Méditation pour le temps de l’Avent par Timothée de Rauglaudre.
Qui sont les prophètes d’aujourd’hui ? Le texte du jour, qui ouvre l’Évangile de Marc, inscrit Jean le Baptiste, précurseur de l’Incarnation du Sauveur, dans la lignée prophétique. Dans l’Ancien Testament, le prophète est la figure de la croisée des chemins. L’Esprit qui parle par sa bouche est à la fois un esprit de dénonciation, d’avertissement et de lumière. Il dénonce l’égarement du peuple d’Israël, qui s’est éloigné des voies du Seigneur et a brisé l’unité du corps social voulue par Lui. Il l’a généralement brisée soit par l’idolâtrie, soit par l’enrichissement abusif de quelques-uns au détriment des plus pauvres. Israël se trouve alors face à un choix, annonce le prophète. Ou bien il se convertit, redresse ses comportements et ouvre un chemin de lumière où toutes les nations pourront être accueillies dans la maison de David, signe d’une humanité réconciliée. Ou bien il persiste dans son égarement et alors, Dieu lui prépare de terribles châtiments.
Jean le Baptiste obéit bien à cette image du prophétisme. La mention (approximative) du Livre d’Isaïe est là pour le rappeler : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Mais il occupe une place bien à part dans l’histoire prophétique. Il est, dans la tradition chrétienne, le dernier prophète d’Israël, celui qui s’apprête à baptiser l’Agneau de Dieu, le Fils de Dieu lui-même. Nous ne sommes plus tout à fait dans le temps messianique, mais dans l’accueil du Messie. Aussi n’est-il pas inintéressant d’examiner ce qui caractérise Jean, choisi pour accomplir cette tâche immense.
Le temps du MessieIl vient d’une famille de juifs fervents, est le fils d’un prêtre, du nom de Zacharie, dont nous tenons le très beau cantique que chantent les moines et moniales et toutes celles et ceux qui suivent la liturgie des Heures, chaque matin, à l’office des laudes, et qui commence ainsi : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur. La mère de Jean est Élisabeth, l’autre visage, avec Marie de Nazareth, sa cousine, de la Visitation. Elle est tombée enceinte de Jean, de manière inespérée, malgré son âge avancé. Elle est celle qui est emplie de l’Esprit saint en voyant arriver Marie, enceinte du Sauveur, et qui s’exclame : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Ses deux parents sont des témoins privilégiés de la joie messianique.
Jean, cependant, fait un pas de côté par rapport à l’héritage sacerdotal de sa famille. Ce qu’il prône, pour entrer dans les voies du Seigneur, n’est pas l’observance stricte des rites au Temple de Jérusalem, haut lieu de l’aristocratie sacerdotale, mais le baptême dans les eaux du Jourdain. D’où le nom qu’on lui donne : Jean le Baptiste. Jean opère une forme de transgression, une transgression eschatologique. Le Sauveur arrive, ce n’est plus le temps du Temple, mais celui du Messie. C’est une question qui pourrait se poser dans l’Église contemporaine : la ferveur, la ritualité connaissent une résurgence parmi les jeunes générations, mais nos cœurs sont-ils convertis, sont-ils vraiment prêts à accueillir la venue du Christ ? Les victimes d’abus de toutes sortes n’incarnent-elles pas ensemble une forme de prophétisme nouveau, obligeant l’Église à s’abaisser face à la détresse des plus petits d’entre nous ?
Paix et sobriétéAutre élément qui distingue Jean : c’est un prophète de paix. Certes rebelle, la révolte à laquelle il appelle n’est pas une révolte des armes, comme celle de Judas le Galiléen ou celle des Zélotes contre l’Empire romain, réprimées dans le sang, mais une révolte du cœur. Et son appel attire : il crie dans le désert, mais nombreux sont ceux qui l’entendent. Ce prophétisme de paix évoque celui de Dorothy Day, de Thomas Merton ou, aujourd’hui, du pape François et de tant d’artisans de paix méconnus, qui crient dans un monde militarisé pour que se taisent les armes et brille la vraie lumière. Leur message devrait nous saisir et fructifier en nous, particulièrement dans le contexte que nous avons connu ces dernières semaines, ces derniers mois.
Précurseur, Jean l’est aussi comme prophète de l’ascèse et de la sobriété. Deux siècles avant les Pères du Désert, il quitte le luxe et la corruption des villes pour fuir le monde et vivre en ermite. Il vit de peu : pauvrement vêtu, il se nourrit de sauterelles et de miel sauvages. Sans aller jusqu’à ce niveau de radicalité, de plus en plus de personnes quittent aujourd’hui les villes, sanctuaire de la modernité et de l’accélération, où l’air est empoisonné, pour vivre plus simplement, à la campagne, reprendre des fermes, recréer des solidarités. Ces déserteurs sont un témoignage vivant qui nous dit qu’un autre monde est possible, et que les crises écologiques nous invitent urgemment à le bâtir.
Heureux les fousEnfin, ce qui me frappe dans ce texte, c’est la folie de Jean le Baptiste. Fuir le monde, vivre de peu, annoncer la fin des temps. Pour peu, il me rappellerait ces photos d’hommes et de femmes qui marchent dans les rues en brandissant un panneau qui proclame : La fin est proche. Pourtant, la folie de Jean est signe de son onction prophétique. Là encore, Isaïe nous avait prévenus : Je fais divaguer les devins, je fais reculer les sages et délirer leur savoir. Isaïe lui-même se baladait les pieds nus, en prophétisant la captivité prochaine en Égypte. Saint Paul le confirmera : Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages, 1 Co 1, 27. On parlera bien plus tard de fols-en-Christ pour désigner celles et ceux qui abandonnent leurs biens et le confort de la vie mondaine pour suivre le Christ, dont saint François d’Assise est l’archétype. On peut penser également à toutes ces féministes qui ont été accusées d’hystérie pour les réduire au silence, alors qu’elles ouvraient la voie à un monde de justice, débarrassé des chaînes du patriarcat.
Alors, qui sont les prophètes (et les prophétesses) d’aujourd’hui ? Qu’ils soient prophètes de paix, de sobriété, d’humilité dans l’Église, je suis intimement convaincu d’une chose. Le prophétisme n’est pas une affaire de savants, de technocrates ou d’ecclésiastiques bardés de diplômes. Ce n’est pas une affaire de raison, de froide rationalité. Pour avertir une humanité saisie de pulsions d’autodestruction sur ses égarements, pour prétendre s’opposer à la fuite en avant d’un monde qui se précipite allègrement vers le chaos, pour avoir en son cœur une espérance suffisamment ancrée pour croire que l’histoire peut se renverser et des chemins de lumière, s’ouvrir, il faut être sacrément fou.
Ce chant pour accompagner la méditation : Ce qu’il y a de fou dans le monde, de la Communauté du Chemin neuf.
Timothée de Rauglaudre,
Journaliste et auteur
Méditation pour le temps de l’Avent proposée par Timothée de Rauglaudre
Dans l’Évangile du jour, Jésus invite ses disciples, et par extension nous invite, à veiller. Il insiste : «restez éveillés», «veillez», «veillez donc», «veillez», car nul ne sait quand viendra le maître. L’invitation est d’abord eschatologique : la venue du maître, c’est la parousie, la venue du Christ dans la fin des temps. La mention précédant ce passage, dans l’Évangile de Marc, des persécutions et des guerres qui préfigureront la venue du Fils de l’homme, ne laisse guère place au doute.
Mais le temps eschatologique ne peut être réduit à un temps chronologique qui marquera la fin de l’histoire, laissant les chrétiens à la seule prière dans cette attente. La fin des temps, ce n’est pas que l’achèvement du temps, c’est aussi l’accomplissement des temps. Le Christ est celui qui vient, au présent, qui nous a prévenus qu’il serait avec nous à jamais, dès aujourd’hui. Son royaume se bâtit ici et maintenant, pierre par pierre, un chantier long et discret qui ne sera terminé qu’à la fin des temps. La parousie, en grec, c’est la présence. Le bon pape Jean nous enjoignait à guetter les «signes des temps» à plisser les yeux pour mieux voir les avancées du chantier du royaume, la présence permanente du Christ.
Alors à quoi, à qui faut-il veiller ? La philosophe Simone Weil accorde à la capacité d’attention, une notion proche de celle d’éveil, une valeur supérieure, divine. À travers ses écrits, on trouve des exemples de situations où l’attention se trouve sublimée : la prière, le travail manuel et la défense des pauvres et des opprimés. Cette dernière situation est annoncée explicitement par Jésus dans l’Évangile de Matthieu : au Jugement dernier, seront récompensés ceux qui auront servi les affamés, les prisonniers, les malades, car sans le savoir, ils auront servi le Christ.
Il est intéressant de noter que celles et ceux qui critiquent le «wokisme», en désignant la lutte contre les diverses injustices, le comparent régulièrement aux mouvements protestants de réveil, en soulignant la parenté linguistique. Si la comparaison se veut péjorative, on peut la prendre à contresens. Le restez éveillés de Jésus pourrait se traduire en anglais par «stay woke».
La figure du veilleur est récurrente dans la Bible. La prophétie d’Isaïe demande : «Veilleur, où en est la nuit ?» Les psaumes parlent du veilleur qui guette l’aurore. Dans l’Évangile de Marc, au chapitre suivant, le Christ commençant à entrer dans sa Passion demande à ses disciples de veiller – sans grand succès. L’exégèse chrétienne voit dans le veilleur lui-même une image du Christ. Marcher à la suite de l’Agneau, c’est aussi veiller sur la part de lumière du monde, être lumière face aux ténèbres de l’injustice. Le veilleur réconcilie dans le geste d’attention la prière et l’action au service du royaume.
Timothée de Rauglaudre,
Journaliste et auteur
Une méditation proposée par notre frère Manuel.
Un homme voulait s’approcher de Jésus, et dans la foule qui l’entourait quelqu’un lui demanda :
— Qu’est-ce qui t’amène venir voir Jésus de Nazareth ?
— Oh… Euh… Moi… Je suis séropositif…
— Ah, mais cela existe encore ? s’exclama une autre personne.
— Mais tu l’as choppé comment ? demanda une deuxième.
— T’es sûr de n’avoir contaminé personne ? questionna une troisième.
— Mais tu es sous traitement, non ? T’as besoin de rien, en fait… dit une quatrième.
— Et tu le supportes bien, le traitement ? rétorqua une cinquième, pleine de sollicitude.
— Mais tu savais quoi faire pour ne pas le chopper, non ? Il suffit d’un peu de prévention… marmonna une sixième.
— En plus, cette maladie est une punition de Dieu, t’as pas le droit de venir voir le Maître, jugea une septième.
— Il y a d’autres qui sont bien plus malades que toi, de quoi tu te plains ? s’étonna une huitième.
Il y en a eu encore une neuvième et une dixième quand l’homme se retrouva soudain devant Jésus. Il le supplia, tomba à genoux devant lui et lui dit :
— Si tu le veux, tu peux me rendre pur.
Jésus, pris de compassion pour lui, tendit la main, le toucha et lui dit :
— Je le veux, sois pur. Va en paix.
— Pur ? demanda un des disciples.
— Oui, pur de sa propre culpabilité, pur de sa honte, répondit un autre.
— Oui, pur aussi de l’obligation de se justifier, dit un deuxième.
— Oui, pur de la faute que d’autres veulent rejeter sur lui, expliqua un troisième.
— Oui, pur de la fausse compassion des curieux, rajouta un quatrième.
— Oui, pur de la condamnation au nom de je ne sais pas quel dieu, annonça un cinquième.
— Oui, il peut aller en paix, dit un sixième, car c’est le seul regard de Dieu sur lui qui compte.
Le regard de Dieu sur chacun-e de nous est un regard plein de discrétion et d’amour, un regard qui est invitation constante à avoir nous aussi un regard pudique, discret, bienveillant et solidaire envers nos frères et sœurs en humanité, un regard qui nous redonne notre identité première de créatures faites à l’image et ressemblance de notre Dieu Tri-Unité.
Votre frère Manuel.
Lecture très libre de Mc 1, 40-41, suivie d’une citation paraphrasée d’un auteur anonyme.
Une méditation proposée par notre frère Raphaël.
Le 1er novembre est un jour férié en France ! « C’est la fête des morts » entend-on souvent.
En réalité, le 1er novembre est la fête de la Toussaint dans l’Église catholique, la fête de tous les saints. C’est le lendemain, le 2 novembre, qui est consacré au souvenir des défunts.
Et la veille, le 31 octobre ?
« C’est Halloween » vous diront sans doute les plus jeunes. Mais c’est aussi le jour où les protestants font mémoire de l’acte fondateur de la Réforme, en 1517, quand Luther afficha ses 95 thèses au portail de l’église de Wittenberg. On est ici loin d’Halloween et aussi du culte des saints, dont les abus étaient dénoncés par Luther.
Pas de fête de la Toussaint chez les protestants donc.
Pourtant cette conscience, que nous sommes « tous saints » et saintes !, habitait aussi les réformateurs. Ainsi, Luther redécouvre dans l’Écriture que l’homme n’est pas saint mais reste pécheur. La sainteté, elle, vient de Dieu et c’est Lui qui nous rend saints.
Cette fête de « Tous-saints » pourrait ainsi être un signe, une passerelle entre nos églises. Car tous les chrétiens sont « des saints et saintes en devenir » grâce à Jésus-Christ qui nous appelle à vivre de sa sainteté même. Ceci n’est une aberration ni pour les uns, ni pour les autres. C’est bien plutôt notre commun appel.
Et Dieu sait qu’il y a du travail ! Car si nous sommes saints aux yeux de Dieu, comment notre façon d’être au monde aujourd’hui reflète-t-elle vraiment cette sainteté ?
Loin de moi l’idée d’un discours moralisateur ! Souvenons-nous de ce qu’à découvert Luther : nous restons et resterons pécheurs. Réjouissons-nous plutôt en ces jours, ensemble, de notre commune vocation à la sainteté !
Que cette belle promesse de notre Dieu sous la plume du prophète Ézéchiel (28,25) soit notre espérance : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Lorsque je rassemblerai la maison d’Israël du milieu des peuples où elle est dispersée, je manifesterai en elle ma sainteté aux yeux des nations.
Belle fête à vous tous, Saints et Saintes de Dieu !
Raphaël,
frère de la Communion Béthanie
Une méditation proposée par notre frère Manuel.
L’Esprit est un souffle,
imprévisible, insolite, indomptable,
et fort.
Il est comme l’air qui nous entoure,
impalpable, indispensable, vital,
et doux.
L’Esprit est le souffle de l’air divin
qui entre en nous, qui nous est donné
à chaque instant, à chaque pas.
Il est ce souffle qui susurre à notre cœur
que nous sommes filles et fils du Dieu Très-Haut :
il nous marque du sceau de notre identité.
L’Esprit est un air vivifiant, vitalisant,
dont je deviens le temple sacré,
dont ensemble devenons le temple très sacré.
Ce souffle qui dépose en moi, en nous,
ses empreintes de joie, de paix, de bienveillance ;
amour, bonté, fidélité sont des traces de ce souffle.
Vent doux, vent fort,
souffle qui donne la vie,
air de nos quotidiens.
Chaque jour est Pentecôte,
chaque jour il prie en nous,
chaque jour il nous invite
à Sa Présence insaisissable.
Manuel,
frère de la Communion Béthanie.
Une méditation proposée par notre frère Sylvain.
En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.
Matthieu 28, 16-20
Jésus quitte le monde , et pourtant il n’a jamais été si proche.
Il quitte le monde sans le quitter vraiment, Il quitte le monde en y laissant sa marque indélébile, son sceau baptismal.
Aujourd’hui nous pouvons nous exposer à la lumière de Dieu : Il est avec nous tous les jours.
Aujourd’hui nous pouvons exposer au grand soleil de Dieu les temps qui sont mauvais : Il est avec nous jusqu’à la fin des temps.
Offrons-lui avec confiance œuvres et peines, souffrances et créations,
Comme à un ami.
Sœur Myriam, Continuer l’Évangile, Diaconesses de Reuilly
J’aime bien cette ancienne prière du matin pour les enfants.
Nous sommes, toutes et tous, un peu, souvent, ces enfants dormant à demi …
Dans le silence du matin,
Ô Jésus, descends dans mon âme.
Sois mon compagnon de chemin,
Mon cœur ardemment te réclame.
N’es-tu donc pas le grand ami
Dont le souvenir me réveille ?
Tandis que je dors à demi,
Que mon esprit encore sommeille…
Sylvain,
frère de la Communion Béthanie
Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoigne de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.
Nous avons cheminé dans ce carême, éclairés par des textes qui, s’y l’on y-ajoute les béatitudes, sont une source d’où jaillit la confiance à laquelle le Christ nous appelle.
Et voici l’aboutissement de cette humble et solide confiance : la pierre est roulée, le tombeau est vide, l’étonnement puis la joie et l’émerveillement sont au rendez-vous de la recherche de Marie et Marie-Madeleine puis de Pierre et de Jean.
L’enthousiasme grandit, la bonne nouvelle est partagée, elle ne concerne plus seulement chacun dans son for intérieur, elle s’adresse à l’univers entier.
Nous tous, LGBTQIA+, hétéros, toute la création, sommes appelés à renaître, à vivre par Lui, avec Lui et en Lui.
Olivier
de Reconnaissance.
Message personnel d’Olivier
Au moment de vous dire au revoir, je vous partage ma joie profonde de prier et méditer avec vous qui êtes membres ou sympathisant·Es de la Communauté Béthanie.
Mon fils, par son état de vie différent du mien, m’a « appris la vie », il m’a fait renaître à une confiance plus grande encore dans l’Amour et dans mon Créateur. Je lui en suis reconnaissant.
Photo : mosaïque de sœur Samuelle, ermite et amie de notre Communion Béthanie.
Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoigne de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.
La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu
L. En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : D. « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » L. Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : D. « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » L. Il leur dit : ✠ « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » L. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : ✠ « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » L. Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : D. « Serait-ce moi, Seigneur ? » L. Prenant la parole, il dit : ✠ « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » L. Judas, celui qui le livrait, prit la parole : D. « Rabbi, serait-ce moi ? » L. Jésus lui répond : ✠ « C’est toi-même qui l’as dit ! »
Que pourraient nous dire les oliviers sous lesquels Jésus prie intensément alors qu’avec ses disciples, nous dormons ?
Oui, que nous dit le murmure des feuilles des arbres de Gethsémani quand avec le Christ nous souffrons ?
Ils veillent et abritent un mystère infini : le Christ s’abandonne à un incroyable projet d’Amour : tout donner, jusqu’à sa vie, pour inscrire dans la vie de chaque personne une force d’amour inconditionnel ; Jésus quitte ceux qu’il aime pour nous rejoindre tous et nous donner la vie en abondance.
Dans ce récit de Matthieu il y a pourtant vraiment peu de signes d’espérance : violence, lâcheté, mensonge, humiliation, sacrifice du bouc émissaire. A vue humaine cette fin de vie de Jésus sur terre est folie ; pourquoi mourir ainsi alors qu’Il a plusieurs fois manifesté son pouvoir sur la mort ?
Cette fois c’est définitif, hors du temps, éternel ; jamais plus la mort ne sera regardée comme avant. L’espérance va pouvoir pour toujours, s’enraciner dans l’étincelle divine déposée en chacun de nous ; cet Amour tellement plus grand que nous et qui connaît la souffrance cherche à nous éclairer et à nous transformer tout au long de notre vie.
Olivier
de Reconnaissance.
Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoigne de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.
En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t‑il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
Quelle intensité dans ce récit ! Devant la mort et la séparation, Jésus est ému et pleure son ami avec ses amies. Lui-même est déjà en danger de mort dans cette province de Judée.
Dans la confiance, Il s’abandonne à Dieu : Père je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Son affirmation est claire : Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra.
Marthe part à la rencontre de Jésus pour lui demander ce qui compte le plus pour elle à ce moment de sa vie ; Jésus appelle Marie ; c’est dans l’unité d’un amour fraternel qu’il manifeste Son pouvoir sur la mort. Sa passion n’est pas loin.
Non décidément, Dieu n’est pas étranger à notre existence.
Par tous les moyens Il veut s’annoncer dans notre vie.
Sa puissance d’amour se manifeste au milieu de nous.
Rien ne lui est impossible.
Olivier
de Reconnaissance.
Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoigne de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.
En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : Va te laver à la piscine de Siloé – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.
Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? Les uns disaient : C’est lui. Les autres disaient : Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. Mais lui disait : C’est bien moi. Et on lui demandait : Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? Il répondit : L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : Va à Siloé et lave-toi. J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. Ils lui dirent : Et lui, où est-il ? Il répondit : Je ne sais pas.
On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. Parmi les pharisiens, certains disaient : Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. D’autres disaient : Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? Il dit : C’est un prophète. Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? Les parents répondirent : Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : Il est assez grand, interrogez-le !
Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. Il répondit : Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. Ils lui dirent alors : Comment a-t‑il fait pour t’ouvrir les yeux ? Il leur répondit : Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? Ils se mirent à l’injurier : C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. L’homme leur répondit : Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. Ils répliquèrent : Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? Et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : Crois-tu au Fils de l’homme ? Il répondit : Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? Jésus lui dit : Tu le vois, et c’est lui qui te parle. Il dit : Je crois, Seigneur ! Et il se prosterna devant lui.
Jésus dit alors : Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : Serions-nous aveugles, nous aussi ? Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : Nous voyons !, votre péché demeure.
Nous avançons dans le carême et si nous cherchons à nous rapprocher de Dieu, Jean nous présente aujourd’hui, plusieurs interlocuteurs pour nous aider à le rencontrer : des pharisiens qui ne savent
pas d’où Il est mais ont pourtant des clés à nous transmettre pour le connaître, un aveugle de
naissance qui sort de sa passivité car Jésus le regarde autrement.
Nous découvrons ici que Jésus voit sans doute en chacun de nous un potentiel croyant, c’est à dire un
être confiant dans l’Amour de Dieu, et un témoin. Les hommes regardent les apparences mais le
Seigneur regarde le cœur. 1er livre de Samuel 16, 1b. 6-7.10-13a
Jésus est ressuscité, toujours présent autour de nous et il se manifeste souvent par la médiation de
sœurs et de frères qui ne soupçonnent pas qu’ils sont témoins ou messagers.
Se rapprocher de Dieu, serait-ce aussi se laisser étonner par les rencontres que nous faisons ?
Olivier
de Reconnaissance.
Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoigne de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.
En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire. – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. Elle lui dit : Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ?
Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. La femme lui dit : Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser.
Jésus lui dit : Va, appelle ton mari, et reviens. La femme répliqua : Je n’ai pas de mari. Jésus reprit : Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es un prophète !… Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. Jésus lui dit : Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. La femme lui dit : Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle. À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : Que cherches-tu ? ou bien : Pourquoi parles-tu avec elle ? La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.
Entre-temps, les disciples l’appelaient : Rabbi, viens manger. Mais il répondit : Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. Les disciples se disaient entre eux : Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? Jésus leur dit : Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : Encore quatre mois et ce sera la moisson ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : L’un sème, l’autre moissonne. Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié.
Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait. Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde.
Peut-être nous arrive-t-il de nous sentir délaissés, isolés et peu considérés ?
Peut-être nous sentons-nous jugés, dévalorisés ?
Souvent aussi nous manquons d’estime envers nous-même.
Simple voyageur fatigué, Jésus arrive très simplement dans la vie de la Samaritaine et ouvre un dialogue ; elle s’étonne, son esprit est curieux et instruit… elle questionne, elle écoute Jésus et reçoit sa parole ; alors restaurée dans sa dignité elle témoigne.
Recherchons la simplicité de rencontres fraternelles et vraies, ouvrons notre cœur et notre intelligence à Jésus dans une prière simple inscrite au cœur de notre vie ; Jésus sait ce qu’est la vie humaine dans tout ce qu’elle compte de malheurs comme de bonheurs, il a éprouvé tout cela et nous appelle parfois : Donne-moi à boire.
Olivier
de Reconnaissance.
Tout au long de ce Carême 2023 et jusqu’à Pâques, retrouvez les méditations proposées par notre frère Olivier de Reconnaissance, association qui réunit des chrétiens engagés dans l’Église catholique, parents de personnes homosexuelles, qui témoigne de l’accueil de l’homosexualité au sein des « églises domestiques » que sont nos familles.
En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : Relevez-vous et soyez sans crainte ! Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.
Quitte ton pays, ta zone de confort, comme Abram.
Pour aller à l’écart sur la montagne, comme Jésus avec Pierre, Jacques et Jean.
Ne reste pas seul et sois sans crainte, la lumière du Christ peut te rejoindre.
Cette rencontre avec le Christ est hors du temps, elle peut nous concerner tous, elle me concerne
personnellement car Il m’aime individuellement, singulièrement.
Et si j’ai le bonheur de relire dans ma vie d’humbles moments de conversion, au cœur de mes joies
ou de mes souffrances, est-ce que j’ose en témoigner, les relire avec d’autres, sans crainte, pour
laisser passer la lumière à mon tour ?
Olivier
de Reconnaissance.