Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.
Seigneur,
Apprends-moi la douceur,
cette vertu aimable dans les peines
comme dans les joies,
dans l’amitié blessée
comme dans la fidélité heureuse.
Ouvre-moi les yeux,
Ouvre-moi le coeur,
pour que je puisse voir et aimer
tous ceux et celles, que je rencontre,
et qui auraient besoin
de mon amitié, de mon sourire.
Inspire-moi la douce parole
qui ranime, qui relève, qui console
qui encourage, qui fortifie.
Aide-moi à fermer les yeux
devant toute ingratitude,
à donner sans recevoir,
à m’oublier moi-même
pour ne penser qu’au bonheur des autres,
à garder pour moi mes chagrins
et mes soucis pour ne pas en faire un fardeau pour autrui.
Apprends-moi la bienveillance qui voit le bien avant tout,
la patience qui sait attendre et pardonner,
la prévenance attentive qui court au-devant
des désirs et devance les demandes.
Fais que mon influence entraîne
à la vérité, à la bonté et à la beauté,
ceux et celles qui font route avec moi sur le chemin.
Que ma vie, unie à la tienne, témoigne de ton bonheur.
Auteur·e inconnu·e
Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frère Philippe.
17
Parfois, sans en avoir l’air,
un grand calme se fait…
Il arrive on ne sait d’où,
d’un Au-delà de toi
soudain revenu…
Ce n’est pas à toi que tu le dois !
Alors ne va pas trop vite te rassurer
quand la Vie te gâte,
ni te féliciter pour tout cela :
n’oublie pas ta fragilité !
Le courage, la paix, la joie de vivre
échappent à ton emprise…
Alors pour continuer à les recevoir,
n’arrête pas de remercier la Vie,
bien conscient que tu Lui dois tout !
Ainsi disponible, malléable dans ses Mains,
tu laisseras œuvrer en toi
ce mystérieux Amour qui sauve de la détresse…
Philippe
« La question est : que garder de bon, de juste, de vrai de tous ces lieux et mouvements qui ont été si influents dans l’Eglise ces cinquante dernières années ? …
Cela me travaille au plus profond depuis dix-huit ans : que faut-il en garder ? »
Ainsi s’exprime mon ami Christophe Rémond.
« Que faut-il en garder ? »
Cette question ouverte me traverse de part en part.
En cette fête de Pentecôte 2020, je ne veux plus me gargariser de formules pieuses usées jusqu’à la corde, de certitudes du type : telle onction sur cette personne, sur cette communauté ! Je suis certain que l’Esprit-Saint inspire vraiment cette œuvre !
Qui sait où souffle Celui qui, au dire de Jésus, est comme le vent ?
Je ne veux plus me retrouver -par respect pour ma santé mentale et physique- dans des espaces qui sentent la naphtaline !
L’Esprit-Saint me semble être comme une mite puissante.
Il me semble préférer les trous qui laissent entrevoir la splendeur, la fragilité de notre humanité à l’impeccabilité de nos oripeaux ecclésiaux.
Je rejette fermement aujourd’hui, cette idée, qui m’a longtemps formatée : « notre culture contemporaine est une culture de mort… »
Modestement, je crois que Dieu s’exprime à chaque fois qu’une personne se met debout pour vivre dans la liberté de sa conscience humaine.
Sur un projet et des idées, Madame Marie Cau vient d’être élue maire de Tilloy-lez-Marchiennes, petite commune de 550 habitants dans la région des Hauts-de-France.
« Chère Madame la Maire,
Vous êtes la première personne transgenre élue première magistrate d’une commune en France.
Je vous présente mes sincères félicitations.
Loin de moi, l’idée de vous instrumentaliser.
Ceci-dit, comme frère en Communion Béthanie, (fraternité de prière œcuménique au service de toutes, de tous, en particulier au service des personnes transgenres et homosensibles), je vois dans votre élection un appel de l’Homme de Nazareth.
Jésus dont la manière d’être vivant me rend vivant, dont la manière d’être vivant me met debout au service de la famille humaine.
Dans le service de vos concitoyens, ma prière vous accompagne. »
Pentecôte 2020
Marie Cau, tant de femmes et d’hommes portent l’avenir de ce monde.
Là, je contemple l’action à la fois discrète et forte de l’Esprit-Saint.
Je reçois, dans un élan renouvelé, cette citation de Antonia Susan Byatt :
« Nous sommes définis par les lignes que nous décidons de traverser ou d’accepter comme frontières. »
Je reçois, dans un élan renouvelé, ce chant chrétien de mon enfance :
« Allez-vous-en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous-en sur les places y chercher mes amis …
Et soyez mes témoins chaque jour. »
Jean-Michel+, votre frère.
Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.
Rien d’autre que : Me voici.
Un Me voici peuplé de tout ce qui est,
loyal, qui ne fait plus d’histoire, qui vient
au rendez-vous avec ses mondes,
environné des soucis du jour, des visages.
Qui se prend tout entier pour aller mais
qui ne tient rien en laisse. Dépouillé de tout
jugement, dé-préoccupé de soi, de plus
en plus simple, de moins en moins comptable.
Un Me voici ouvert vers devant,
ouvert en dedans, qui ne connaît pas de fin.
Me voici à chaque teinte des jours.
Me voici, je viens.
Me voici là, j’arrive.
Je suis là.
Me voici.
Ne me perds pas.
Touche-moi beaucoup.
Je viens prendre ton air, Dieu inconnu,
et t’ouvrir le mien.
Où nos souffles s’épousent,
je viens apprendre à vivre.
Marie-Laure Choplin
Une méditation proposée par notre sœur Céline.
Tel Saint-Exupéry, Ahmed ou Zoé,
Tous en panne en plein désert,
Par l’ennui et l’incertitude liés,
Attendre les secours ou réparer ?
Régulier comme la pleine lune,
Un jour, des insectes par nuées,
Un autre jour, une peste brune,
Aujourd’hui, une tête couronnée,
Mon ennemi, je ne te crains pas.
Famille, sœur, frère, étranger,
Vous me manquez,
Aujourd’hui,
Demain,
Plus tard,
Attendre les hypothétiques secours ou de moi-même, je répare ?
Aujourd’hui,
Demain,
Plus tard,
Retour à la case départ ?
Avec Dieu, je suis prêt·E.
Céline Witt
Voici cinq années, elle devenait sœur en alliance de notre Communion Béthanie qu’elle aimait tant et dont elle comprenait le sens profond.
Malgré son grand âge, elle avait assisté à deux retraites chez nos sœurs de la Paix Dieu à Mazille.
Quelle joie quand elle pouvait s’échapper de l’ephad de Quincy-sous-Sénart, signe d’enfermement pour elle !
Chantal avait une multitude d’amis.
Tout comme Jésus, elle fréquentait les les laissés-pour-compte, les petits, les sans voix. Prostituées, prisonniers, trisomiques étaient ses proches, sa famille.
Elle disposait d’une qualité rare : l’écoute.
Elle savait écouter avec une oreille attentive, silencieuse, joyeusement étonnée de ceux qu’elle rencontrait et accueillait avec un grand cœur dilaté d’amour.
Quand je lui ai parlé de la Communion Béthanie, elle n’avait de cesse de rencontrer notre prieur et d’aller vers les personnes transgenres dont elle avait entendu parler mais qu’elle ne connaissait pas.
Chantal connaissait, pour l’avoir vécue, la discrimination.
Elle était sœur de Sainte-Clotilde, dans une congrégation vouée à l’enseignement. Elle m’a souvent confié combien elle avait souffert des regards hautains et méprisants de certaines de ses sœurs car elle n’avait pas fait d’études. A l’époque, elle était désignée pour faire les petits travaux.
C’était Chantal, épouse du Christ, épouse de l’humanité, aimante de l’Afrique où elle avait séjourné pendant dix-huit années de sa vie, à Mopti au Mali. L’arrachement à cette terre qu’elle aimait tant lui avait coûté la perte d’un œil.
Elle a vécu en communauté avec notre sœur et amie Anne-Marie, pauvre parmi les pauvres, dans une cité du quart-monde où désespoir, détresse, espérance et joie faisaient concert.
Vous l’avez compris, sa vie de femme, de religieuse, était riche de rencontres, de joies qu’elle accueillait et dont elle rayonnait.
Chantal a rejoint notre Seigneur avec tous ses « pourquoi » qui la laissaient dans un questionnement douloureux.
Elle a dû retrouver sa maman qui est décédée le jour de sa naissance, puis son papa qu’elle n’aura que très peu connu, puisqu’il disparaissait lui aussi à l’âge de ses dix ans ! Cette souffrance l’aura accompagnée toute sa vie.
Chantal c’était aussi mon amie, ma sœur, ma mère, ma confidente, celle à qui je pouvais tout dire sans avoir crainte d’être jugée.
Maintenant Chantal va accompagner le nouveau seuil de déploiement de notre Communion Béthanie.
A DIEU Chantal !
Nous nous retrouverons et nous rirons à la VIE.
Votre sœur Christine.
Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.
Ce que tu ne crois plus
Fais-en une clarté
Un désert qui te sauve
Une brûlante absence
Une voie bondissante
Une arche inversée
Un paradis perdu
Un geste qui réchauffe
Une tempête apaisée.
Abrite ses silences
Escorte ses rumeurs
Retrouve les senteurs
De ce pays sans âge
Dont tu es le berger.
Cela qui n’éclaire plus
Qui ne dit plus pour toi
La source et le secret
Fais-le rire au présent
Donne souffle à ses rêves
Sois le feu qu’il engendre
L’éclat de ses possibles
La foudre des matins.
Aujourd’hui sois le vent
Sois promesse d’azur
Et fiancé du torrent
Et blessure d’amour
Clameur du vivant !
Jean Lavoué
Découvrez le site Enfance des arbres.
Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frère Philippe.
16
Au fond de toi, cachée, obscure,
une épaisseur de doute,
de fermeture, d’inertie et de peur
pas encore reconnue, pas encore traversée…
Impuissance, sable mouvant,
rien pour assurer ton pas :
de quoi guérir peu à peu
de toute prétention, de toute suffisante !
Reste inconsolable,
mesure bien l’étendue de ton mal…
Fais taire le bavardage dérisoire de ton mental :
il bloque ta respiration !
Sonde toujours plus profond ton tourment…
Mais n’oublie pas le courant qui te porte !
Laisse ainsi venir en toi une autre écoute…
Libère les larmes et le cri !
Tends l’oreille sans relâche
pour te rendre présent à l’Au-delà de tout
puisque tu Lui dois la vie…
Réponds au désir de Celui qui t’habite…
Ta soif de L’écouter
soignera ton angoisse, te rendra des forces,
te guidera, sur le Chemin…
Philippe
Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.
Se tenir
dans une extrême présence,
une veille
de chaque instant
pour sortir
du prêt-à-porter
d’un langage
qui dispense
de porter soi-même
le travail de la parole.
Car la parole est
à confectionner
dans la patience
de l’artisan.
Subtil ouvrage
à remettre sans fin
sur le métier
des jours,
dans l’amour
et dans l’humour.
On s’y blesse,
comme à tout labeur essentiel.
On y apprend
l’endurance et l’humilité.
Mais on y reçoit
aussi la vie
en surabondance
et l’offrande immense
qu’elle nous fait des autres.
Françoise Carillo
Une méditation proposée par notre sœur Françoise.
Confinée, notre voix elle aussi, qui n’a pu laisser éclater à la face du monde, en communauté, visage à visage, l’allégresse de la joie !
Joie murmurée dans le souffle de notre prière solitaire, intensément habitée par le Vainqueur, le Vivant.
Je le sais, je le crois… Il a brisé les portes de la mort, de toute mort.
Les miennes et celles de toute humanité.
Il vient, se jouant des portes verrouillées.
Il se tient là, comme un murmure. Le murmure de la Vie…
Un murmure qui se répand comme un feu depuis 2000 ans, qui parcourt le monde, de porte en porte, de ville en ville, de paroles d’amour en perles d’éclats de rires, de cœurs transfigurés en regards illuminés…
N’entendez-vous pas ? C’est le murmure de la Résurrection, murmuré en mon cœur, en nos cœurs, pour que notre joie soit parfaite.
Françoise
La Communion Béthanie a la joie de vous partager la publication de Un chemin d’apaisement de Philippe de Givry, aux Éditions Conseils Mandron.

Philippe de Givry est un auteur connu des lectrices et lecteurs de ce site. Mais connaissez-vous son inspiration ?
Après une année de noviciat à l’abbaye de Tamié en Savoie, Philippe de Givry a enseigné pendant 30 ans le français langue étrangère à l’Alliance française de Paris.
Il tient un journal, chaque soir, depuis plus de 40 ans. Il prend des notes. C’est ainsi qu’est né peu à peu le recueil de poésies Un chemin d’apaisement.
Chaque matin, cette petite voix captée au fond de lui, ces mots tout simples l’apaisement, lui font du bien, libèrent en lui la Vie qui ne finit pas.
Ce cadeau, il se sent tenu de le partager, en particulier avec ceux et celles que le langage religieux habituel n’arrive pas à rejoindre.
Dans un monde troublé, inquiétant même, un langage simple, compréhensible qui éclaire et apaise… Une aide disponible à tout moment, pour laisser revenir la vie et découvrir un chemin. Un compagnon de route pour retrouver un chemin d’apaisement et un mieux-être.

Un chemin d’apaisement
de Philippe de Givry
Éditions Conseils Mandron
Commande possible ici.
Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frère Philippe.
15
Distractions incessantes…
Pourtant ne te décourage pas…
Accepte d’avoir à mendier
à tout moment du secours,
aussi simplement et volontiers
que de boire ou de respirer…
Reste vigilant et garde confiance…
Chaque peur, chaque souffrance,
confie-les à mesure au vivant qui te porte…
Toute cela ne L’impressionne pas,
Il en fait Son affaire,
Il les prend et les emporte loin de toi…
A chaque instant qui se présente,
un nouveau secours est là qui t’attend…
Tu ne peux pas t’en passer !
Alors n’oublie pas qu’Il est là
et reste tourné vers Lui…
La vérité, c’est que ta vie repose
dans d’autres mains que les tiennes…
Ce cœur qui bat sans relâche dans ta poitrine
peut s’arrêter à tout moment…
Et ton corps, dis-moi, qui l’a façonné ?
Accepte d’avoir à couler sans cesse
puisque tu es sans cesse repêché,
et ne te lasse pas de remercier.
Philippe
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