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Archive de l’auteur admin

multitude, foule

2e dimanche de l’Avent 2020

Méditation pour le temps de l’Avent par Sœur François-Marie osc, sœur du monastère Sainte-Claire Montbrison.

« Consolez mon peuple »

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. »

Ce Dieu qui déchire les cieux pour venir jusqu’à nous est un Dieu de consolation, nous annonce le prophète Isaïe.
Il ne peut nous rejoindre dans nos obscurités qu’en déchirant nos cœurs de péché. Mais il le fait pour nous consoler.

Ce Dieu qui parle au cœur de Jérusalem, au cœur de chacun d’entre nous, ce Dieu du cœur humain est celui qui, selon l’Apocalypse reprenant les mots du prophète, essuiera toutes larmes de nos yeux.

Si Dieu peut nous consoler c’est que, mystérieusement, du plus profond de sa Gloire, il reçoit en plein cœur la peine des hommes.
L’Ecclésiastique nous dit que les larmes de la veuve coulent sur les joues de Dieu. Bouleversante expression, qui nous révèle la Face de Dieu. Une face de lumière et de gloire sur laquelle, cependant, ruissellent les larmes de son peuple.

C’est cela que nous attendons, dans les ténèbres, mais avec une indestructible espérance.
Dieu vient consoler son peuple. Du haut des cieux, il descend sur notre monde blessé, sur nos cœurs blessés, pour faire ruisseler sa Joie.


Sœur François-Marie osc
du monastère Sainte-Claire Montbrison

chaos, fléau

1er décembre Journée mondiale de lutte contre le sida

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre, notre frère DeoGracias vous propose sa méditation.

Le fléau, un chaos

Jésus envoya ses disciples deux par deux dans toutes les nations et ils parlaient leur langue pour annoncer la bonne nouvelle.
Jésus envoya ses disciples deux par deux chez tous les peuples, sans les différencier, là où le mal, la maladie, sévissaient.

Ephata, ouvre toi

Le fléau de la contamination à VIH, dont trop de personnes souffrent encore, n’est toujours pas éradiqué. Ni en Europe ni de par le monde. Un fléau qui, de sa découverte à aujourd’hui, sème le chaos.

Depuis nous connaissons d’autres chaos ; une épidémie covidienne, ceux que nous sentons venir, à l’image de ces dérèglements climatiques et de leurs conséquences.

De ce fléau de la contamination à VIH est advenu un autre chaos ; politique, sanitaire, financier, relationnel, sexuel, et spirituel cette fois-ci. Il allait advenir de ces chaos réunis un bouleversement tel que nul·le n’aurait pu oser l’imaginer. Pour la première fois les malades du sida, et leurs allié·e·s, allaient devenir des spécialistes, des sachants de leur propre maladie. De ce savoir acquis au prix d’une hécatombe, de mobilisations, les séropositives et séropositifs allaient forcer pouvoirs publics et médecins à presser le pas pour gagner la bataille des traitements.

Le chaos est un enchevêtrement de négativisme face à la maladie, un désordre de réactions, de peurs, un tumulte d’angoisses, la perturbation de l’esprit, l’abandon dans les ténèbres, l’écriture d’un requiem. Et pourtant, l’histoire humaine a maintes fois démontré que d’un chaos aussi puissant naît une issue, une histoire collective qui change la perspective, enraye une épidémie en attendant de l’éradiquer.

Heureusement, grâce aux dons collectés, des hommes et des femmes, médecins, scientifiques font inlassablement progresser la recherche.
Heureusement, les traitements sont plus légers et plus faciles à prendre.
Heureusement, une guérison complète advint.

D’hier à aujourd’hui, les masques et toutes les pratiques de réduction des risques sont de mise.

Ephata, ouvre toi

Au milieu de ce chaos, nous, sœurs et frères, sommes envoyé·e·s en mission. Envoyé·e·s deux par deux, pour porter témoignage, pour vivre pleinement notre mission, notre chemin, notre place si difficile à l’épicentre du chaos, à l’épicentre du fléau ; une place minuscule et discrète, d’où vient néanmoins cette clarté éblouissante.

Contemplons les visages de celles et ceux vers qui nous nous sentons envoyé·e·s. Contemplons la lumière et les couleurs de notre monde, évoquant sa création.
Écoutons le chant de la terre.
Tous symbolisent l’espérance, la confiance en nos vies projetées en Lui et avec Lui, en elles et avec elles.

En ces temps d’épidémie, prenez bien soin de vous et de vos proches.


DeoGracias

cieux déchirés, dieu descend

1er dimanche de l’Avent 2020

Méditation pour le temps de l’Avent par Sœur François-Marie osc, sœur du monastère Sainte-Claire Montbrison.

« Si tu déchirais les cieux »

Ce cri exprime l’attente brûlante de l’humanité, à travers tous les siècles. Il est celui d’Isaïe, il est aussi le nôtre.
L’attente de Dieu. L’attente de Celui qui vient nous sauver. L’attente d’un Dieu qui descend.

Et c’est là l’extraordinaire nouvelle : Dieu n’est pas solitaire dans les hauteurs, il descend.
Il descend parmi nous, dans nos vies, dans nos ténèbres, dans nos enfers.

Mais pour que la lumière puisse traverser les ténèbres, il faut que les cieux soient déchirés.
Il faut que nos cœurs soient déchirés pour laisser passer la lumière de Dieu. Pour la laisser rejoindre le plus profond de notre être.
Il faut que nos cœurs soient ouverts. Comme celui du Christ par la lance.

Nous ne savons ni le jour ni l’heure, mais nous savons que cette lumière descendra dans nos obscurités.
Quand nous aurons suffisamment veillé dans la nuit pour que nos cœurs soient déchirés par le désir, par l’attente, par l’espérance malgré tout.

Quand tu déchireras les cieux, nous serons là.


Sœur François-Marie osc
du monastère Sainte-Claire Montbrison

s'embrasser

Pause méditation du 23 novembre 2020

Une méditation proposée par notre sœur Céline.

« Confinement ou les cinq étapes d’un deuil »

Confinement,
Frustration, ralentissement, interrogation, résilience, oubli
Confinement,
Les cinq étapes d’un deuil.

Ne plus pouvoir, ne plus se voir, ne plus s’embrasser, ne plus se disputer, ne plus se trahir,
Frustration.

Ne plus doubler, perdre des bénéfices, attendre, filtrer la vie en visio, réfléchir au lieu d’agir,
Ralentissement.

Moins consommer, moins gaspiller, trouver des alternatives, vivre différemment, changer,
Interrogation.

Attendre le jour d’après, espérer du nouveau, sourire à l’avenir, être libéré, surtout, être soulagé,
Résilience.

Reproduire le jour d’avant, passer la seconde, dépasser les limites, oublier le chant des oiseaux, oublier tout court,
Oubli.

Pas la peine de dire non
Pas la peine de s’excuser
Juste garder le silence
Juste prier
Juste aimer comme Il nous aime.


Céline

fragilité, vulnérabilité

Pause méditation du 16 novembre 2020

Une méditation proposée par notre sœur Isabelle.

« Transidentité et vulnérabilité en période de pandémie »

Si nous étions dans un certain déni, à moi-même femme transgenre, comme à beaucoup d’autres sans doute, cette pandémie est venue nous rappeler, entre autres, que nous étions tou·te·s vulnérables et mortel·le·s, quel que soit notre âge, sexe, état de santé, pouvoir…, différemment, mais inévitablement.

Nous, personnes transgenres, ne sommes-nous pas tout spécialement appelées a être témoins de cette fragilité, vulnérabilité (dite à tort féminine !), revendiquées, symboliquement exprimées, ou plus ou moins reconnues et accueillies par nous ? Fragilité et vulnérabilité que paradoxalement nous sommes invité·e·s à faire fructifier humblement : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort… » témoigne saint Paul, 2 Co 12:10.

Oui, pour moi, et probablement pour beaucoup de personnes transidentitaires, le féminin évoque plus spécialement la fragilité. Symbolique probablement, renforcée par une culture machiste, dont nous avons du mal à nous libérer. « Faibles femmes !», « C’est une femme si fragile, ne la laisse pas tomber… »
L’homme doit être fort, protecteur, dominateur, tout maîtriser… et n’a pas droit à la vulnérabilité, à la tendresse, au doute… voir à l’erreur et donc à la miséricorde, à la compassion. Certains scientifiques, techniciens, prétendent pouvoir tout contrôler, programmer ; leur vie, celle des autres, le vivant, la nature…, voire Dieu. Toute-puissance divine ! Oui, notre Dieu est tout-puissant, mais à travers la fragilité de son Amour infini et inconditionnel.

Peut-être que pour certains, cette obligation d’être forts, infaillibles, parfaits, insensibles… a été renforcée par une éducation, un environnement, voire une spiritualité mortifère… Toujours est-il qu’elle nous est devenue insupportable et que pour nous autoriser à enfreindre l’interdit, donc à accueillir la fragilité, à exprimer et recevoir tendresse et sensibilité, nous avons dû avoir recours à cette identification féminine, sous diverses formes et à divers degrés.

Ce n’est sans doute pas vrai pour certaines d’entre nous, car il y a beaucoup d’autres raisons, origines, connues ou non, à ce besoin identitaire vital. Toujours est-il que ces dernières années, après plus de 10 ans de vécu féminin, je m’interroge de plus en plus, sur ce qu’au delà du besoin vestimentaire, de papiers d’identité officiels, d’hormonothérapie, d’opération de réassignation pour certaines, plus ou moins satisfaisants, veut me dire cette « Isabelle ». Dit autrement, que veut me faire entendre, prendre conscience, cette réalité ? De plus en plus clairement, surtout dans ce contexte de pandémie, ne serait-ce pas : « Non seulement tu as droit à la fragilité, mais comme tout être humain, femme, homme, handicapé·e, différent·e ou non. Tu es vulnérable et mortelle. »

Comment reconnaître, accueillir, gérer au mieux et faire fructifier cette réalité indéniable ? Peut-être en admettant humblement que nous ne sommes pas tout-puissants (Jupiter, Dieu… !) et autosuffisants. Que nous avons besoin des autres, voire du Tout-autre, du Tout-puissant ! En essayant de devenir un peu plus humain, en reconnaissant nos limites de créature face au Créateur et en œuvrant à un peu plus de solidarité, de compassion, de bienveillance et de miséricorde. En veillant à des relations plus vraies, transparentes, généreuses, enrichissantes… En veillant à renforcer la communion, non seulement en Béthanie, mais aussi celle des croyants, de notre commune humanité, afin qu’à l’issue de cette épreuve, de ce Samedi Saint, où se joue notre Foi, Confiance, Espérance et Charité, la venue du Royaume ici-bas, la Vie et l’Amour sortent vainqueurs.

Isabelle

plante, pousse

Pause méditation du 9 novembre 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

Mon frère, écoute-moi.
C’est vrai, tu te sens bien impuissant.
Tu es fatigué de tout et surtout de toi-même.
Mais, souviens-toi,
quelque part dans le vieux Livre, il est écrit :
« Va avec la force que tu as : n’est-ce pas Dieu qui t’envoie ? » Juges 6,14.

Tu n’as que la force que tu as.
Mais va quand même.
Cette force t’est donnée par Celui
qui met en mouvement le soleil et les autres étoiles.

Elle doit te suffire. Elle te suffira.
Il te faut apprendre à être pauvre et à marcher avec peu.
Il te faut croire avec peu de foi,
espérer avec peu d’espérance et aimer avec peu d’amour.

La plante doit apprendre à pousser là où elle a été semée, et avec ce qu’elle a.
Elle ne choisit pas le terrain mais elle l’utilise.
Certes, c’est vrai, elle ne peut pas changer le monde,
mais la plus humble pâquerette peut fleurir son arpent de terre.

Prépare ta journée de demain
comme si c’était la dernière que tu aies à vivre sous ce soleil.
Alors elle sera peut-être la première d’une vie nouvelle.
Tu as peu de possibilités, certes,
mais elles te suffisent.

Pose ta pierre,
ainsi tu contraindras Dieu à construire la maison.

Sème ta graine,
Dieu devra bien la faire pousser.

Panse le blessé,
il faudra bien que Dieu le guérisse.

Alors, un jour, un jour bientôt peut-être,
la porte entr’ouverte de ta maison
laissera passer tant de silence
qu’il recouvrira les amertumes du jour,
tant de lumière
qu’elle envahira les ombres et les tristesses,
et tant d’amour
qu’il n’y aura plus ni cri, ni clameur, ni souffrance.

Alain Houziaux

chemin, automne

Pause méditation du 2 novembre 2020

Le premier lundi de chaque mois, nous entrons dans la poésie de notre frère Philippe.


20

Ô Toi Source cachée…
mystère d’amour qui fait que nous existons !
C’est de Toi que nous recevons
le Souffle à tout moment…

Toi ma vie, je t’oublie si souvent…
Je cesse alors de t’appeler
et de te remercier…

Très vite alors je m’égare, je m’essouffle…
Je retombe dans la peur
et le découragement…

Mais Tu es là
présent au fond de moi,
près à me relever !

Il suffit que je repense à Toi,
que je te crie mon désarroi…

Alors déjà je reprends souffle
car tu m’apaises…

Tu me consoles et me réjouis,
Tu me délivres
et me relances sur le chemin !


Philippe

monde, univers

Pause méditation du 26 octobre 2020

Une méditation proposée par notre frère Raphaël.

« Aimer le monde »

Comment pouvons-nous ne pas aimer le monde si ce monde est un don que le Père a fait au Fils et qu’il a créé pour Lui, le Lui remettant, et le Lui destinant ? Comment pouvons-nous ne pas aimer le monde, si Dieu lui-même l’a aimé au point de lui donner son Fils bien-aimé ?
Comment pouvons-nous ne pas aimer le monde, si ce monde est la matière par laquelle nous devons construire le Royaume de Dieu ?

Les anciens auteurs chrétiens disaient : « En Dieu il y a un abîme de paternité », car le Père regarde toujours miséricordieusement notre monde avec toutes ses peines, ses péchés et sa perdition et donne son fils premier-né afin que le monde soit sauvé et renouvelé.
Le regard du père doit devenir notre regard sur le monde et sur ce qui s’y passe, même le mal, « car le Dieu Tout-Puissant (…), puisqu’il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s’il n’était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même. » Saint Augustin.

« Nous savons d’autre part que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. » Rm 8,28

Donc, dans le monde, pour un cœur qui aime Dieu, rien ne s’oppose à Lui, si ce n’est le péché, commis et poursuivi consciemment en tant qu’objectif.
Lorsque quelqu’un décide délibérément de faire le mal, il se place contre Dieu et contre le monde. Il n’y a rien dans le monde qui soit un obstacle à notre rapport avec Dieu, si ce n’est le mal volontairement accompli. Et même ce mal – une fois commis – devient pour Dieu l’occasion d’en tirer du bien.
Un chrétien sait que le mal existe, mais il ne se laisse jamais arrêté par lui.

Prier dans le monde de Antonio-Maria Sicardi, o.c.d.
hors-série Vives Flammes, Éditions du Carmel, 2015.

taizé, prière, aimer

Pause méditation du 19 octobre 2020

Une méditation proposée par notre sœur Élisabeth.

« Se dire prêt à aimer beaucoup de gens tout en refusant de les aimer tous, montre qu’on n’a pas compris de quelle nature est cet amour dont Jésus parle.
L’amour proposé par l’Évangile est sûrement exigeant mais se réalise toujours au niveau où chacun se trouve et non pas comme un idéal qu’on généralise. Chaque être humain porte une aspiration à l’amour. Quelles que soient ses capacités, quelle que soit son histoire, au fond de son être se trouve inscrite une conscience de l’amour. Même celui qui est égaré garde en lui une attente, le désir de rencontrer le véritable amour et de pouvoir aimer. »
Extrait d’une méditation de frère François de la Communauté de Taizé.

Père, aide-nous, s’il te plaît, à vivre et à donner cet amour véritable.

Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau,
Mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau.


Élisabeth

amour inconditionnel, coeur

Pause méditation du 12 octobre 2020

Une méditation proposée par notre sœur Céline.

L’insensé de l’amour

On pourra dire ce qu’on veut,
l’amour n’a pas de sens…

Venir à ce monde (non pas naître)
tout en attendre
pour croître (non pas grandir)
pour entrevoir l’Autre (non pas rencontrer).

On pourra dire ce qu’on veut,
l’amour n’a pas de sens…

Embrasser un·e autre, une carrière,
tout en attendre
pour croître (non pas grandir)
pour entrevoir la vie (non pas la comprendre).

On pourra dire ce qu’on veut,
l’amour n’a pas de sens…

Être accueilli·e un jour,
sans étiquette ni case à remplir,
sans passeport ni certificat d’origine,
au delà des limites acceptées
au delà des images froissées.

Juste pour être.

On dira ce qu’on veut,
l’amour n’a de sens que lorsqu’il est inconditionnel.


Céline

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