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Archive de l’auteur admin

Blog de Jean-Michel Dunand du 26 janvier 2020

Je suis HEUREUX.

À l’Abbaye Saint-Jacut-de-la-Mer, je viens de vivre un colloque interreligieux et interconvictionnel sur le thème : « Sacrée sexualité ».

Sur cette photo, je suis en compagnie de la vénérable moniale bouddhiste, Elisabeth Drukier, directrice du Centre Kalachakra à Paris et de Madame Nadia El Bouga, sage-femme, sexologue clinicienne, musulmane pratiquante, auteur du livre La sexualité dévoilée, Éditions Grasset.

Je suis heureux d’avoir rencontré et, je l’espère, de m’être laissé rencontrer.

J’entends certains me dire : « Jean-Michel, le dialogue interreligieux…!? Mais tu es bien naïf ? »

Je me souviens ici de feu Carlo-Maria, cardinal Martini.
Dans une très belle méditation sur la parabole des vignerons (Matthieu 21, 33-41), il contemple ce verset : « Ils respecteront mon Fils ».
Carlo-Maria nous invite à contempler la grande, l’immense naïveté du Père !

Dans le train du retour, je lis la Charte du dialogue interconvictionnel.
J’y trouve cette perle :
« Au-delà de nos désaccords théologiques, nous sommes convaincus de l’authenticité de nos démarches de foi et de conviction. Respecter ces désaccords, sans esprit de supériorité, c’est entrer dans une démarche de simplicité et d’humilité ».

Dans ce train…, je vis une joyeuse action de grâce et une profonde paix intérieure.
Alléluia !

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 23 janvier 2020

« Silere non possum ! »
« Je ne peux pas me taire ! »
Saint Augustin

Voilà « une souffrance en forme de millefeuille », voilà une souffrance encore tellement cachée : la souffrance des religieuses, religieux, pasteurs, diacres, prêtres, évêques homosensibles.

J’ose la métaphore du « millefeuille » car cette souffrance se vit à plusieurs niveaux, sur de nombreuses couches, la plus lourde étant sans doute le glaçage du dessus, le glaçage superficiel.

En effet, peu vivent sereinement cette sensibilité, cette orientation affective, cette sexualité.
Depuis plusieurs années, je reçois régulièrement des confidences douloureuses, des confidences angoissées.

Dans l’Église catholique romaine, depuis 2005 et l’Instruction qui demande de ne pas ordonner prêtres des candidats ayant des tendances homosexuelles profondes, il n’y a plus « normalement » de jeunes prêtres, de séminaristes gays !
Force est de constater que cela est faux.
Et je ne parle pas ici de ceux qui ont été ordonnés avant 2005!!

« Souffrance millefeuille » :

  • Solitude affective et donc corporelle,
  • Écartèlement entre une promesse de célibat et la réalité vécue,
  • Angoisses face aux amalgames avec la pédocriminalité, amalgames récurrents au sein des communautés ecclésiales,
  • Peur panique d’être dénoncé, parfois par des sœurs, des frères,
  • Addictions diverses : à la pornographie, à l’alcool, à la nourriture, à un emploi du temps « surbooké », au pouvoir,

Vous me direz peut-être que je dresse un tableau bien sombre.
Malheureusement, ce sont les réalités que j’essaye d’écouter.

À ma connaissance, ici en France, seuls nos ami-es de « Devenir Un En Christ » et de « David et Jonathan » offrent des espaces d’écoute, de parole aux religieuses, aux religieux, aux ministres ordonnés homosensibles.

Dans cette situation précise où elle s’avère mortifère, il me semble urgent de quitter cette loi du silence.

Proposer toutes les solutions n’est pas dans mon domaine de compétence.

J’invite à la prière, car une fois de plus : « Rien n’est plus responsable que de prier » Frère Roger de Taizé.

J’invite les communautés chrétiennes à créer des lieux, des espaces de parole vraiment bienveillant, c’est à dire, qui veille sur le bien de l’autre, qui prend soin de l’autre.

Je nous invite à en parler, car la parole apaise la colère, la parole respectueuse et délicate laisse entrevoir un horizon paisible.

Sinon, je crains fort que ce « millefeuille » provoque une très grave indigestion et se transforme en colère intestine..

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Pause méditation du 20 janvier 2020

Une méditation proposée par notre sœur Loan.

Écouter sans entendre, voir sans voir.
D’après Mathieu 13, 14

Modeste méditation sur nos 5 sens

Entends bien qui veut bien entendre…
Vois bien qui veut bien voir…
Sent bien qui veut bien sentir…
Touche bien qui veut être bien toucher…
Goûte bien qui veut bien goûter…

C’est bien Lui qui nous a fait avec nos 5 sens principaux, nos 5 doigts de la main et nos 5 orteils du pied.
Peut être pour être libre et indépendant.
Il me semble que si nous ressentons toutes et tous différemment, avec nos 5 sens, cela dépend de notre état d’esprit (6ème sens ?).
Celui ci étant lui même influencer par notre histoire personnelle, familiale et autres… avec ses zones d’ombre et de lumière.
Souvent inconsciemment, le libre arbitre qu’il nous a donné nous fait choisir, selon nos peurs ou notre confiance, la mort ou la VIE.
Ainsi cela conditionne les perceptions de nos 5 sens.
Prendre la décision de se laisser guider par son Esprit Saint, à chaque instant, pour un jour à la FOI(s).
Cela aiguise nos 5 sens à percevoir au delà des apparences et de l’intuition nous est donnée.
Aimer rester dans sa douce présence d’amour dans le silence de nos cœurs apaisés par sa divine PAIX.

Votre sœur Loan.

Blog de Jean-Michel Dunand du 16 janvier 2020

J’en ai marre de la tuyauterie…!!!

Depuis plusieurs jours, dans notre petit appartement, nous avons un problème de tuyauterie : plus de chauffage, plus d’eau chaude. La joie parfaite, en plein hiver! 😄

En méditant sur ce désagrément, je pense à l’Église.
Au fil des siècles, nos communautés ecclésiales sont devenues, me semble-t-il, une immense tuyauterie.

La tuyauterie, quelle magnifique invention!
L’eau arrive chez nous par cette subtile structure.
Nous nous rendons compte de son importance lorsqu’elle ne fonctionne plus…!

Jésus, à son époque, n’a pas rejeté la beauté, la pertinence, la lourdeur de la tuyauterie.
Il revient à la Source.
Il jaillit, lui-même, comme une Source d’eau vive, à jamais nouvelle.

Souvent, j’en ai marre de la tuyauterie rouillée de l’Église, qui ne laisse presque plus passer d’eau.
Je me sens alors appelé à chercher la Source, à revenir à la Source.

Lorsque je me vois moi-même, lorsque je vois des personnes (jeunes ou moins jeunes), adorer la tuyauterie et éprouver de la peur face au surgissement, à la fraîcheur de la Source, je me pose cette question :
« Dans quelle impasse allons-nous ? »

Car, voilà le problème, la tuyauterie peut parfois être un obstacle pour s’approcher de la Source et y boire à grands traits.

Renouveler, supprimer même certaines tuyauterie, tels des échafaudages devenus superflus, pour qu’apparaisse le Visage du Christ-Jésus, la splendeur de la Source : un enjeu majeur pour notre temps, me semble-t-il.

Car… : « L’ Amour est une source qui a soif ».
Marie-Noël

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 14 janvier 2020

Hier au soir, j’ai vécu le Sacrement du Pardon.
Comme geste de réconciliation, mon frère prêtre m’a proposé de prier pour l’unité de l’Église.

Je prie pour l’unité de l’Église.
Plus largement, je prie pour l’unité…

Bouddhistes, hindouistes, juifs, chrétiens : orthodoxes, catholiques romains, anglicans, protestants de diverses sensibilités, membres d’autres communautés ecclésiales, musulmans, chercheurs de Dieu, chercheurs de sens, athées…

Où est le lieu de rencontre de toute cette humanité ?
Où le lieu de rencontre de toute la création ?

Pour « rester » dans l’Église catholique romaine, dans « nos Églises » :
Où est le point de rencontre, l’espace de fécondité commune ?

Ce matin, j’ai vécu la Messe dans le rite romain, dit extraordinaire.
Célébration quasi-silencieuse.

Demain matin, je vivrai une célébration avec « des personnes de la rue », à la Halte de Solidarité de mon diocèse de Montpellier.

Et si le lieu de rencontre rayonnait précisément dans le silence et sur le visage des personnes les plus fragiles.

« Viens, Esprit de Vérité
Souffler en nous cet acte divin
de vivre en sœurs, en frères,
dans le respect du différent,
L’ amour plus fort,
l’estime première de tout vivant,
Si semblable, si différent. »
Sœur Isabelle Donegani

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Blog de Jean-Michel Dunand du 13 janvier 2020

Guy Môquet… : « d’une manière connue de Dieu seul… »

L’été dernier, avec Daniel et mon frère en Communion Béthanie Stéphane, nous avons été nous recueillir dans le lieu où Guy Môquet a été fusillé, le 22 octobre 1941, avec vingt six de ses compagnons, du camp de Châteaubriant.

À cette occasion, j’ai relu avec grande attention, la lettre que ce lycéen, militant des Jeunesses Communistes a écrit à sa famille : « à sa petite maman chérie, à son petit frère adoré, à son petit papa aimé ».

« Je vais mourir…
J’aurais voulu vivre…
Ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose ».

Guy Môquet n’était pas chrétien, sans doute pas croyant.
Comment a-t-il pu écrire ces lignes qui me plongent dans le grand mystère du Christ-Jésus, le mystère de Pâques?

Sans aucune « récupération » de ma part, je crois avoir trouvé un élément de réponse dans cette parole du bienheureux moine de Tibhirine, Christian de Chergé :
« Tout humain est un Christ en gestation ».

Sans aucune « récupération » de ma part, je crois avoir encore trouvé un autre élément de réponse dans cette pépite du Concile Vatican II :
« Tout humain, d’une façon que Dieu seul connait, est associé au mystère pascal du Christ ».

Le mystère pascal, c’est le passage de la mort à la vie, c’est l’acte de foi, de confiance qui permet de proclamer, au sein des plus épaisses ténèbres : « L’ Amour est plus fort que la mort ».
Le don triomphe de tous les égoïsmes, de toutes les fermetures.
La tendresse pulvérise la haine, la violence…

Cher Guy Môquet, vous êtes, pour moi, un visage d’Espérance.

D’une manière qui m’échappe totalement, d’une manière connue de Dieu seul, vous êtes associé au mystère qui illumine et oriente ma vie.

D’une manière connue de Dieu seul : Contemplation, silence, humilité dans mon âme,
Contemplation, silence, humilité dans l’Église…

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Pause méditation du 13 janvier 2020

Une méditation proposée par notre sœur Marie-Agnès.

Je veux t’aimer, Seigneur, pour rien.

Je veux surtout que, dans ma vie,
la prière soit le refuge de la liberté
et du gratuit.
Perdre mon temps,
ce temps si précieux, pour toi.

Le donner largement,
en pure perte, sans calcul.

Ma prière est bien distraite,
elle n’est pas une fleur de qualité,
mais c’est la seule pâquerette
que j’ai trouvée sur ma pelouse.

Je ne cherche pas la gloire
d’être un homme de prière ;
seulement la joie de t’aimer,
comme je peux, pauvrement.

J’ai passé des semaines et des
mois arides comme un désert :
pas de fleurs à l’horizon,
pas beaucoup de temps pour prier.

Mais ce désert,
je l’ai traversé parce que je t’aime un peu.
Et cette traversée vaut peut-être
un perce-neige dans mon bouquet.

Il faudra encore beaucoup de patience,
de longues heures devant toi et bien des services humbles,
bien des déserts aussi, pour atteindre la gratuité.

Je te la demande, Seigneur.
Je n’ai rien pour la payer.
Mais comment paierait-on une telle richesse ?

Michel Serin

Blog de Jean-Michel Dunand du 6 janvier 2020

Une femme qui m’inspire beaucoup…

Aujourd’hui, je me permets de vous partager la parole d’une femme qui m’inspire beaucoup, mon amie, la bibliste et théologienne Marie-Laure Durand.

Dans ces quelques lignes, elle médite sur l’Evangile de cette fête de l’Épiphanie. (Matthieu : 2, 1-12)
Ces mots me touchent profondément…

«… La quête spirituelle est ainsi propice à bien des abus car il n’est pas simple de regarder vers le ciel tout en restant vigilant sur ce qui se joue dans les relations humaines.
Cette histoire des mages nous met en garde sur le fait qu’une recherche spirituelle doit se faire, dès le début, dans une confiance et une vigilance.
Il reste des enjeux de pouvoir et d’ego dans chacun des lieux qui parsèment notre chemin vers Dieu. Comme les sages, il est bon d’écouter les signes, les malaises et les sentiments de gêne, perçu par notre corps ou notre conscience, qui nous fait dire que quelque chose ne va pas.
»

Confiance et vigilance : ces deux mots guident mes pas, dans ma vie de tous les jours…, en particulier au sein de l’Église !

Merci, chère Marie-Laure. 😘


Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

Pause méditation du 6 janvier 2020

Les premiers lundis du mois, nous entrons dans la poésie de notre frère Philippe.


-13-

Insondable profondeur de nos âmes,
replis secrets encore inexplorés,
réalité mouvante, chaotique,
éclatée, insaisissable…
vertige… dérive des grands fonds…

…nuit sans boussole,
doute qui repousse sans répit,
questions sans réponse, mal intime diffus, tenace
qui te fait désirer la fin de la pièce…

…cette aventure de la Vie
où tu es entré sans le vouloir
et sans bien voir où Elle mène…

…Obligé d’accepter ta condition de créature
sans cesse défaillante, ingrate, incorrigible,
tu n’as pas d’autre choix que celui d’avancer,
d’aller où la Vie t’emmène…

Ne sois pas comme l’enfant vexé
qui refuse qu’on l’aide à se relever…
Laisse agir dans l’ombre
l’invisible Main de ton Créateur qui te veut du bien…

Ce poids, c’est pour toi qu’Il le soulève !
Cette peur, c’est pour toi qu’Il l’apaise…
C’est Lui, présent, qui t’appelle !
Crie-Lui ta détresse et tu seras délivré…


Philippe

Blog de Jean-Michel Dunand du 1er janvier 2020

Un merveilleux cadeau, au seuil de l’année nouvelle 2020 !

Je ne pensais pas écrire sur Facebook en ce 1er janvier.
Mais…

Hier au soir, sur la place Saint-Pierre, le Pape François, a perdu patience face à une personne qui le saluait.

Ce midi, il s’est excusé :
« Tant de fois, nous perdons patience. Cela m’arrive à moi aussi. Je m’excuse pour le mauvais exemple donné hier. »

Voilà l’Église que j’aime !
Voilà un pasteur que j’aime !

Ses ennemis ne s’y trompent pas.
C’est bien cela qu’ils lui reprochent, me semble-t-il ; être tout simplement humain, parler et agir loin de tout surplomb, loin de toute suffisance.

Merci, cher Pape François.

Au seuil de cette année nouvelle, votre visage rayonne l’humanité, la vulnérabilité, d’un Enfant né à Bethléem… 🤗

Jean-Michel+,
votre frère en Communion Béthanie

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