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Pause méditation

Pause méditation du 15 novembre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Christine.

La vie vient toujours d’ailleurs

La vie vient toujours d’ailleurs. C’est rétrospectivement que l’on comprend la nécessité de la traversée.
Ce lien qui ne meurt jamais de Lytta Basset, Albin Michel 2007, p 132.

A un moment,il faut choisir la vie, choisir d’espérer, choisir de croire que, même si la vague de ta tristesse et de l’épreuve demeure rude, elle n’est ou ne peut être la plus forte.

Il faudra continuer à vivre, à aimer, à espérer. Ne serait-ce que pour les plus proches. Les enfants, les plus jeunes, nous entraînent sur ce chemin.

Il nous faut croire en la Résurrection. Jésus l’a évoqué plus d’une fois au milieu de ses apôtres. Ils répétaient ce mot sans savoir ce qu’ils disaient. Marc 9, 9-10. Pourtant, si aujourd’hui il est des disciples, dont peut-être nous sommes, c’est que cette germination n’a cessé de faire pousser ses bourgeons, forçant doucement le printemps de Dieu dans leur vie, comme peut-être dans la nôtre.

La foi en la Résurrection touche des fibres de notre cœur, de notre corps, de notre pensée.
La Résurrection c’est quand Dieu intervient de façon inattendue, inespérée et modifie le cours de notre tristesse, de nos larmes, de notre deuil, de notre façon d’aimer, pour nous convier à reprendre la route, à renaître, sans oubli mais avec reconnaissance et gratitude.

Dieu veille et éveille, doucement. Car il est le Dieu de la Résurrection et de la vie.
Alors oui, choisissons la Vie !

Christine,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 8 novembre 2021

Une méditation sélectionnée par notre sœur Marie-Agnès.

Seigneur que savons-nous de Ton accueil tant que nous ne déchargeons pas sur Toi nos fardeaux ?

Seigneur que savons-nous de ton accueil
tant que nous ne déchargeons pas sur toi nos fardeaux,
tant que nous ne te confions pas nos infirmités,
à toi qui es venu les porter ?

S’il est vrai que tu nous prends tels que nous sommes,
s’il est vrai que tu reçois avec tendresse
tous les paysages de nos vies,
leurs crevasses et leurs sommets,
leurs volcans et leurs déserts,

s’il est vrai que tu nous ouvres les bras
quels que soient nos sentiments d’échec ou de lassitude,
alors, Seigneur, tu nous délivres de nous-mêmes :
là où nous sommes le plus vulnérables,
là s’enracine une force venue de toi
pour recevoir notre prochain tel qu’il est,
lui offrir de l’ombre,
la possibilité de faire halte,
de se remettre des fatigues du voyage…

Seigneur, apprends-nous l’accueil du fond de l’âme,
l’accueil d’autrui en cette profondeur de l’intercession
qui se passe de grandes démonstrations,
l’accueil d’autrui en ce lieu saint de la prière
que tu creuses en nous quand nous invoquons ton Esprit !

Lytta Basset,
pasteure.



Toussaint 2021

Une méditation proposée par notre frère prieur.

Les yeux ouverts

Il vient en chantant,
le peuple des sauvés ;
immense fresque de joie,
amour aux cent visages
qui forment ensemble,
dans la lumière,
la seule icône de gloire :
Jésus-Christ !

Louange à toi,
Seigneur de tous les vivants !

Tu as partagé leur épreuve,
dans la puissance de ta résurrection,
ils chantent.

Tu les as purifiés par ton sang répandu,
ils sont enfants du Père et te rendent grâce.

Tu les as nourris du pain de la vie,
vainqueurs de la mort, ils t’acclament.

Avec ce chant monastique, je nous souhaite de devenir « des mystiques aux yeux ouverts. »

Les yeux ouverts sur notre monde, aimé et en croissance.
Les yeux ouverts sur cette immense nuée de témoins qui nous entourent. Lettre aux Hébreux, 12
Les yeux ouverts sur tous les êtres « qui forment ensemble, dans la lumière, la seule icône de gloire :
Jésus-Christ. »

Que ce début novembre soit le temps des yeux ouverts !

Jean-Michel+,
frère prieur de la Communion Béthanie.

Pause méditation du 25 octobre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Françoise.

La femme courbée debout

Il y avait là une femme…
Elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser.
Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »

Luc, 13

Je suis la femme courbée ! Je ne vois plus le ciel depuis longtemps. Le vol des colombes qui le traverse et ces nuages, et son soleil… Je ne vois que mes pieds, et la poussière du chemin. Je ne sais plus les sourires sur les visages, les regards étincelants et ceux rieurs des enfants.

Courbée par le poids de la honte ? Par le poids des jugements, des préjugés ? Par quelle mauvaise force qui m’empêche de me redresser ? Je suis là, courbée, dans l’assemblée. Jésus enseigne ce jour-là. Et si je ne peux le voir, je peux au moins l’entendre. Et s’il ne peut me voir, tellement courbée que je suis, sa voix traverse l’assemblée jusqu’à moi.
Mais toi, Jésus, au milieu de cette foule, tu me vois ! On dirait que tu ne vois que moi !
Tu comprends…
Tu ne me demandes même pas ce que je veux. Tu sais….
Tu sais que mon désir s’est courbé lui aussi, que mon esprit de vie s’est courbé lui aussi.
Tu ne supportes pas que l’humanité soit courbée, tu la veux debout, dressée, ouverte sur le ciel, avec le désir joyeux d’envisager l’autre dans toute sa beauté, de visage à visage.
D’envisager l’Autre….
Au delà des conventions, des règlements absurdes et des lois.

Voilà pourquoi tu m’interpelles : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »
Enfin, DEBOUT !

Françoise,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 18 octobre 2021

Une méditation proposée par notre frère Manuel.

Il est des jours…

Miens sont les cieux
et mienne est la terre,
et miens sont les gens ;
les justes sont miens
et miens les pécheurs ;
les anges sont miens,
et la Mère de Dieu
et toute chose est mienne.
Et Dieu lui-même est mien et pour moi,
parce que le Christ est mien
et tout entier pour moi.

Que demandes-tu
et que cherches-tu donc, mon âme ?
Tout cela est tien et tout est pour toi.
Ne t’estime pas moindre,
ne t’arrête pas aux miettes
qui tombent de la table de ton Père.

Sors au-dehors et glorifie-toi en ta gloire.
Cache-toi en elle et sois dans la joie
et tu obtiendras les désirs de ton cœur.

Jean de la Croix, Prière de l’âme enamourée

Il est des jours où nos épaules se courbent et le poids de notre être nous semble insurmontable. Il est des jours où nous nous trouvons moches. Il est des jours où nous nous sentons bêtes et méchant·es. Il est des jours où nous nous percevons obligé·es de mendier un peu d’affection pour nous sentir vivant·es. Il est des jours où nous nous pensons indignes de tout. Le pire est qu’il est des jours où nous croyons tout cela, vraiment.

Heureusement que le poète est là. Ce poète qui a puisé dans la Parole de Dieu et dans sa profonde relation avec Lui. Heureusement que cet homme est là, pour nous rappeler que nous sommes des filles et fils du Roi. Nous avons en nous, en notre profondeur, une dignité que rien ni personne peut nous enlever. Nous avons en nous des richesses qui nous libèrent de la mendicité. Car chacune et chacun de nous peut se dire et croire : « Je suis aimé·e d’un amour qui dépasse tout entendement. » Ep 3, 14-19. Chacun et chacune peut se dire et croire : « Tout est à moi car le Christ s’est donné à moi. » Jn 15, 9-13 et Ga 2, 20.

Un seul hic : nous sommes tellement habitué·es à entendre cela que cela ne nous fait ni chaud ni froid.
Et si on essayait, rien que pour aujourd’hui, de le croire vraiment, avec nos tripes ?

Et on s’y remet demain ?

Manuel,
frère de la Communion Béthanie

Pause méditation du 11 octobre 2021

Une méditation sélectionnée par notre frère Raphaël.

Le vigneron et l’au-delà

Regardant la terre, le vigneron se disait :
« Le sol travaille dans l’ombre pour nourrir des racines. Mais que deviennent ces racines ? Le sol n’y voit rien, il sait seulement qu’au-delà de lui-même poussent des ceps. »

Travaillant sa vigne, il se disait :
« Voilà qu’au fil des saisons, les ceps se développent et cachent encore des fruits à venir. Mais pourquoi ces grappes ? La vigne n’y goûte pas, elle sait seulement qu’au-delà d’elle-même, il y a la joie des vendanges. »

En pressant sa vendange, il se disait encore :
« Voilà que les raisins patiemment cultivés sont maintenant tout écrasés. Que va devenir ce moût sucré ? La vendange n’en sait rien, peut-être devine-t-elle qu’au-delà d’elle-même on attend le bon vin. »

En mettant son vin en bouteilles, il se disait encore :
« Voilà que ce vin sera maintenant consommé. Chaque bouteille sera partagée entre amis ou dégustée en tête-à-tête. Que devient le vin une fois bu ? Son au-delà lui échappe, mais celui qu’il préfère, c’est la convivialité. »

Le vigneron se disait finalement:
« L’au-delà est toujours devant soi. C’est ce que l’on devient au-delà de soi-même lorsqu’on est généreux, comme un sol, comme un cep, comme une vendange et un vin. »

Blaise Perret

Pause méditation du 4 octobre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Isabelle.

Menu eucharistique !

En ces temps de mutations, de conversions, d’élections, voici une proposition de choix essentiels à mettre en œuvre, voire en hors-d’œuvre !, afin de faire advenir le royaume, une authentique communion universelle, ici-bas et dès maintenant.

Seigneur, ouvre mes yeux, mes oreilles, mes bras, mon cœur, à la Vie, à l’Amour. Donne-moi d’aller vers, de faire le premier pas vers l’autre, le différent, le prochain.
Donne-moi d’oser la rencontre, d’oser accueillir et préserver la diversité, l’altérité, la mienne et celle des autres, du Tout-Autre. Donne-moi d’oser la fragilité, l’humilité, la vérité, la confiance et la patience.

En ces temps de polémiques, de rejets, d’indifférences, donne-moi d’être à l’écoute de l’autre, dans la mouvance de ta Parole et de l’Esprit, source de Vérité, de Liberté et de Vie. Source d’amour, d’humanité et donc de fraternité et finalement de communion.

Tous invités au repas partagé, au banquet terrestre.

Stop, silence…
La terre tourne, perd la boule…
Et moi, je cours, toujours plus vite…
Après quoi, après qui ?

Aimez-vous les uns les autres.
Au sein de l’Église, je veux être l’amour.

Saint Thérèse de Lisieux

Isabelle,
sœur de la Communion Béthanie.

Pause méditation du 27 septembre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Valérie.

JC et JB

JC en son temps parcourait les routes de Judée et de Galilée. Chemin faisant, il enseignait : Aimez-vous les uns les autres.
De son passage sur terre, de sa mort et de sa résurrection, il nous a laissé le merveilleux héritage de Sa Paix ; la Paix du Christ, offerte à chacun, à chacune, à l’humanité.

Deux mille ans plus tard, JB arpentait les routes de Wallonie et de France et d’ailleurs, chantant de ville en ville, de village en village. Toute son œuvre, tout son être, n’était que poésie, amour, liberté.
Dans une lettre rendue publique, écrite à ses amis quelques heures seulement après que sa femme a été sauvagement assassinée, il conclut par ces mots : Je pense de toutes mes forces qu’il faut s’aimer à tort et à travers.

Alors, forcément, je me dis que si ces deux-là s’étaient croisés durant leur vie d’homme, ils se seraient reconnus, ils seraient devenus amis.
Des amis comme des arbres :
Les vrais quand ils trépassent
N’en finissent pas de fleurir
Dans nos mémoires opiniâtres
Même coupés les arbres prient
.

Malgré tout, l’ami Julos Beaucarne connaissait Jésus, au moins un peu. A l’occasion, il racontait même l’histoire de sa naissance, d’une manière drôle, touchante, à sa façon quoi : Le p’tit Jésus, un bel enfant sais-tu… Il connaissait le Christ aussi, et le chantait :
Je fréquente le Christ dans la lumière blanche.
Il est si mal noté par les mauvais apôtres.
Par ses amis, ses ennemis, par tous les autres
que je n’ose sortir avec lui le dimanche
.

Julos s’en est allé, nous laissant ses chansons, ses poèmes, le souvenir de son sourire.
J’entends d’ici les échos du grand festival cosmique donné là-haut en son honneur. A penser à lui un instant, me voilà désarmée devant tant de beauté et de bonté. Désarmée comme vous l’êtes peut-être par le sourire d’un enfant, ou par cette étoile s’allumant dans le ciel et qui vous fait l’effet de grelots tintant en souvenir des rires d’un p’tit bonhomme ou encore comme on peut l’être devant un paysage à vous couper le souffle.

Se laisser désarmer par l’amour, par la beauté. En faire sa seule raison d’être.
Se dire que le Christ nous enseigne d’aimer, qu’il nous l’enseigne de 1000 façons, de 1000 voies, de 1000 voix.
Se dire que ce n’est ni illusion, ni utopie, puisque voilà un homme, Julos Beaucarne, littéralement Belle peau ou j’aime à le penser Belle incarnation, qui par sa vie, son existence, par tout ce qui émanait de lui, a incarné cet enseignement si essentiel du Christ, s’aimer les uns les autres, dans la liberté, dans le souffle du pardon.

A-dieu Julos…
A la Vie, reçue et donnée dans la Paix du Christ, chers frères, chères sœurs.

Valérie,
sœur de la Communion Béthanie.

Pause méditation du 20 septembre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Élisabeth.

Seigneur, apprends-nous à prier

« C’est une dangereuse erreur de penser que le cœur est par nature apte à prier. Nous confondons alors la prière avec les désirs, les espoirs, les soupirs, les lamentations et les allégresses.
Prier n’est pas simplement synonyme de déverser son cœur. Prier, cela signifie : trouver le chemin vers Dieu et lui parler, que le cœur soit comblé ou vide. Et cela, nul ne peut le faire sans l’aide de Jésus-Christ
»

Dietrich Bonhoeffer

« La merveille est que le Christ nous permette de partager sa prière, de l’accompagner dans son cheminement vers Dieu »…. Ce langage de Dieu, nous le trouvons en Jésus-Christ dans l’Écriture sainte. Si nous voulons prier avec joie et assurance, la Parole de L’Écriture sainte devra être le fondement solide de notre prière. En ayant recours à elle, nous savons que c’est Jésus-Christ, la Parole de Dieu, qui nous apprend à prier.

Sœur Billoteau, ermite bénédictine.
Extrait d’une méditation de Prions en l’église.


En cette période de reprise après la pause estivale, nous nous sentons peut-être angoissés à l’idée de reprendre nos activités, le quotidien de nos vies, d’être vite submergés et de ne plus avoir le temps. Seigneur, apprends- moi à garder une place pour la prière, pour Toi, pour être à ton écoute.

Votre sœur Élisabeth.


Psaume 15, 1-2, 7-9,11
Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu ! Je n’ai pas d’autre bonheur que toi. »
Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance :

Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! A ta droite, éternité de délices !

Pause méditation du 13 septembre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Céline.

Qu’attends tu ?

…Mais à cet endroit, en ce moment, l’humanité c’est nous,
que ça nous plaise ou non.
Profitons-en, avant qu’il soit trop tard.
Représentons dignement
pour une fois
l’engeance où le malheur nous a fourré…

Extrait de En attendant Godot, de Samuel Beckett.

Aujourd’hui et maintenant,
lève-toi, ne dors pas,
enlève la corde qui te retiens au cou,
ne te plains pas,

Malgré le mystère de Godot
et son attente absurde,

Relève ton pantalon et vas-y !

Céline

Pause méditation du 6 septembre 2021

Une méditation de rentrée proposée par notre frère Patrick pour clore celles de l’été.

Prière de la vigne
Isaïe 5, 1-7

Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile.

Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.

Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne !

Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ?

Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée.

J’en ferai une pente désolée : elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie.

La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris.

… La prière de la vigne tient en elle à la fois le cri du sang versé et la jubilation de la fête. Elle est la prière du mystère pascal par excellence. Le maître de la vigne, devant la conduite insensée des vignerons homicides, pensait qu’ils épargneraient son fils. Mt 21, 33-43, 45-46. Mais le fils est mort dans la vigne, et son sang versé s’est mêlé aux raisins qui avaient été abandonnés sans soin.

Là s’arrête l’image. Le Christ, en aimant nos vies plus que la sienne, a versé son sang une fois pour toutes. La prière de la vigne, qui peut être une prière de larmes et de sang, est emportée par la prière du Fils unique. Lui seul peut transformer le pire en don. A l’heure de sa mort, il dit à son Père, en parlant des siens qui l’ont trahi : Ils ont gardé ta parole. […] Ils ont cru que tu m’as envoyé. […] Garde-les unis dans ton nom que tu m’as donné. Jn 17

Voilà le véritable fruit de la vigne : le Christ ouvre un avenir inouï, un avenir de fête à ceux qui n’avaient pas d’avenir. Cet avenir commence aujourd’hui.


Anne Lécu,
in Et vous, les arbres et les animaux, bénissez le Seigneur
Éditions Bayard

Pause méditation estivale du 30 août 2021

Une méditation sélectionnée par notre frère Patrick.

Prière du sycomore
Luc 19, 2-6

Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.
Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.

… Le sycomore est une sorte de double de Zachée, son frère de sève en quelque sorte. Et voilà que Zachée va les sauver tous deux. Car Jésus vient, et Zachée a compris que le regard de cet homme-là ne s’arrête pas aux apparences.

Alors, il court et monte dans le sycomore, et grâce à l’arbre disgracieux qui l’élève, Jésus le voit. Il les voit l’un et l’autre tels qu’ils sont.

Il y a du mépris et une pointe de jalousie dans les murmures des pharisiens qui voient Jésus s’inviter chez Zachée. Il y avait cette même pointe de mépris chez les orgueilleux qui, dans le livre d’Isaïe, voulaient reconstruire une ville digne de ce nom, en remplaçant le sycomore par le cèdre. Is 9, 9.

La prière du sycomore, c’est intercéder pour que Zachée et tous ceux qui lui ressemblent soient vus par Jésus.

Or, qu’est-ce que Jésus voit en Zachée ? Il voit l’homme honnête que nous ne voyons pas.

En effet, Zachée ne dit pas qu’il va rendre (au futur) aux pauvres le double de ce qu’il leur aurait pris, mais littéralement (au présent) : Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, Luc 19, 8. Peut-être que Zachée est habituellement généreux, et que seul Jésus s’en est aperçu, alors que nous, nous continuons à lire comme les pharisiens.

Puisse le sycomore nous apprendre à élever ceux qui ne sont vus par personne.


Anne Lécu,
in Et vous, les arbres et les animaux, bénissez le Seigneur
Éditions Bayard