Une méditation sélectionnée par notre frère Patrick.
Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant même que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. Et je dis : Ah ! Seigneur mon Dieu ! Vois donc : je ne sais pas parler, je suis un enfant !
Le Seigneur reprit : Ne dis pas « Je suis un enfant ! » Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai ; tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras. Ne les crains pas, car je suis avec toi pour te délivrer – oracle du Seigneur. Puis le Seigneur étendit la main et me toucha la bouche. Il me dit : Voici, je mets dans ta bouche mes paroles ! Vois : aujourd’hui, je te donne autorité sur les nations et les royaumes, pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter.
La parole du Seigneur me fut adressée : Que vois-tu, Jérémie ? Je dis : C’est une branche d’amandier que je vois. Le Seigneur me dit : Tu as bien vu, car je veille sur ma parole pour l’accomplir.
La prière de l’amandier, ce n’est pas d’abord veiller de toutes nos forces (ce qui est le plus sûr moyen de s’endormir), mais entrer dans la veille de Dieu. C’est lui le premier veilleur. C’est lui qui, aujourd’hui encore, veille sur sa parole pour l’accomplir. C’est lui qui se choisit des prophètes n’ayant rien demandé, ne sachant pas parler. C’est lui qui met ses paroles dans leur bouche. Ceux qui, parmi nous, ont été baptisés et configurés au Christ, sont devenus membres d’un peuple de prêtres, de prophètes et de rois.
Tous nous pouvons un jour être amenés à dire cette parole que Dieu a déposée en nous.
Entrer dans la veille de Dieu, c’est lui donner nos bouches pour qu’il y dépose sa parole. C’est devenir des instruments de veille. Devenir avec lui veilleurs, enracinés dans sa veille à lui. Fleurir l’hiver, quand il fait froid encore. Annoncer un printemps auquel personne ne croit.
Donner notre corps à notre Dieu pour qu’il fasse de nos vies des crèches.
Le laisser naître en nous et entre nous, comme un petit enfant tout nu, et sans défense, et veiller sur cette naissance, éblouis comme les jeunes parents le sont. Mais c’est veiller sans crainte, car ce nouveau-né porte le nom de la grande veille de Dieu, l’accomplissement de sa Parole,
« Dieu-avec-nous. »
Anne Lécu,
in Et vous, les arbres et les animaux, bénissez le Seigneur
Éditions Bayard
