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Retraite d’hiver 2021, impressions

Impressions de la retraite d’hiver de la Communion Béthanie, qui se tenait du 3 au 5 décembre, à la Clarté-Dieu, à Orsay, proposées par notre sœur Valérie.

Clarté de la Parole, lumière de la Présence

Il faisait nuit quand nous sommes arrivées à la Clarté-Dieu, à Orsay.
Nuit, clarté, pour un peu cela suffirait à résumer l’essence de cette retraite.

Peu importe la nuit, nous ne venions pas chercher la lumière du jour mais bien la clarté. La clarté de la Parole, à la lumière de la chaleur de la présence de nos frères, sœurs et ami·es à moins que ça ne soit l’inverse, la clarté et la chaleur de la présence de nos frères, sœurs et ami·es, à la lumière de la Parole.

Tout cela nous l’avons trouvé durant tout le week-end, dans l’oratoire qui a accueilli nos prières et lors des temps d’enseignement avec Fr Philippe Lefebvre [1].

L’oratoire, premier lieu de partage et de communion
Vendredi soir, dans une douce ambiance musicale, un instrumental des chants de Taizé, nous étions invité·es à piocher dans une corbeille un petit bout de papier de couleur, sur lequel était écrit un verset de la Bible, et, si nous le souhaitions, à le lire à haute voix et à partager spontanément ce qu’il nous inspirait. Comme souvent en pareil cas, la plupart d’entre nous a eu je crois l’impression de recevoir la Parole s’adressant spécialement à lui ou à elle-même ! Pour prendre un exemple, sur le petit papier vert tiré au hasard, j’ai lu : Le Seigneur lui-même donnera le Bonheur Ps 85,13. Et je me suis exclamée : Mais pourquoi suis-je allée le chercher ailleurs le bonheur ? C’était tellement simple ! Douce veillée, aussi simple que ça !

Clarté de la Parole, lumière de la Présence
Samedi soir, l’oratoire fut l’écrin du jubilé du vœu de charité de C., enfin, les 11 ans de son vœu de charité pour être exacte.

Une célébration simple, joyeuse, authentique, signature de notre Communion Béthanie, durant laquelle notre sœur C. a fait mémoire du beau chemin parcouru et a renouvelé ses vœux. Faire vœu de charité, c’est toujours se mettre en route, c’est un commencement, jamais une fin… La soirée s’est poursuivie par un moment festif et en-chanté, en chansons voulais-je dire !

Clarté de la Parole, lumière de la Présence
Dimanche midi, c’était la messe, célébrée par Fr Philippe Lefebvre, qui nous a réuni·es à l’oratoire. Une fois n’est pas coutume, la chapelle de la Clarté-Dieu étant bondée, nous n’avons pas vécu la messe avec la communauté franciscaine nous accueillant et les autres groupes présents, mais dans l’intimité de notre petit groupe.

Clarté de la Parole, lumière de la Présence
L’oratoire aura ainsi abrité, matin et soir durant cette courte retraite, la ferveur d’une prière commune, l’allégresse des chants. Pour certain·es, qui n’avaient pu être des nôtres en juillet et après ces mois de confinement, comme elle était pressante l’envie de chanter et d’autant plus grande la joie de rendre grâce et de louer Dieu en cœur/chœur !

Quant aux temps d’enseignements donnés par Fr Philippe Lefebvre autour de son dernier livre Comment tuer Jésus ? [2], ils auront nourri matinées et après-midi.

Je me garderai bien de me lancer dans une retranscription des propos de Fr Philippe Lefebvre, pas plus que de nos échanges. Chacun·e pourra lire le livre s’il le désire. Je me contenterai de vous partager les petites perles que j’ai recueillies… Il y est question de la parole et de la Parole, de sa valeur, de sa vérité, de la vie qu’elle porte ou pas. Que de thèmes de réflexion si importants et d’actualité pour notre Église !

  • La parole comme un acte de présence : je suis présent à toi, tu es présent à moi ;
  • L’image, nouvelle pour moi et inspirante, de Dieu et de sa Parole comme deux personnes distinctes, d’où découle l’idée d’une parole participative, qui circule, qui donne vie, une parole incarnée : La parole est celle qui percute la chair ; une parole, telle le fruit de l’arbre de vie. Par cette parole participative, chaque créature créée est amenée à participer à l’œuvre de création, invitée à la co-création.

Fr Philippe Lefebvre a ensuite évoqué la parole des prophètes, parole prophétique à la fois informée et située, sans valeur universelle ni définitive donc.

J’ai beaucoup aimé la notion, riche et ouvrant de si belles perspectives à mes yeux, de Parole créant un lieu, de la Parole comme espace de parole. Un espace, tel que je l’ai compris, où l’affirmation se dilue pour laisser place à la parole qui doute, à la parole qui cherche et qui, par cela-même, devient parole de vie et de vérité.

Les propos de Fr Philippe Lefebvre, s’appuyant sur toute son expérience de frère, d’accompagnateur, d’enseignant, etc., sur son dialogue incessant avec la Bible, les textes, les différentes traductions, auront ainsi ouverts à chacun·e des pistes, des clés de lectures et de compréhension. Nous en sommes tous et toutes reconnaissantes à Fr Philippe Lefebvre, autant qu’à nous-même qui formions ce groupe, pour cet espace de parole libre et vivante, qui a si bien circulé et porté tant de fruits !

Clarté de la Parole, lumière de la Présence
Retraite intime et intense où nous avons goûté au bonheur toujours renouvelé du partage entre frères, sœurs et ami·es de la Communion Béthanie.

Valérie,
sœur de la Communion Béthanie



[1] Dominicain, Fr Philippe Lefebvre enseigne l’Ancien Testament à l’université de Fribourg en Suisse. Membre de la Commission biblique pontificale, il est aussi l’auteur au Cerf de Livres de Samuel et récits de résurrection, Brèves rencontres. Vies minuscules de la Bible et Propos intempestifs de la Bible sur la famille.

[2] Comment tuer Jésus ? de Philippe Lefebvre
280 pages – avril 2021 – Les éditions du Cerf

4e dimanche de l’Avent 2021

Méditation pour le temps de l’Avent proposée par les sœurs et les frères de la Communion Béthanie.

A nos visitations !

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte
:
«Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Luc 1, 38

Voici un texte très classique et que nous avons sans doute souvent lu et entendu.

Classique et pourtant… Souvenons-nous : que peut-on entendre différemment cette année ?

Soyons attentifs : d’abord un enfant tressaille dans le sein de sa mère. Plus tard nous est révélée l’origine de ce mouvement : la joie ! Et ce qu’elle provoque inévitablement : Élisabeth se trouve remplie d’Esprit-Saint.
Il faut donc attendre que l’enfant tressaille de joie en elle pour qu’Élisabeth soit habitée et travaillée par l’Esprit Saint.

L’appellation traditionnelle de ce passage de l’Évangile est la Visitation. Encore une histoire de rencontre !

Salutation, tressaillement, bénédiction, fruit, allégresse, accomplissement.

A l’aube de la Nativité, d’une (re)naissance tant attendue, nous sommes invités à accueillir toutes les bénédictions, les fruits de nos rencontres et les tressaillements en nous.

Au cours de cette dernière semaine avant la Naissance de celui qui donne Vie à nos visitations, lors de nos rencontres, laissons nous déjà visiter par Lui.
Soyons attentifs aux tressaillements d’allégresse en nous… Ne pourrions-nous pas aussi être actrice, acteur, de cette visitation en formulant une bénédiction pour les personnes que nous rencontrerons ?

Célébrer la visitation de Dieu en nous, comme le début d’une nouvelle naissance, le début du chemin de notre accomplissement.

Souvenons-nous que dans le passé, Noël marquait le début d’une nouvelle année…

Lætitia et Raphaël,
sœur et frère de la Communion Béthanie

3e dimanche de l’Avent 2021

Méditation pour le temps de l’Avent proposée par les sœurs et les frères de la Communion Béthanie.

« Que devons-nous faire ? »

En ce temps-là,
les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait :
« Celui qui a deux vêtements,
qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;
et celui qui a de quoi manger,
qu’il fasse de même ! »
Des publicains, c’est-à-dire des collecteurs d’impôts,
vinrent aussi pour être baptisés ;
ils lui dirent :
« Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour :
« Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« Ne faites violence à personne,
n’accusez personne à tort ;
et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore,
il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

Luc 3, 10-18

Dans la continuité d’une retraite particulièrement nourrissante, vécue le week-end dernier, nous offrons ici le fruit d’un partage à la résonance de vos cœurs.

Puissent ces mots être pour vous parole de Vie…

L’Évangile de ce jour est fait de dialogue et de rencontres.
Jean le Baptiste est là. Différents groupes de personnes viennent à lui et l’interrogent.

Que leur dit-il ?
A chacun d’eux, il propose une réflexion, un travail à partir de ce qui lui est essentiel.

Il invite la foule, nous, le monde, au partage des ses biens fondamentaux.
Les publicains à la justice et à l’équité.
Les soldats à la bienveillance.

Il renvoie l’être à ce qui lui est fondamental : l’Amour qui doit habiter nos actes, même les plus fonctionnels. Chaque action peut être orientée vers l’Amour.

La Communion Béthanie aurait pu aussi interroger : qu’est-ce qui est notre essentiel aujourd’hui ?

Jean qu’as tu à nous dire ?
Comme le peuple d’alors, nous sommes en attente… Mais en attente de quoi ?
Comment dès maintenant pouvons-nous renouveler notre regard sur Noël ?
Que désirons-nous célébrer au plus profond de nous même en ces jours ?

Oserons-nous faire le pari de célébrer quelque chose de neuf cette année ? Quelque chose qui serait véritablement pour nous, pour moi, Bonne Nouvelle ?

Lætitia et Raphaël
sœur et frère de la Communion Béthanie

2e dimanche de l’Avent 2021

Méditation pour le temps de l’Avent proposée par les sœurs et les frères de la Communion Béthanie.

Notre contribution au Salut

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,

son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :

Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu.
Luc 3, 1-16

Le texte semble vouloir nous parler du Salut qui vient. Mais de quelle manière ?

La parole de Dieu est adressée à un homme, dans le désert, un homme simple. Pas un empereur, pas un gouverneur, ni un grand prêtre. Il est Jean, fils de Zacharie, deux prénoms sans doute très courants à l’époque.

En même temps, la parole prend place dans une histoire, celle de l’humanité, à un moment donné, dans une période précise, avec des personnages bien concrets. La Parole de Dieu s’incarne dans le temps de l’humanité…

Bien plus, le passage du prophète Isaïe nous annonce que le salut concerne « tout être vivant ». Nous pouvons entendre tout le Vivant. Pas uniquement l’humain. Le Salut de Dieu est la manifestation de son amour inconditionnel, en son Fils, pour la Création dans son ensemble. C’est cet amour infini qu’il nous est demandé d’accueillir dans la foi.

Mais la foi n’est pas une simple attente passive. Elle est aussi (et surtout ?) action.

En effet, avant de voir advenir le Salut de Dieu, nous sommes invités à apporter notre contribution, à abaisser les collines, combler les ravins, porter notre regard au-delà des chemins rocailleux et des passages tortueux.

En 2021, comment recevons-nous cet oracle du prophète ?
Comment allons-nous nous y prendre très concrètement pour préparer le chemin du Seigneur ?

Lætitia et Raphaël,
sœur et frère de la Communion Béthanie

Retraite inter-spirituelle

Se désaltérer ensemble à la même source

Une proposition de la Communion Béthanie.

Une retraite inter-spirituelle ouverte à toutes et tous, quelle que soit votre spiritualité ou votre religion. Soyez les bienvenus !

Retraite prévue du 18 au 19 décembre 2021, à l’abbaye Notre-Dame de Jouarre (Seine-et-Marne)

Enrichissons-nous de nos diversités en nous abreuvant à la source commune.
Proposition de temps en commun, de prières et d’échanges.

Renseignements et inscriptions au 06 67 71 70 44.

1er décembre 2021 – Journée mondiale contre le sida

Méditation proposée par Jean-Michel, frère prieur de la Communion Béthanie.

« Les ténèbres ne l’ont pas arrêtée »

Jésus le Christ, lumière intérieure
Ne laisse pas les ténèbres me parler.
Jésus le Christ, lumière intérieure
Donne-moi d’accueillir ton amour.

Ce chant de la communauté œcuménique de Taizé, éclaire, me semble-t-il, cette Journée mondiale de lutte contre le Sida.

En effet, comment ne pas laisser nos ténèbres, personnelles et communautaires, crier plus haut et fort, devant l’injustice, la maladie, la souffrance, la mort ?
Comment ne pas penser, avec réalisme, que les ténèbres triomphent ?

Questions hurlantes qui ne trouvent souvent aucune réponse toute faite.

Questions qui peuvent nous faire basculer dans le réalisme spirituel.
Ce réalisme qui consiste à accueillir l’Amour, désarmé et donc désarmant, au sein de la plus épaisse nuit.
Ce réalisme qui devient chemin de vie lorsque ce verset de l’évangile, devient chair en nous :

La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Jean 1, 5

Aimons, prions, méditons ensemble, aujourd’hui : 1er décembre 2021.
Merci.

Jean-Michel+,
frère prieur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 29 novembre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Valérie.

« Fiez-vous en Lui, Ne craignez pas… »

Il fait froid.
Un vent glacial pénètre jusqu’aux os.

L’amour de Dieu, gardera vos cœurs…

La nuit qui tombe si vite les enveloppe de ses ténèbres.

Fiez-vous en Lui, Ne craignez pas…

Décembre n’a pas encore sonné que c’est déjà l’hiver dans leur cœur, dans leur corps.

L’amour de Dieu, gardera vos cœurs…

Au loin pourtant, venu d’ici, de là-bas, d’abord un murmure puis une clameur qui enfle, couvrant le froid et la nuit.
Un soleil en dedans.
Un soleil en dehors…

Fiez-vous en Lui, Ne craignez pas.
L’amour de Dieu, gardera vos cœurs
Fiez-vous en Lui,
Alléluia, Alléluia

Le chant des fils et des filles de Dieu…
Et toi, y joindras-tu ta voix ?

Valérie
sœur de la Communion Béthanie

1er dimanche de l’Avent 2021

Méditation pour le temps de l’Avent proposée par les sœurs et les frères de la Communion Béthanie.

Il suffira des signes

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme.
Lc, 21, 25-28, 34-36

En ces temps d’appréhension face à l’avenir, la lecture de ce texte nous semble d’une actualité redoutable.

Le vocabulaire employé évoque un événement cosmique (qui implique la totalité du cosmos) : soleil, lune, étoiles, nations, mer, flots, terre…
En même temps, il s’agit d’une mise en garde : Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde : peur, attente, ébranlement… Il se pourrait que nous nous enfermions dans le malheur du monde ou le nôtre.
N’y aurait-il que ça à voir dans les signes ? Rien à voir au-delà ?
Ne sommes-nous pas invités à redresser la tête, à nous tenir debout ? Car c’est bien cela qui est en jeu : notre accomplissement, notre rédemption, ou comment nous serons rendus à notre être véritable.

Pour cela, il faut commencer par porter notre regard au loin, nous laisser traverser par le Souffle de Vie qui nous entraîne au-delà de nos soucis et de nos crispations. Nous tenir debout devant le Fils de l’Homme, nous tenir accomplis face à ce Dieu qui nous rejoint pour nous parler face à face !

Quelle vocation pour l’Humain !

Alors, cette semaine, que verrons-nous autour de nous ? Les signes d’une catastrophe annoncée ? Ou les signes annonciateurs d’une naissance, d’une vie nouvelle, d’une vie en abondance que nous annonce la venue du Fils de l’Homme ?

Lætitia et Raphaël,
sœur et frère de la Communion Béthanie

Pause méditation du 22 novembre 2021

Une méditation proposée par notre frère Sylvain.

Tous sains ! Tous saints !

Nous sommes tous et toutes, sans exception, appelé·es à la sainteté, alors que nous ne sommes pas parfait·es et que nous ne le serons jamais.

Acceptons seulement de nous ouvrir à la sainteté que Dieu nous donne, quels que soient notre état de vie, nos difficultés ou nos « éloignements » actuels.

Il n’est ni nécessaire d’être « quelqu’un de bien » ni d’être dans un état de souffrance morale ou physique, ni d’être malade, fragile ou de faire pitié pour accéder à la sainteté, quand bien même certains saints, certaines saintes nous auraient montré ce « modèle ».
Ils et elles avaient leurs difficultés humaines et une vocation particulière qui s’inscrivait dans les pratiques et les croyances de leur époque.

Jésus, notre modèle, n’a jamais glorifié la maladie. Au contraire, il s’employait à soulager celles et ceux qui souffraient en suscitant d’abord le désir de guérir. Et cette guérison du corps appelait le désir de recevoir aussi de Lui la sainteté.

Si j’ai une bonne hygiène de vie, j’aurai une meilleure vitalité et une plus grande facilité à rentrer en moi-même, à retrouver mon être intérieur.
Savoir dormir, respirer, s’aérer dans la nature, manger sainement, faire de l’exercice, savoir faire des pauses et varier les tâches quand je suis devenu·e inopérant·e, cultiver une pensée positive : ces quelque principes qui me réconcilient avec mon corps me rendent davantage capable de patience, de persévérance.

J’ai vis-à-vis de moi le droit et le devoir d’avoir un corps sain.
Un des écueils de la sainteté, c’est une tension où je ne me donne pas le droit de me tromper.

J’offre à Dieu mes failles, mes faiblesses, toutes les pièces de ma maison, même les plus obscures, pour qu’il les baigne de sa sainteté et de son amour. D’après Choisis la vie p.402-403.

Psaume 130
Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux.
Je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse.
Mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.
Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais.

Sylvain,
frère de la Communion Béthanie

Journée du souvenir transgenre – TDOR

Une méditation proposée par notre sœur Céline.

Chaque jour, le temps enfouit le cœur des hommes

La Journée du souvenir transgenre, déclinaison française du Transgender Day of Remembrance (TDoR), a lieu le 20 novembre dans le monde entier, pour commémorer les personnes transgenres assassinées pour motif transphobe, c’est-à-dire la haine des personnes transgenres, et pour attirer l’attention sur les violences subies par elles.

In memoriam

Chaque jour, le temps enfouit le cœur des hommes.

C’est une affaire d’années. On s’en aperçoit parfois ; 23 depuis 1998.
C’est une affaire de mois. On y pense entre vegan et plage au soleil ; 276 depuis ce jour-là.
C’est une affaire de…

Chaque jour, le temps enfouit le cœur des hommes,
dans l’oubli de nos découvertes passées,
dans l’ignorance de ce qui reste à apprendre,
dans la peur des différences qui ne sont pas nous.

Elle s’appelait Rita.

Peu importe qu’elle soit trans, noire, grosse, handicapée, petite, boiteuse, riche, musulmane, sans domicile fixe…
Peu importe…

Elle s’appelait Rita.

Un amnésique rempli de peur et au cœur enfoui l’a tuée.

Souvenons-nous de nos chemins parcourus.
Faisons connaissance en vérité.
Regardons nos peurs à l’intérieur de nous,
et nous atteindrons nos cœurs et le cœur des hommes.

Céline,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 15 novembre 2021

Une méditation proposée par notre sœur Christine.

La vie vient toujours d’ailleurs

La vie vient toujours d’ailleurs. C’est rétrospectivement que l’on comprend la nécessité de la traversée.
Ce lien qui ne meurt jamais de Lytta Basset, Albin Michel 2007, p 132.

A un moment,il faut choisir la vie, choisir d’espérer, choisir de croire que, même si la vague de ta tristesse et de l’épreuve demeure rude, elle n’est ou ne peut être la plus forte.

Il faudra continuer à vivre, à aimer, à espérer. Ne serait-ce que pour les plus proches. Les enfants, les plus jeunes, nous entraînent sur ce chemin.

Il nous faut croire en la Résurrection. Jésus l’a évoqué plus d’une fois au milieu de ses apôtres. Ils répétaient ce mot sans savoir ce qu’ils disaient. Marc 9, 9-10. Pourtant, si aujourd’hui il est des disciples, dont peut-être nous sommes, c’est que cette germination n’a cessé de faire pousser ses bourgeons, forçant doucement le printemps de Dieu dans leur vie, comme peut-être dans la nôtre.

La foi en la Résurrection touche des fibres de notre cœur, de notre corps, de notre pensée.
La Résurrection c’est quand Dieu intervient de façon inattendue, inespérée et modifie le cours de notre tristesse, de nos larmes, de notre deuil, de notre façon d’aimer, pour nous convier à reprendre la route, à renaître, sans oubli mais avec reconnaissance et gratitude.

Dieu veille et éveille, doucement. Car il est le Dieu de la Résurrection et de la vie.
Alors oui, choisissons la Vie !

Christine,
sœur de la Communion Béthanie

Pause méditation du 8 novembre 2021

Une méditation sélectionnée par notre sœur Marie-Agnès.

Seigneur que savons-nous de Ton accueil tant que nous ne déchargeons pas sur Toi nos fardeaux ?

Seigneur que savons-nous de ton accueil
tant que nous ne déchargeons pas sur toi nos fardeaux,
tant que nous ne te confions pas nos infirmités,
à toi qui es venu les porter ?

S’il est vrai que tu nous prends tels que nous sommes,
s’il est vrai que tu reçois avec tendresse
tous les paysages de nos vies,
leurs crevasses et leurs sommets,
leurs volcans et leurs déserts,

s’il est vrai que tu nous ouvres les bras
quels que soient nos sentiments d’échec ou de lassitude,
alors, Seigneur, tu nous délivres de nous-mêmes :
là où nous sommes le plus vulnérables,
là s’enracine une force venue de toi
pour recevoir notre prochain tel qu’il est,
lui offrir de l’ombre,
la possibilité de faire halte,
de se remettre des fatigues du voyage…

Seigneur, apprends-nous l’accueil du fond de l’âme,
l’accueil d’autrui en cette profondeur de l’intercession
qui se passe de grandes démonstrations,
l’accueil d’autrui en ce lieu saint de la prière
que tu creuses en nous quand nous invoquons ton Esprit !

Lytta Basset,
pasteure.